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La Grèce, autrefois destination touristique chère, a dû revoir ses prix à la baisse.
La Grèce, autrefois destination touristique chère, a dû revoir ses prix à la baisse.
©Reuters

Vive la crise

Toutes ces raisons pour lesquelles il faudra partir en vacances en Grèce cet été

Laminée par des années de crise économique et de troubles sociaux, la Grèce, autrefois destination touristique chère, a dû revoir ses prix à la baisse.

Laurence  Rousseau

Laurence Rousseau

Laurence Rousseau est la directrice des rédactions des magazines L'Echo touristique et Meet-in, deux publications du groupe média Infopro Digital. Elle intervient également lors de conférences liées aux problématiques tourisme de loisirs et d'affaires / communication événementielle / événements corporate.

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Atlantico : D'après un article paru dans le Figaro, il semblerait que la Grèce pourrait être la bonne affaire de l'été pour les vacances, la crise économique ayant fini par faire baisser les prix des infrastructures touristiques. Est-ce bien le cas ? Dans quelle proportion le coût d'un séjour en Grèce a-t-il été impacté ? 

Laurence  Rousseau : Tout d'abord, rappelons que les bonnes affaires en matière de vacances sur les mois de juillet et août sont quasiment inexistantes. Concernant la Grèce, les réservations d'été au mois de mars étaient en augmentation de + 16% en nombre de personnes et à + 13% en valeur ajoutée par rapport à 2012, selon le dernier baromètre du SNAV et d'Atout France. A cette date, rien n'est donc moins évident qu'une baisse des tarifs sur la destination pour l'été. La Grèce n'a jamais été un pays réputé pour être bon marché, les infrastructures hôtelières de certaines villes ont été rénovées pour les Jeux olympiques et il ne faut pas s'attendre à un destockage des tour-opérateurs qui régulent leurs allotements pour préserver leur marge.  De plus, si Athènes et la Grèce continentale ont été impactées depuis la crise économique, les îles comme la Crète, Rhodes ou encore Corfou ont maintenues leur très bonne fréquentation touristique.

Est-ce une tendance durable, ou s'agit-il d'une simple correction temporaire, vouée à disparaître ?

Ce qui est certain, c'est que la Grèce fera tout pour maintenir sa tradition et son attractivité touristiques. Un élément intéressant est la montée en puissance de l'offre aérienne low cost, avec notamment easyJet et Ryanair. Cette dernière vient notamment d'ouvrir sa première base en Grèce et assure des liaisons sur dix destinations du pays. L'objectif à moyen terme pour la compagnie, qui ne dessert pas encore Athènes, est d'atteindre 10 millions de passagers vers le pays à l'horizon 2016. Si le gouvernement grec se montre prêt à offrir des conditions intéressantes à ces compagnies en matière d'aides et de subventions, ce pronostic pourrait être raisonnablement réalisable.

Dix-sept millions de touristes sont attendus en Grèce cet été. La Grèce peut-elle s'orienter vers une stratégie de tourisme de masse à bas coûts comme dans d'autres destinations méditerranéennes ? Quelles seraient les risques d'une telle stratégie ? 

Aucun problème social n'a touché le pays durant les dernières semaines et si la situation se maintient, la Grèce devrait être une des destinations phares de cet été. N'oublions pas non plus que les clientèles britanniques et allemandes affectionnent également ce pays à fort patrimoine culturel. Si la Grèce est, depuis le Printemps arabe, une alternative au pays du Maghreb, son offre touristique est structurellement différente de celle de la Tunisie par exemple. Le balnéaire, si il est présent, ne constitue pas le gros de l'offre touristique. L'ouverture du ciel grec aux compagnies low cost va certes drainer une clientèle différente, avec un panier moyen plus bas, mais aussi des voyageurs CSP+ partant à la dernière minute, voulant se faire plaisir durant quelques jours en faisant un city-break ou bien s'offrant un très bel hôtel en bord de mer. On hésite plus désormais à voyager sur une low cost puis à descendre dans un 5 étoiles !

Le tourisme pourrait-il être définitivement impacté par l'instabilité politique et sociale de la Grèce ? Pourra-t-elle rapidement effacer la mauvaise image de ces dernières années ? 

Sauf exception, lors de grèves des taxis à Athènes ou des ferries assurant les liaisons inter-îles, les touristes ne ressentent pas les effets de la crise une fois en Grèce. On peut aussi miser sur la solidarité et l'empathie de la clientèle européenne envers ce pays vis-à-vis duquel ils se sentent culturellement proches et offrant des conditions sécures. Les troubles qu'a connu le pays sont plus facilement compréhensibles par les touristes que les menaces à caractères politiques ou religieux. Mais, il est évident que le critère prix demeurera le premier facteur de l'acte d'achat d'un séjour. Ce qui pourrait durablement modifier la situation touristique de la Grèce, c'est la sortie du pays de la zone euro. Là évidemment, cela bouleversera profondément la donne en impactant immédiatement les prix.

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