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Pourquoi il faut mettre fin au système des "élus à vie"
©Reuters

Bonnes feuilles

Pourquoi il faut mettre fin au système des "élus à vie"

Le pacte de la Libération, à l'origine d'extraordinaires avancées sociales, économiques et industrielles, qui exprimait tout son sens dans un pays en reconstruction et à forte croissance est devenu une machine à l'arrêt, un outil du conservatisme, une fabrique à chômeurs. La France est bloquée. La réponse à ce blocage ne peut venir ni des représentants de la bourgeoisie d'État, ni de la bureaucratie syndicale, ni des partis politiques. ("Le nouveau partage" de Claude Posternak, publié aux éditions Fauves, 1/2)

Claude Posternak

Claude Posternak

Claude Posternak, spécialiste reconnu de l'opinion, fondateur du Baromètre Posternak-Ifop, Président de la Matrice, fondateur de limportant.fr. Auteur de "Le nouveau partage" Editions Fauves"La schizophrénie de l'opinion française" Editions Fauves, "Les expériences de la gauche au pouvoir freinent-elles les luttes populaires?" