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A gauche, Pato, l'avent-centre de la sélection brésilienne convoité par le PSG. A droite, Neymar, nouveau jeune prodige du Brésil.
A gauche, Pato, l'avent-centre de la sélection brésilienne convoité par le PSG. A droite, Neymar, nouveau jeune prodige du Brésil.
©Reuters

Ô aria raio, Oba Oba Oba !

Les Brésiliens sont-ils encore les meilleurs footballeurs au monde ?

Le PSG rencontre ce mercredi le Milan AC en match amical. L'occasion pour les Parisiens de faire connaissance avec le Brésilien Pato, avent-centre du club milanais et principale cible, avec son compatriote Kaka, du club de la capitale. La technique des Brésiliens séduit donc toujours. A juste titre ?

Philippe Verneaux

Philippe Verneaux

Philippe Verneaux est journaliste sportif et auteur de L'argent dans le sport (2005, Flammarion). Il anime le blog sportmood.fr.

 

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Ah, cette part du rêve dans l’existence, qui fait en ce moment un bien fou et presque oublié aux supporters du PSG et à leurs dirigeants. « Venez, venez à Paris, grands joueurs du monde », crient les richissimes propriétaires du club parisien ! Et si vous êtes Brésilien, ce sera plus beau encore, « Vous, les artistes, Kaka, Pato, entrerez comme chez vous et vos compatriotes déjà présents (Nene, Ceara) dans la ville Lumière, au Louvre, au Parc des Princes… ».

Pelé, Garrincha, Maracana… En disant cela et seulement cela, nul besoin de poursuivre, c’est « futebol », c’est « plaisir » ! Le foot a été inventé en Angleterre mais c’est au Brésil qu’on y joue, qu’on le vit, qu’on en meurt… Vous en voulez encore ? Zico, Socrates, Romario… et plus encore, des Ballons d’or en veux-tu en voilà ? Ronaldo, Rivaldo, Ronaldinho… Du football ? Pas vraiment comme on l’entendait avant ces noms. Les Brésiliens l’ont fait passer d’une technique à un art, comme ça, sans doute sans réellement y penser. Le peintre n’explique pas son génie, il l’exprime…

Une référence en perte de vitesse

Le Brésil, une référence, donc, LA référence même, depuis pratiquement la naissance de la Coupe du monde en 1930. Avec en prime depuis 1958 une efficacité qui empêchait les Auriverde de gagner, comme en 1950 et le désastre de Rio où l’Uruguay avait meurtri tout un peuple. Cinq Coupes du monde (1958, 1962, 1970, 1994 et 2002) en dansant la samba ! Comme sur les plages de Sao Paulo, ou est né Arthur Friedenreich, la première star en Vert et Or, que même le cultissime Pelé n’a pu surpasser dans la folie des buts (1369 contre 1281 !).

Mais le Brésil fait-il autant rêver ? Les deux derniers titres mondiaux ont été autant de victoires à « l’Européenne », conquises plus par le physique que la technique, le génétique « futebol-arte » sud-américain… Les joueurs brésiliens restent des artistes
convoités en Europe comme des diamants mais l’émergence d’une nouvelle catégorie de joyaux vient de de leur faire perdre une bonne dose de leur brillant. L’Espagne est aujourd’hui la reine incontestée de la planète. En plus des passements de jambe et des grands ponts, la Roja intègre un stupéfiant esprit collectif que les « tetracampeao » n’ont peut-être jamais élevé à ce degré, y compris la fabuleuse équipe de 1970. Et que dire du FC Barcelone qui vient d’humilier (4-0) en finale du Mondial des clubs le FC Santos (de Pelé), meilleure équipe du continent américain, tenant pourtant en son sein l’espoir absolu (Neymar) d’un Brésil qui ne pense plus qu’à reconquérir le monde en organisant la prochaine coupe du Monde de 2014. Pour atteindre cet objectif majeur, vital pour une nation par ailleurs en plein essor économique, le nouveau sélectionneur, Mano Menezes, s’acharne à redorer un lustre quelque peu terni. En comptant sur, outre Neymar (futur Barcelonais…), des jeunes pousses dont beaucoup voient des perles en devenir à l’instar de Ganso ou Lucas. Une stratégie de rajeunissement qui n’évite pas… le beau jeu, que son aride prédécesseur Dunga avait eu fâcheusement tendance à mettre… hors jeu.

Paris : paradis pour Brésilien

Quant à Leonardo, l’homme (encore ?) fort du PSG, brésilien de naissance, français puis italien d’adoption et qatari de raison, et donc une sorte de prototype moderne du manager cosmopolite, ne ménage pas depuis six mois son énergie ni les pétrodollars dont disposent ses
employeurs pour faire de Paris une vitrine internationale parfaite. Sa présence témoigne de la mutuelle et historique attirance entre la capitale française et le pays des Cariocas.Valdo, Ricardo, Ronaldinho et… Leonardo, ont enchanté les supporters durant des années, où leur patte inimitable et la magie de leurs arabesques hantent encore l’atmosphère des tribunes Auteuil et Boulogne. Kaka et Pato peuvent-ils leur succéder ? Sur ce plan du spectacle, le PSG aurait évidemment beaucoup à y gagner. Les deux attaquants incarnent et possèdent
naturellement ce si rare et si envié ADN du beau geste le plus souvent combiné à la réussite.

Pour Kaka, en souffrance à Madrid, ce pourrait être synonyme d’un temps de jeu enfin à sa mesure et, partant, d’une relance personnelle justement en vue du Mondial « à la maison ». Pour Pato, un affranchissement du carcan qu’il dit subir de son coach actuel. Mais les dernières rumeurs concernant leur venue font état d’un certain pessimisme malgré les liens étroits unissant le nouvel entraîneur parisien, Carlo Ancelotti, avec ses deux anciens protégés (au Milan AC). Ce mercredi, à Dubaï, où les deux clubs s’affrontent en match amical, les Qataris, maîtres actionnaires du PSG et du lieu, sauront-ils mieux les convaincre ?

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