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Travail pour tous ? 280 000 postes d'emploi salariés créés en un an : voilà concrètement pour qui
©Miranda Mylne / Flickr

Reprise

Travail pour tous ? 280 000 postes d'emploi salariés créés en un an : voilà concrètement pour qui

Sur un an selon une étude de l'INSEE, les postes salariés sont en augmentation de 280 000 emplois. Une hausse qui se traduit principalement dans le secteur des services avec un gain de 71 600 emplois sur un an.

Yannick L’Horty

Yannick L’Horty

Yannick L’Horty est Professeur à l’Université Paris-Est, directeur de la fédération de recherche « Travail, Emploi et Politiques Publiques » du CNRS.

Il est spécialiste du marché du travail et de l’évaluation des politiques publiques dans le domaine de l’insertion et de l’emploi.

Dernier ouvrage paru : Les nouvelles politiques de l’emploi, Collection Repères, la découverte.

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Atlantico : Sur ces 280 000 postes salariés supplémentaires dont l'INSEE fait mention, quels sont les secteurs porteurs ? Et quels sont ceux qui ne parviennent pas à enrayer la crise (comme le secteur de l'industrie par exemple) ? Comment cela s'explique-t-il ?

Yannick L’Horty : L’industrie continue de perdre des emplois mais à un rythme très atténué. On dénombre 5200 emplois perdus dans l’industrie au premier trimestre, c’est moins qu’en 2016 ou qu’en 2015 à la même période. Mais surtout, cette évolution est largement compensée par la progression de l’emploi dans les services, avec un gain net de 71 600 emplois et aussi par une embellie dans la construction,  avec 9 300 emplois en plus. Ce retournement de la construction est un signal important. Selon l’Insee, les secteurs qui créés le plus d’emploi sont les services aux entreprises, l’hébergement-restauration et les services aux personnes. Les secteurs qui affichent une baisse nette de leurs effectifs employés sont l’énergie, l’eau et les déchets, les biens d’équipement et les autres secteurs industriels. Ce sont les secteurs où l’ont fait le plus de gains de productivité et où il faut une forte croissance pour générer des emplois.  

Pour ceux qui retrouvent un emploi, quelles sont les conditions (salaires etc.. du retour à la vie active ? Sont-ils amenés à accepter un travail sous payé ?

Là aussi les choses s’améliorent. Selon les chiffres publiés par l’ACOSS, on assiste à un mouvement de reprise de la masse salariale et du salaire par tête, ce qui est très positif. Il s’agit là d’un indicateur avancé de la persistance de la reprise. Si la croissance améliore à l’emploi et les salaires, elle exerce des effets positifs sur la demande qui vont alimenter en retour la croissance. De même, on assiste à un recul de l’interim, ce qui est autre indicateur d’une moindre précarité. C’est la qualité de l’emploi qui commence à s’améliorer et cela est très positif. Les scénarios optimistes de reprise ne sont plus les moins probables.       

Au regard de ces chiffres, la logique de la réforme de la loi travail qui s'annonce est-elle adaptée ?

Puisque l’annonce de la reprise est confirmée sur le marché du travail, il faut tout mettre en œuvre pour en tirer le meilleur parti. Il n’y a pas de meilleur moment conjoncturel pour renforcer la flexibilité du travail. Dans le même temps, pour que la reprise soit durable, il ne faut pas fragiliser la situation des ménages par une précarité excessive de leur situation d’emploi retrouvée. Ici comme ailleurs, il ne faut rien de trop mais rien de trop peu. Tout l’enjeu des discussions en cours entre le gouvernement et les partenaires sociaux est de trouver ce juste milieu entre flexibilité et sécurité. Les dernières données conjoncturelles indiquent que ce milieu vient de se déplacer vers un peu plus de flexibilité.   

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