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Trafic de titres de séjours : un ancien ministre de Pierre Bérégovoy mis en cause
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Moralité

Trafic de titres de séjours : un ancien ministre de Pierre Bérégovoy mis en cause

Christophe Rocancourt, surnommé « l’escroc des stars », Christian Prouteau, l’ancien chef de la cellule élyséenne, un avocat connu et un ex- ministre socialiste font l’objet d’une enquête pour trafic d’influence et blanchiment

Gilles Gaetner

Gilles Gaetner

Journaliste à l’Express pendant 25 ans, après être passé par Les Echos et Le Point, Gilles Gaetner est un spécialiste des affaires politico-financières. Il a consacré un ouvrage remarqué au président de la République, Les 100 jours de Macron (Fauves –Editions). Il est également l’auteur d’une quinzaine de livres parmi lesquels L’Argent facile, dictionnaire de la corruption en France (Stock), Le roman d’un séducteur, les secrets de Roland Dumas (Jean-Claude Lattès), La République des imposteurs (L’Archipel), Pilleurs d’Afrique (Editions du Cerf).

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Un ancien patron du GIGN, un avocat connu, un escroc célèbre et un ex-ministre socialiste soupçonnés d’avoir participé à une escroquerie : telle est la petite bande qui se serait livré à un trafic de faux papiers.

Il semble qu’au centre de l’entourloupe apparaissennt Christophe Rocancourt, rendu célèbre dans les années 90 pour avoir fait croire qu’il  était l’héritier de Rockfeller, et l’avocat Marcel Ceccaldi, conseil de l’Etat libyen jusqu’à la chute de Kadhafi. Tous deux, qui semblent avoir noué des relations d’affaires, se seraient adressé à Christian Prouteau, l’ancien patron du GIGN, chef de la fameuse cellule élyséenne sous François Mitterrand, pour qu’il démarche les autorités administratives afin d’obtenir faux papiers et titres de séjours. C’est ainsi que Christian Prouteau se serait rendu à la préfecture de police afin d’obtenir les sésames pour deux marocaines afin qu’elles restent en France.

Jusque là rien à dire… Mais quand, au niveau du cabinet du préfet de police, on a découvert  que les époux des deux femmes étaient placés en détention, la justice s’est mise en branle et une information judiciaire a été ouverte pour trafic d’influence et blanchiment. Elle a été confiée aux juges parisiens Roger Le Loire et Charlotte Bilger… A titre indicatif, le coût de ce genre d’intervention était facturée 500 euros.

Ces derniers jours, l’affaire a pris une nouvelle dimension lorsque les limiers de la Brigade de recherches et d’investigations financières  de la PJ parisienne (BRIF) ont appris qu’un ancien ministre d’Edith Cresson et de Pierre Bérégovoy semble bien avoir été contacté pour rendre quelques petits services. L’ancien ministre aurait ainsi perçu 3 000 euros. Décidément entreprenant, Christophe Roquancourt aurait a abusé de la confiance d’un notaire de Pontoise toujours pour obtenir les précieux documents en lui faisant croire qu’il était l’ami d’un policier… Qui n’était que le fruit de son imagination !

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