Thierry Mariani : "Contrairement à la droite forte, la droite populaire n'est pas une construction médiatique" | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
France
Thierry Mariani : "Notre motion n'a pas été une construction médiatique, nous nous adressons aux militants. Nous attendons donc les résultats sereinement."
Thierry Mariani : "Notre motion n'a pas été une construction médiatique, nous nous adressons aux militants. Nous attendons donc les résultats sereinement."
©Reuters

Peuple de France ?

Thierry Mariani : "Contrairement à la droite forte, la droite populaire n'est pas une construction médiatique"

En vue du congrès de l'UMP le 18 novembre prochain, Thierry Mariani a déposé, avec 21 autres parlementaires, une motion "droite populaire". Le collectif, qui entend représenter l'aile droite du parti, est concurrencé par le nouveau courant de Guillaume Peltier, " la droite forte ".

Thierry Mariani

Thierry Mariani

Thierry Mariani a créé, en 2010, avec notamment les parlementaires Christian Vanneste et Lionnel Luca, le collectif de la Droite Populaire.

Il a été ministre chargé des transports dans le dernier gouvernement de Nicolas Sarkozy. 

Voir la bio »

Atlantico : En vue du congrès de l’UMP le 18 novembre prochain, vous avez déposé avec 22 parlementaires une motion intitulée "la Droite populaire". Quelles valeurs défendez-vous et quelles sont vos principales propositions ?

Thierry Mariani : Cela fait deux années que nous travaillons ensemble et que la Droite populaire a été créée afin de défendre une certaine conception de la droite : celle de la fidélité aux engagements pris. C'est surtout sur ce dernier point que j'insisterai à l'Assemblée nationale.

Nous déposons donc naturellement une motion car nous souhaitons continuer cette histoire. Notre message est clair : regardez ce que nous annonçons, nous l'avons déjà défendu à l'Assemblée. Lutte contre l'assistanat, immigration, thème de la sécurité ou de la justice... la Droite populaire a toujours été en pointe ces deux dernières années. Nous voulons poursuivre avec ce bilan. De toutes les motions qui ont été déposées, nous sommes l'une des rares à avoir une existence propre, à ne pas avoir été créée spontanément pour le congrès.

Vous avez longtemps été proche de Guillaume Peltier et votre motion semble être idéologiquement complémentaire avec celle de la droite forte qui arrive largement en tête selon un sondage Ifop pour Atlantico. Pourquoi ne pas avoir proposé une motion commune ?

Les sondages expliquent aux militants que les jeux sont déjà faits : le président de l'UMP est déjà élu, une motion a déjà gagné... L'Histoire politique de ces dernières années nous montre qu'il pouvait y avoir des surprises...

Si certains avaient voulu faire une motion commune avec la nôtre, la porte était ouverte d'autant plus que notre texte de motion date du 18 juillet. Si des personnalités voulaient nous rejoindre, c'est à eux qu'il convient de poser la question.

Nous feront campagne sans complexe sur le slogan suivant :  "Nous, à la Droite populaire, avons déjà fait nos preuves, avec nos propositions sur l'AME, la fraude... Alors, préférez l'original à la contrefaçon !"

Lors des dernières élections législatives, la droite populaire a perdu un grand nombre de députés. Comment expliquez-vous ce désaveu ? 

Nos députés ont souvent été dans des circonscriptions très difficiles à remporter. Nous n'avons pas de députés dans l'ouest parisien ou les banlieues chics. Résultat, la moitié de nos candidats ont perdu. Cela n'a rien à voir avec la droite populaire elle-même.

La droite populaire n' est-elle pas tombée dans le piège de l’auto-caricature ? 

A titre personnel, je pense n'être jamais tombé dans ce piège là. Si la droite populaire atteint la barre des 10%, elle aura cependant besoin de se structurer. Nous sommes très actifs, et ne sommes donc pas à l'abri de quelques dérapages.

Il y a un paradoxe dans cette élection : jamais l'UMP n'a été autant à droite si on en juge par les motions et pourtant, lorsque nous sommes au pouvoir, nous adoptons des politiques de centre droit. Notre originalité consiste à dire que nous voulons des engagements tenus et pas uniquement des propos de campagnes oubliés par la suite. Le contenu du discours de Grenoble était adéquate, mais, sous la pression de quelques députés de centre droit, une mesure telle que la déchéance de la nationalité française a été oubliée. C'est exactement ce dont les électeurs ne veulent plus et c'est pour cela que nous avons créé la droite populaire a été créée.

Les jeunes de la Droite populaire se sont lancés la semaine dernière, le mouvement va-t-il se muer en parti ?

Notre but aujourd'hui est d'exister au sein de l'UMP. Dans un mois et demie, notre objectif sera de peser au sein de l'UMP lors du Congrès avant de créer quelque mouvement que se soit. A nous de nous distinguer de l'autre motion que vous évoquiez et qui reprend un certain nombre de nos positions.

Votre motion obtient un niveau d’intention de vote supérieur chez les CSP+. N’est-ce pas paradoxal alors que vous vous adressez prioritairement aux classes populaires ?

