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Trois bonnes raisons d'adopter le contrat de travail unique
©Reuters

Les entrepreneurs parlent aux Français

Trois bonnes raisons d'adopter le contrat de travail unique

Alors que le Premier ministre a qualifié de potentiellement "intéressante" la mise en place d'un contrat de travail unique, proposé notamment par le nouveau Nobel d’Économie Jean Tirole, la piste d'un assouplissement du marché du travail a déjà été évoquée en plusieurs occasions par Emmanuel Macron qui prépare actuellement son projet de loi sur l'activité.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Chaque semaine, ou presque, le libéralisme sort timidement la tête de son trou. Chaque semaine, il tente une fière percée, dans la mêlée du dogmatisme de l’aile gauche. Celle qui pense qu’une politique de gauche doit être imposée même si elle est vouée à l’échec, car il est plus important, pour gagner des élections, de promettre que de tenir.

Cette timide mais persistante percée libérale n’est pas le fait de la droite, mais de l’ami de la réussite libérale à gauche, Emmanuel Macron. Au rythme où il s’essaie à cet exercice, il est clair qu’il va lui falloir un abri qui ne portera plus le nom de PS. Cet écho aux sorties Vallsiennes est donc particulièrement bien huilé. La Valls de Vienne libérale à 2 mains en quelque sorte… Chaque semaine, il tente depuis sa bande de Gaza à lui de tirer une roquette sur un front situé à gauche, roquette souvent interceptée par la bien-pensance Lilloise, le plat pays de la pensée, par un dôme anti-bombe répondant au joli prénom de "Martine et les Frondeurs" ! Si seulement les roquettes de l’été dernier à Gaza pouvait avoir la même légitimité et être composées de terroristes comme Macron, alors nous pourrions, pour une fois, les approuver !

Au menu, le chômage et ses modalités. Et le contrat de travail. On rêve ! Pour nous, qui avons milité sans relâche auprès d’une droite atteinte de surdité sur le sujet, la réforme viendra peut-être d’un gouvernement aveugle !! Un miracle, vite passez-moi le Vatican, nous assistons à un phénomène extraordinaire, au sens propre du terme.

La question est bien sûr de savoir si le rêve se transformera en réalité. Et surtout, quel sera le contenu de cette nouvelle réalité. Car il y a fort à parier que l’arrivée de ce contrat unique ouvrira l’appétit des syndicats, qui trouveront là une occasion de passer quelques mesures ineptes mais leur permettant de crier victoire auprès de leurs derniers soutiens les plus radicaux. Car ces syndicats-là, si ils ne portent pas la barbe, présentent tous les stigmates du "djihadiste du contrat de travail" à la française.

Pourquoi le contrat unique est-il si indispensable ? Parce qu’il est unique dans le monde d’avoir des contrats de travail aussi différents. Est-ce parce que Noël approche et qu’il faut faire un cadeau au Medef, qui aime surement les cheminées bien remplies d’1 million d’emplois ? Parce la voie unique permet de ne pas se tromper de sens ? A ces questions stupides, 3 réponses intelligentes. En tous cas, nous l’espérons :

Réponse 1 : Tous les jeunes, qui se voient proposer stages, boulot au rabais et CDD divers, aimeraient ne plus être considérés comme des sous-citoyens. Et bénéficier du même contrat que leur papa ou leur maman. Et ainsi pouvoir se présenter devant la banque ou le propriétaire du logement de leur rêve sans se faire discriminer du fait d’un manque de longueur de leur appendice juridique. Le CDD est une plaie, qui créé des citoyens de seconde zone, dotés d’une sous-catégorie de contrat. Cela doit cesser. Armé du même contrat que tout le monde, il pourra ainsi plus facilement consommer, se lancer, être respecté et faire en sorte que l’on ne le juge plus sur la longueur mais sur la compétence acquise. Ce qui en France serait une avancée colossale.

Réponse 2 : Tous les entrepreneurs, ceux des PME françaises que nous représentons, le crient, le hurlent, à tous ces technocrates et politiques, qui se réfugient derrière des rapports d’experts, pointant, avec moultes courbes, analyses brillantes et langages incompréhensibles, à quel point le doute subsiste sur l’effet que ce contrat aurait sur l’emploi. Et que selon un principe stupide, mais bien acquis dans notre pays, celui de précaution, mieux vaut ne rien faire que de tenter ce qui risquerait de marcher.

La vérité, c’est que si l’on donne à nous, entrepreneurs, un contrat unique, permettant de débaucher facilement en cas de difficulté, alors, oui, nous nous y engageons, nous embaucherons plus et plus vite. Sans hésitation.

Pour ceux d’entre nous qui sont en croissance, nous embaucherons encore plus, en anticipant notre croissance, sans crainte de l’échec.

Pour ceux dont la situation et la visibilité est courte, c’est-à-dire l’essentiel des PME françaises, qui ont une visibilité, dans ce brouillard économique, limitée à quelques semaines, alors le fait de prendre des salariés, afin d’assumer les quelques contrats qu’ils signent, ne sera plus regardé comme un risque. Et dès lors ils se lanceront, plutôt que d’user jusqu’à la corde leurs salariés actuels afin qu’ils assument toujours plus, sans pouvoir se reposer sur des recrutements tous frais.

Pour ces milliers de commerçants et artisans, notamment du bâtiment, qui refusent d’embaucher, car ils fonctionnent au "projet", au "contrat", ils pourront enfin recruter plutôt que de refuser des projets qui leur imposeraient d’embaucher une personne dont ils n’auront plus besoin quelques mois plus tard. Et ce flot permanent, entre ceux qui débaucheront à la fin de leur contrat (si ils n’en signent pas d’autres entre temps) et ceux qui en signeront et auront besoin de salariés, permettra une fluidité, qui profitera bien entendu en premier lieu aux plus démunis et aux plus jeunes.

Réponse 3 : Parce que pour une fois, il faut oser. Pour une fois, il faut tenter. Pour une fois, il faut avoir l’ambition d’essayer ce qui n’a jamais été essayé. De réaliser que la complexité en toute chose est l’ennemie du progrès, de la réussite, de l’agilité et du succès. On n’a jamais vu une économie, comme n’importe quel acte humain d’ailleurs, se couronner de succès du fait d’un surcroît de difficulté. A moins que nos gouvernants nous pensent sadomasochistes et souhaitent rester nos meilleurs bourreaux, la simplicité ne peut qu’accoucher du progrès. Pour tous. Et pas seulement, comme tentent de le faire croire avec une mauvaise foi qui confine à la bêtise ultime, pour faire un cadeau aux "patrons". Non ! Le cadeau de noël sera pour les entreprises et leurs salariés et surtout pour les chômeurs. Qui cesseront d’être vus comme un risque et enfin vus comme une opportunité, un investissement.

Quand le quart de notre jeunesse et un nombre honteux de séniors sombrent dans le chômage, massivement, chaque jour, ne pouvons-nous pas tenter une autre voie et enfin nous donner cette chance de voir si cela marche ? Est-ce si douloureux de tenter et de faire le bilan ensuite ? Si le pari n’est pas tenu, il sera toujours temps de revenir en arrière. Mais je peux vous le jurer, mais pas cracher (de très mauvais goût de cracher sur son PC un dimanche soir), libérez-nous de la rigidité, qui sied aux cadavres, mais pas à une économie vivante, libérez-nous de la complexité et vous aurez l’emploi. Vous verrez que libérés de leurs chaînes, les "entrepreneurs esclavagistes" amèneront la croissance qui manque à notre petit déjeuner quotidien. A nous, Français. Libérez les libéraux, vous libérerez la croissance.

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