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Un parachute doré pour le directeur de Paris-Habitat évincé pour mauvaise gestion : la maire du 5e arrondissement monte au front contre Anne Hidalgo
©wikipédia

Branle-bas de combat

Un parachute doré pour le directeur de Paris-Habitat évincé pour mauvaise gestion : la maire du 5e arrondissement monte au front contre Anne Hidalgo

Après l’éviction du directeur général de Paris-Habitat, Florence Berthout propose un certain nombre de mesures pour remettre de l’ordre dans la maison. Comme la transparence en matière de rémunérations. Ou la fin des parachutes dorés. Ou encore la création d’un comité d’éthique. Anne Hidalgo semble souscrire à ses propositions. C’est dire, qu’en principe, sous peine de se piéger elle-même, la maire de Paris devrait, à la mi- juin, les faire adopter par le Conseil de Paris…

Gilles Gaetner

Gilles Gaetner

Journaliste à l’Express pendant 25 ans, après être passé par Les Echos et Le Point, Gilles Gaetner est un spécialiste des affaires politico-financières. Il a consacré un ouvrage remarqué au président de la République, Les 100 jours de Macron (Fauves –Editions). Il est également l’auteur d’une quinzaine de livres parmi lesquels L’Argent facile, dictionnaire de la corruption en France (Stock), Le roman d’un séducteur, les secrets de Roland Dumas (Jean-Claude Lattès), La République des imposteurs (L’Archipel), Pilleurs d’Afrique (Editions du Cerf).

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On savait la nouvelle maire du Vème arrondissement de Paris plutôt pugnace. Elle vient d’en apporter la preuve. Visiblement abasourdie par les divers articles de presse, dont ceux d’Atlantico et de Marianne- sur les dérives possibles à Paris-Habitat sous la gestion de Stéphane Dambrine, Florence Berthout, soutenue par les élus du groupe Les Républicains,  a décidé de monter au front. Ce sera pour les séances du Conseil de Paris qui se dérouleront les 13,14 et 15 juin prochains. D’emblée, l’édile du Vème, abordera la question du parachute doré de Stéphane Dambrine, initialement fixé à 500 000 euros. Mais à la suite de diverses révélations , notamment du Parisien sur son salaire – 14 000 euros mensuels- ainsi que celui de cadres dirigeants tournant autour de 9000 euros, ce parachute a été du plus mauvais effet. Du coup, à la suite de divers papiers faisant état d’une gestion apparemment chaotique de Paris-Habitat, et sentant que cette histoire de parachute, surtout en ces temps de basse conjoncture, était très mal acceptée par les salariés de l’Office HLM de la Ville, son président Roger Madec a rétropédalé. En substance : pas de parachute pour Dambrine, mais "un chèque de départ  qui sera inférieur à la moitié de ce qui était prévu." Soit une fourchette comprise entre 200 et 250 000 euros. Ce qui n’est pas mal non plus pour un directeur général qui n’a pas spécialement fait des étincelles. D’ailleurs, Anne Hidalgo l’a implicitement reconnu en parlant de "stupeur" lorsqu’elle a appris la situation de Paris- Habitat. Aussi pour mettre un terme aux privilèges financiers de la direction générale de l’Office, Florence Berthout émet-elle le vœu, selon la formule consacrée, que le Conseil de Paris  mette fin "de façon irrévocable aux clauses contractuelles qui figureraient dans les conditions de recrutement de ses dirigeants à toute prime de départ qui s’apparenterait à un parachute doré." Et Florence Berthout de marteler qu’une telle mesure devrait s’appliquer non seulement   à tous les dirigeants des bailleurs sociaux mais aussi à ceux des sociétés d'économie mixte de la Ville de Paris.

>>> A lire aussi : Mais pourquoi Anne Hidalgo a-t-elle mis autant de temps à évincer le directeur général de Paris-Habitat ?

En cette mi-juin, la maire du Ve arrondissement, décidément têtue, reviendra à la charge sur un point qui lui tient à cœur : la transparence sur les rémunérations et avantages en nature des collaborateurs des bailleurs sociaux. En prime, elle souhaite que chaque bailleur fasse connaitre  la grille des rémunérations par catégorie d’emploi.  A la fin mars 2016,  l’exécutif municipal  n’avait pas exaucé ce vœu. Mais deux mois et demi plus tard, le contexte a changé pour  les raisons que l’on sait. D’ailleurs, la maire de Paris, Anne Hidalgo, à la suite de la découverte de dysfonctionnements au sein de Paris-Habitat, a fait savoir "qu’elle faisait  de la sobriété et de l’exemplarité  de gestion des sociétés et établissements dépendant de la Ville de Paris  une priorité de son mandat"Chiche, lance donc explicitement Florence Berthout à Anne Hidalgo. Laquelle se trouve quasiment obligée de souscrire à sa proposition. Toujours appuyée par les élus du groupe Les Républicains, Florence Berthout souhaite que soit mis en place un comité d’éthique inter bailleurs chargé de veiller au niveau et à la structure des différentes rémunérations de l’ensemble des cadres dirigeants des bailleurs sociaux parisiens. Il va sans dire que la maire du Vème souhaite que ce comité d’éthique soit composé de personnalités extérieures et indépendantes. Et que chaque année, soit publié un rapport d’activité. Toutes ses propositions de bon sens, qui visent à instiller un peu de transparence dans cette forteresse Mairie de Paris – elle l’est depuis longtemps – risquent de ne guère plaire à la majorité du conseil de Paris. Pourra-t-elle pour autant prendre le risque de les évacuer ? Ce serait une erreur. Surtout si d’aventure, le Parquet de Paris diligente une enquête préliminaire pour y voir un peu plus clair dans la gestion de Stéphane Dambrine. D’autant qu’un autre front risque de s’ouvrir dans un autre domaine, très douloureux, celui du harcèlement moral dont auraient été victimes certains salariés de Paris-Habitat. Enfin, Florence Berthout demande à la Ville de Paris de se constituer partie civile pour préserver ses intérêts. 

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