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Impact économique de la pandémie

Vers une quatrième vague mondiale, en attendant les effets du vaccin ? Le Covid-19 avance toujours, les bourses aussi. L’euro monte par rapport au dollar, le Brexit pèse et la Présidence Biden est « dans les marchés »

Alors que les campagnes de vaccination ont débuté aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, l'impact de la pandémie de Covid-19 est toujours visible sur les marchés financiers et sur le cours des principales devises.

Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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1 – 1 000 morts par million d’habitants, 1 mort sur 1 000 : c’est le chiffre atteint par l’Italie (1113), le Pérou (1 112) et l’Espagne (1018). Les États-Unis ne sont pas loin (964), ce qui les met, compte-tenu de leur population, au premier rang du monde par le nombre de cas de contamination, avec près de 17,8 millions de cas (et 320 000 décès). C’est dire que la pandémie continue son avance, avec 75,8 millions de cas.

Monde : vers la quatrième vague de cas de COVID-19 (18 décembre 2020) ?

2 – Pourtant les bourses regardent ailleurs. La proximité des effets des vaccins contre le COVID-19 et la poursuite des politiques monétaires accommodantes leur font voir l’avenir au mieux. Les vaccins soutiennent encore plus le Nasdaq, Maderna renforçant les valeurs high-tech désormais « classiques », comme le vieil Apple ! Place aux tech destinées à la santé désormais, qui ravivent l’intérêt porté aux valeurs de santé, autrefois jugées comme sûres, sans emballements spéculatifs. Le Nasdaq, changé, continue son avance, avec le Dow Jones. A côté, la poursuite de l’activité en Chine, soutenue par la demande interne qui se réveille (ce qui stimule les exportations allemandes vers la Chine, donc le DAX) et par les exportations chinoises vers les États-Unis, fait toujours avancer le Nikkei. L’indice japonais avance, porté par la bonne santé de la région et toujours par les achats d’actions de la Banque Centrale Japonaise. Le CAC 40 demeure à la peine, avec une reprise modeste, même si elle est tributaire de crédits et d’aides publiques, et la Bourse de Londres s’inquiète d’un Brexit problématique ou d’un deal modeste !

3 – Le point important pour le futur est le grand écart des taux réels, qui combine des évolutions en sens opposés. D’abord, il y a les taux négatifs de l’Allemagne et de la France, liés à l’action de la BCE, avec des taux d’inflation faibles, liés à la faible activité et à la baisse de la TVA  en Allemagne pour alimenter la reprise : les taux longs réels sont négatifs. Aux États-Unis, même si l’inflation remonte et si le déficit budgétaire se creuse, le soutien de la Fed ne se dément pas : les taux longs réels sont négatifs. En Italie, même si la BCE fait son possible pour faire baisser les taux longs publics nominaux, la récession, liée en bonne part au virus, fait baisser les prix : les taux réels remontent. Enfin, surprise, le fort ralentissement de l’inflation en Chine fait monter les taux réels. C’est un bonus pour les détenteurs de titres anciens, les dernières émissions se faisant à taux négatifs. En fait, partout, le COVID-19 pèse sur les prix, donc les marges.

4 – Le dollar continue sa baisse pilotée. En effet, même si la BCE augmente son soutien à l’économie avec des taux bas plus longtemps, elle constate moins de croissance et d’inflation chez elle, tandis que la Fed en annonce plus, de croissance et d’inflation. La Fed annonce ainsi le 16 décembre une reprise de 3% en moyenne entre 2021 et 2023, avec une inflation allant vers 2% en 2023, en même temps qu’elle annonce prévoir maintenir ses taux courts à 0,1%. La rémunération réelle à terme de la liquidité américaine est de -1,9% (au moins), contre -1,3% (au plus) dans la zone euro pour les marchés : ils ont compris le message. Et ceci d’autant plus que le rapport du Trésor américain sur les pays « manipulateurs de devises » par rapport au dollar, ceux qui freinent l’appréciation de la leur donc la dépréciation relative du doler n’est toujours pas sorti ; Il était attendu en avril, il faudra attendre l’inauguration de Joe Biden. Il faudra voir alors si la Chine « redevient » manipulateur (qualificatif qu’elle avait perdu du temps que le Président Trump négociait avec elle), et que deviennent l’Allemagne, l’Irlande et l’Italie (autrement dit l’euro), la Corée du Sud, la Malaisie, Singapour et le Vietnam (autrement dit des pays dans l’orbite du yuan) et la Suisse, qui navigue au mieux entre dollar et euro. Mais le message a été envoyé.

5 – L’or réduit son avance, mais les prix des produits agricoles montent de plus en plus, sous l’effet de la reprise chinoise et des baisses de rendement liées au réchauffement climatique. En même temps, avec la reprise, le pétrole réduit un peu ses pertes. Tout se passera donc du côté des taux longs et très longs, au-delà de quinze ans, avec l’inflation anticipée. Les marchés en pressentent une lente remontée, du fait des prix alimentaires et énergétiques, mais les grandes banques centrales maintiendront au plus bas leurs taux courts et achèteront les bons de leurs trésors.

6 - Dans le cas français, la question se pose du troisième confinement et de ses effets sur l’emploi.

La croissance au quatrième trimestre sera négative, même si la consommation semble se reprendre dans les biens et très récemment dans les services. Le transport et l’information-communication reviennent presque à leur niveau moyen, les services immobiliers se reprennent, mais de secteur de l’hébergement-restauration reste profondément touché. La question demeure sur l’emploi, autrement dit sur les anticipations des entrepreneurs. Ils restent inquiets de la fragilité des TPE et PME quand il leur faudra rembourser les prêts, même garantis par l’état : les marges seront durablement sous pression.

France : la troisième vague de cas de COVID-19 en question (18 décembre)

7- Le Brexit est la question majeure du moment, sachant qu’il a eu lieu dans les esprits, tandis que la Présidence Biden s’annonce compliquée, devant commencer à consolider la reprise aux États-Unis, ce qui est dans les marchés !

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