Commenter un sondage, c'est déjà lui accorder une certaine crédibilité. Soit ce dernier est effectué auprès des militants, c'est à dire ceux qui vote, et il est valable ; soit il est mené auprès des sympathisants et ne reflètent pas la réalité. Il faut donc arrêter de faire croire que tout est déjà joué d'avance.

Je me souviens de la campagne de 1999 pour l'élection du président du RPR où on nous expliquait que Jean-Paul Delevoye allait être élu. Or, les militants ont voté autrement. Notre motion n'a pas été une construction médiatique, nous nous adressons aux militants. Nous attendons donc les résultats sereinement.

Vous semblez être plus proche de la ligne de Jean-François Copé que de celle de François Fillon. Soutenez-vous l’actuel secrétaire général de l’UMP ?

La Droite populaire en tant que telle ne prend pas de position. Certains de nos membres soutiennent François Fillon là où d'autres choisissent Jean-François Copé. Chacun est libre de soutenir individuellement qui il souhaite. A titre personnel, je soutiens Jean-François Copé car je crois que ce qui agace les sympathisants de droite, c'est la différence entre les discours et les actes. Lorsque je vois que l'on s'apprête à faire campagne pour l'abolition des 35 heures alors que nous avons été pendant 10 ans au pouvoir... quelle crédibilité pouvons-nous avoir auprès de nos militants? C'est ce que nous voulons changer.


Propos recueillis par Alexandre Devecchio


Déclaration de principe Droite populaire

La Droite Populaire, c’est le peuple de France

A quatre mois du Congrès de l’UMP, les Français comme les adhérents de notre Mouvement nous regardent. Au-delà de la compétition légitime des personnalités, ils attendent que nous relevions le défi de la bataille des idées.

Ces idées, nous les portons depuis maintenant deux années au sein de l’UMP : fiers de notre héritage gaulliste et patriotique, nous n’avons eu de cesse de porter la parole des adhérents, des militants et des sympathisants de notre Mouvement sur les grands enjeux de notre temps.

La Droite Populaire, c’est le peuple, l’engagement pour le peuple, avec le peuple. Face aux élites trop souvent aveuglées par la pensée unique et le politiquement correct, nous souhaitons incarner, lors du Congrès, la voix des Français, des militants qui, plus que jamais, souhaitent refonder la droite sur les valeurs du courage, de l’audace et de la vérité. C’est pourquoi nous voulons élargir la démocratie parlementaire par la démocratie référendaire comme le voulait le général de Gaulle.

Nous croyons en la Nation, seul cercle d’appartenance à la fois à l’échelle de l’homme et à l’échelle du monde, et en l’unité de la République. Nous nous opposons, avec force, au communautarisme qui détruit la France et dissout notre identité. Nous sommes attachés au respect du principe de laïcité.

Nous croyons au travail, au mérite et à l’effort récompensé. Nous croyons en l’excellence économique, en l’innovation et à la liberté d’entreprendre. Nous soutenons la solidarité entre les territoires, entre les villes et le monde rural.

Nous croyons en la dignité de l’homme qui exige la solidarité envers les plus faibles sans céder à l’assistanat qui abaisse.

Nous croyons en l’école de la Nation qui doit transmettre à chaque enfant l’héritage irremplaçable de nos valeurs afin que chacun d’eux s’épanouisse dans le respect de l’autorité en donnant le meilleur de lui-même. Nous croyons en la famille, cellule de base de la société et nous sommes engagés pour la pérennité du modèle familial.

Nous croyons en la sécurité, première des libertés, en l’autorité de l’Etat, en la fermeté de la justice et au respect de nos frontières.

Nous croyons en la nécessaire maîtrise des dépenses publiques et en l’indispensable réduction de la dette. Nous souhaitons transmettre aux générations futures une France au budget équilibré, tout en assurant la pérennité des services publics régaliens. Nous croyons en une fiscalité juste où les classes moyennes ne sont pas pénalisées.

Nous croyons en une France indépendante, puissance d’équilibre aux yeux du monde et en une Europe forte, fondée sur les peuples et les démocraties, une Europe qui refuse le pouvoir des lobbies financiers et des technocrates. Nous voulons défendre une France souveraine, maîtresse de ses décisions, et ouverte à la coopération en Europe et dans le monde.

18 juillet 2012,Le monde a changé, l’Europe a changé, la France a changé : nous lançons cet appel, à quatre mois du Congrès, pour que les adhérents de notre Mouvement s’emparent de la bataille des idées que nous voulons mener, porter et gagner avec eux.

Face à une gauche qui détient aujourd’hui tous les pouvoirs, nous devons refonder la droite de demain pour préparer la reconquête dès les élections locales de 2014.

Face à une gauche qui trompe les Français et affaiblit la France, nous devons reprendre le pouvoir des idées avec la force enracinée de nos adhérents, cœur gagnant de la droite de demain.

***

La Droite Populaire c’est le peuple de France.

Nous voulons aujourd’hui, plus que jamais, incarner au cœur de l’UMP une force qui est fière des valeurs de la droite et fière de représenter la base militante de notre mouvement.

C’est la raison pour laquelle, dans quatre mois, le 18 novembre prochain, nous présenterons notre déclaration de principe, au Congrès de l’UMP : « la motion de la droite populaire ».

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !