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Difficile de se lever le lundi matin.
Difficile de se lever le lundi matin.
©Littlefrench

Grasse mat'

Social Jet-Lag : ce qui explique que l'on ait plus de mal à se lever le lundi matin après deux jours de repos qu'un vendredi après 5 jours de boulot

Il est toujours étonnant de s'apercevoir de l'immense difficulté à se lever un lundi matin, alors que le vendredi ne nous posait aucun problème. En réalité, si bon nombre de facteurs peuvent l'expliquer, la réponse se trouve surtout dans un décalage entre les cycles de sommeil du weekend et de la semaine : notre cerveau aime dormir à heures fixes.

Yves Dauvilliers

Yves Dauvilliers

Yves Dauvilliers est responsable de l’Unité du Sommeil, Département de Neurologie du CHRU de Montpellier. Il fait également partie de l'unité de l'INSERM U1061 et est coordinateur national des centres de référence narcolepsie et Hypersomnie idiopathique

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Atlantico : Selon Shelbu Freedman Harris, expert comportemental du sommeil nous serions plus fatigués le lundi matin que le vendredi. En cause, selon lui, nos horaires de coucher qui dérégleraient notre horloge biologique. N'est-il pas paradoxal que nous sortions de cette période dédiée au repos plus fatigué qu'après 5 jours de travail ? Quelle est la pertinence de son propos ?

Yves Dauvilliers : Les soirs de week-end, nous nous couchons plus tard et donc, nous levons plus tard également. Si l'on pérennise cela, nous nous coucherons tard le samedi et nous lèverons tard le dimanche matin. Ainsi, le soir venu, nous éprouvons des difficultés à nous endormir tôt. Une fois endormi avec des heures de retard, nous nous levons tôt pour aller au travail. Nous sommes fatigués car cette nuit-là nous n'avons pas récupéré nos heures de sommeil. La nuit du dimanche au lundi matin est écourtée, nous sommes privés d'une partie de notre sommeil. Tout le décalage du week-end se répercute sur cette nuit-là. Il y a aussi un aspect environnemental qui explique que nous sommes plus fatigués le lundi matin. Bon nombre de travailleurs se sentent stressés par leur travail ou ne l'apprécient pas. Ce manque de motivation accroît le sentiment de fatigue. 

L'expert va plus loin en expliquant que le fait d'adopter ce rythme le week-end peut avoir les mêmes conséquences sur notre corps qu'un décalage horaire. N'est-ce pas un peu exagéré ?

Comme on se couche plus tard le samedi soir, on vit avec ce décalage horaire jusqu'au lundi matin. On associe ici décalage horaire et privation de sommeil. Cependant, contrairement à un décalage horaire, nous n'avons pas la possibilité de rattraper les heures de sommeil perdues, dès le lundi un nouveau rythme, différent du week-end, s'impose. C'est un phénomène encore plus marqué chez l'adolescent et le jeune adulte (16-22 ans) qui se couchent et se réveillent très tard.

Les heures à laquelle nous nous couchons le weekend sont-elles le seul facteur influant sur notre sommeil ? Quels autres paramètres entrent en ligne de compte ?

C'est évident un facteur important mais il en existe d’autres. D'abord la consommation d'alcool, selon celle-ci notre qualité de sommeil sera différente. Cet impact est particulièrement visible chez les jeunes. A cela s'ajoute, la stimulation à laquelle nous avons été exposé, le bruit, la lumière, le stress, les loisirs du week-end, le retour à la routine le lundi... Tout cela peut avoir un impact sur notre sommeil et même décaler notre horloge biologique.

Quels sont vos conseils pour profiter pleinement du weekend sans avoir à en pâtir le lundi ?

L'idéal serait de se lever tôt les matins de week-end, même si on se couche tard. Mieux vaut se priver d'un peu de sommeil pour pouvoir s'endormir à la même heure de la semaine le dimanche soir. En bref, la stratégie à adopter c'est ok pour une soirée mais il faut préserver un lever qui n'excède pas deux heures de différence de l'heure du lever de la semaine. Si par exemple, on se lève à 7h la semaine, il faut se lever au plus tard à 9h le week-end, même si on est sorti la veille

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