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Royal-Sarkozy : en route pour le match retour ?
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Zone franche

Ségolène Royal peut-elle reprendre l’avantage sur ses camarades et décrocher le pompon de la primaire ? Ça ne serait pas que rigolo. Ça serait aussi intéressant.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est écrivain et journaliste. Son dernier roman : La vie, au fond, Intervalles, 2022

 

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Bon sang de bonsoir ! Voilà que je me mets à m’intéresser à Ségolène Royal ! A-t-on idée ?! Notez que ce ne serait pas la première fois, ayant déjà pris fait et cause pour la dame du Poitou en 2007 avant de me laisser aller à la traiter de dingue comme tout le monde une fois Sarkozy à l’Élysée.

Mettez-vous donc à ma place : j’entends voter à la primaire PS avec sérieux et honnêteté ; je ne loupe aucune des interventions des candidats à la candidature pour y dénicher, plutôt que la bévue, le truc intelligent qui ébranlerait mes certitudes social-libérales ; j’évalue soigneusement l’évolution des chances des uns et des autres dans un combat singulier contre le boucher de Neuilly-sur-Seine…

Bref, je m’efforce d’être un citoyen responsable et de suivre les conseils de François de Closets qui suggère aux Français d’oublier leur affiliation partisane atavique et de voter avec leur cerveau ― pour une fois.

Martine Aubry ? Elle est la dernière à s’accrocher à l’inventaire grotesque qui sert de programme au parti et continue de donner l’impression d’être entrée dans la course par inadvertance. François Hollande ? Il est sympa, je reconnais ses efforts en matière de diététique et je me dis qu’il ferait sans doute un bon comédien de stand-up s’il élargissait un peu ses thèmes… Mais, franchement, un sous-préfet de Corrèze rad-soc modèle IIIe République aux manettes à l’heure des méga-mutations planétaires, très peu pour moi.

Bon, je ne reviens pas sur Montebourg, dont j’ai déjà dit tout le bien que je pensais des idées qui décoiffent (relocalisation de la France sur une terre alternative, recrutement des clowns et des jongleurs par concours administratif…). Je ne parle pas non plus de Manuel Valls ― que j’aime bien même si j’apprécierais qu’il fume un pétard de temps en temps pour se décoincer ―, disqualifié d'avance par sa bockelisation par les gardiens du temple…

Et tiens, je mentionne à peine Jean-Michel Baylet, qui est un peu le François Pignon de ces agapes pas drôles.

Un pays d'entrepreneurs, moteur de l'Europe ?

Reste qui ? Mais Ségolène, voyons ! Ségolène dont les interventions les plus récentes surprennent et exigent que l’on tourne sa mauvaise langue sept fois dans sa bouche avant de la renvoyer à ses obsessions gendarmo-participatives (la dernière fois qu'on a posé les yeux sur elle n’a guère provoqué l’enthousiasme).

Samedi à Montreuil, elle a d'ailleurs plutôt assuré. OK, son concept de « contrat avec la Nation » est sans doute plus un gadget de circonstance que LA trouvaille qui fera pencher la balance, mais sa vision de la France comme « un pays d’entrepreneurs aux règles fiscales et sociales stables », « force motrice » ouvrant une « perspective aux États-Unis d’Europe », intrigue le chaland.  Autant que sa France sans cumul des mandats, au parlement renforcé, refusant l’assistanat et les discriminations mais pas la solidarité... Et puis, entre ça et l'ennui sidéral que génère la concurrence depuis la transformation de DSK en icône libertine...

Allez, j'ai encore le temps de changer d'avis plusieurs fois et je n'ai même pas encore étudié l'offre centriste avec toute l'attention qu'elle mérite, mais un bon match retour, si ça se trouve, c'est ce qui peut nous arriver de mieux.

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