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Rokhaya Diallo nous surprendra toujours : elle réclame maintenant des statistiques ethniques !
©PHILIPPE HUGUEN / AFP

Là, elle joue perdant

Rokhaya Diallo nous surprendra toujours : elle réclame maintenant des statistiques ethniques !

Or, celles-ci sont interdites par la loi. Mais quand une loi est mauvaise, on peut la changer...

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Dans un texte confié à Libération, la bouillante militante se penche sur les malheurs de la Seine-Saint-Denis, frappée brutalement par le coronavirus. Quelques statistiques permettront de mieux cerner son propos. Dans le 93, plus de 30 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté. Le taux de chômage y dépasse les 20%, un chiffre record.

Notons aussi qu'il se commet dans ce département plus de 140.000 crimes et délits en tout genre par an : un autre record. Mais oublions vite ce chiffre car il est discriminatoire et porte atteinte à la bonne réputation des quartiers populaires.

S'attaquant à une population pauvre et mal logée, le Covid-19 a donc fait dans le 9-3 plus de ravages qu'ailleurs. C'est ce que constate Rokhaya Diallo. Elle ne nie pas que les inégalités sociales y soient pour quelque chose. Mais elle s'indigne du silence des autorités sur "les inégalités raciales".

Rokhaya Diallo trouve inacceptable "l'absence de données chiffrées sur ces inégalités raciales". En avant donc, pour des statistiques qui diraient tant de Blancs, tant de Noirs, tant d'Arabes, tant de Jaunes, sans oublier les Métis... De cela, nous avons été privés depuis très longtemps ! En effet, dit-elle, "les statistiques ethniques sont l'épouvantail qu'en ont fait des générations de politiques".

Elle complète sa pensée avec une phrase qu'il convient de méditer. "L'exposition massive au risque de contamination des habitants des quartiers populaires de Seine-Saint-Denis, en grande partie issus des minorités, permet de sauver la vie des Parisiens les plus aisées, la vie des riches majoritairement blancs."

Là on se perd un peu. En quoi la contamination des pauvres de la Seine-Saint-Denis sauverait-elle la vie des Parisiens riches ? Une hypothèse raisonnable se propose à nous. Le Covid-19 a effectué une longue halte dans le 93. Là, il s'est empiffré jusqu'à s'en faire péter la panse. Et arrivant à Paris – repus et fatigué – il s'est endormi pour une sieste.

On comprend pourquoi Rokhaya Diallo veut des statistiques raciales. Elles nous ouvriraient les yeux sur le nombre scandaleusement bas des racisés au sein du Gouvernement, à l'Assemblée nationale et à l'Académie française.

A première vue, il y a quand même un revers à cette médaille. Les statistiques ethniques nous informeraient sur le nombre de racisés qui ont fait de la prison leur domicile principal. Mais Rokhaya Diallo aura, comme toujours, réponse à tout. Elle dira que c'est parce qu'ils se sont révoltés contre leur sous-représentation au Gouvernement, à l'Assemblée nationale et à l'Académie française.

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