Reconquérir l’Europe et le sens politique : supprimer la loi et les législateurs ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
Reconquérir l’Europe et le sens politique : supprimer la loi et les législateurs ?
©FREDERICK FLORIN / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

Reconquérir l’Europe et le sens politique : supprimer la loi et les législateurs ?

Que signifie la norme à outrance ? La réponse est simple : L’absence de confiance dans les citoyens, les entreprises, les acteurs du quotidien, de la société civile, qui pourtant passent leur temps à faire, ce que d’autres s’acharnent à confiner et étouffer par la norme et la Loi.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

Voir la bio »

Si le politique avait confiance en nous, il ne serait pas avidement obsédé par le fait de réguler nos vies, nos interactions, nos relations. Leurs formes et le fonds. Si le politique avait confiance en nous, il nous laisserait le bénéfice du doute, une forme de présomption d’innocence. 

Ce qui est particulièrement vrai pour les entrepreneurs et les entreprises. Le politique, souvent sans expérience professionnelle d’aucune sorte, et biberonné à l’antilibéralisme dont l’entreprise serait la manifestation démoniaque, ne pense qu’à un chose, tenir la bête en laisse et circonscrire son terrain de jeu en fonction de la représentation qu’il se fait du marché, c’est à dire une vision théorique et souvent dogmatique.

A l’heure où les peuples expriment en retour, le même niveau de défiance, qui les mettra au chômage, pendant que notre activité à tous, continuera sans eux, ils devraient en tirer une forte leçon d’humilité et réagir rapidement pour notre bien à tous. Si ils souhaitent que nous leur fassions à nouveau confiance, alors qu’ils nous prouvent qu’ils ont confiance en nous. Qu’ils cessent de se croire supérieurs, et seuls aptes à juger du bien et du mal. Une République laïque n’a pas à jouer les Dieux. Elle se doit d’organiser la vie des citoyens, mais pas en dicter le sens ou le contenu, et surtout, elle doit accepter de laisser ces citoyens s’organiser entre eux. A fractionner nos vies et nos classes sociales, en un puzzle digne d’une segmentation marketing, ils ont tué l’unité qui était la nôtre et livrent ainsi aux extrémistes de tous poils, une démocratie en pièces détachées, alors que nous avons tant eu de mal à la construire.

La première mesure serait donc de « décapiter » le législateur, remettre le technocrate à sa place et remettre le citoyen au centre. Mais plus le citoyen, obsédé par sa seule personne, passé du stade l’individu, à celui de l’individualiste, abruti par la passion du selfie, qui transforme la loi en une arme de « normalisation massive » à gérer le nombril de chacun et légiférer au rythme des « news » du journal de 20H. Cesser de faire des lois générales, sur la base de cas particuliers. Accepter le risque individuel, pour lui préférer la réussite collective, qui nécessite prise de risque et ambition.

Il faut donc transformer nos législateurs en machine à éviter la Loi, la Norme, et les transformer en machine à responsabiliser les citoyens, les laisser se prendre en charge, démontrer leur capacité à animer nos nations, et laisser aux Juges et Censeurs, le soin de punir les moins vertueux. Cesser de punir la majorité, pour les actes d’une infime minorité, et de vouloir tout normer à tout prix. Un citoyen qui n’a plus ni liberté, ni reconnaissance, ni perspective d’avenir, devient le plus dangereux ennemi de la démocratie. Telle que nous la concevons. 

La norme, dans de nombreux cas, est l’institutionnalisation d’un mensonge au pire, d’un compromis, la plupart du temps. Dans les 2 cas, c’est une chimère ou un deni de vérité, une insulte aux acteurs qui les mettent en place. Combien de normes définissent ce qui termine dans notre assiette ? Qu’est ce que ces normes ont fait pour la qualité de notre alimentation ? Le compromis entre les intérêts industriels, l’emploi, les préoccupations électorales de certains, les lobbies et tant d’autres choses, aboutissent à nous faire manger du poison, mais normé ! C’est mauvais, on le sait, mais individuellement on définit un seuil acceptable, en oubliant totalement que nous n’ingérons jamais ces aliments seuls, mais bien avec d’autres, cumulant ainsi le poison toléré de chaque élément pour le cumuler de façon explosive, sans que la Loi ne s’en émeuve.

La norme, est souvent le résultat de l’action du plus fort, et de l’intérêt le plus vital, jamais ou rarement dans l’intérêt du consommateur, qui peut ainsi mourir à petit feu, mais dans la norme…

Si nous étions courageux, nous repenserions le rôle du législateur. Une machine à éviter la norme, pour éviter l’effet dévastateur- sauf pour les avocats- du poids des codes sur nos économies, comme autant d’aspirine donnée à un hémophile. Le législateur du 21ème siècle, celui regagnerait la confiance des citoyens, réfléchirait à éviter de codifier et alimenter la « matrice » pour laisser la liberté s’épanouir, les hommes et les entreprises s’organiser entre eux, en laissant peser l’épée de Damoclès, sous forme de contrôle et de jugements pour ceux qui abuseraient de cette liberté.

Ainsi régulés de façon légère, la loi passerait du statut de témoin du passé, déconnecté de l’avenir, à une série de chartes adaptables dans le temps, capables de suivre les contours du futur, sans voir à défaire le code fait la veille et rendre fous, tous ceux qui devaient le suivre la veille et l’oublier le lendemain. Ainsi allégé, le travail du législateur serait à nouveau d’écouter le monde, la société, et de donner aux citoyens, sous sa bannière, l’occasion de participer au monde, de façon active et complète. Quel changement ce serait ? Au lieu d’en vouloir au législateur, le citoyen devrait s’en prendre à lui même et changer et adapter son comportement, si l’ensemble venait à dysfonctionner.  Responsabilisé, il aura à nouveau la sensation d’être la partie d’un tout. Le législateur, loin d’y perdre du pouvoir en gagnerait infiniment, en jouant un rôle majeur sur la vision du futur, en devenant la boussole, en reprenant le temps de bâtir une vision pour remplacer ses lois à courte vue. Ses petits crimes entre amis.

Les entrepreneurs sont prêts à jouer le jeu. Nous l’avons poussé largement avec l’Observatoire de l’Ubérisation, afin de remplacer une Loi inutile et incapable de discernement, en une charte, mobile et adaptable selon les professions dites « ubérisées », afin de leur offrir un socle social indispensable. C’est la voie à suivre. La révolution à initier. Il faudrait un Président courageux pour lancer une telle réforme, de nature à renverser les pouvoirs populistes en place et couper l’herbe sous le pied de ceux qui tentent de le conquérir. La confiance. On a rien inventé de mieux pour fédérer les hommes !

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !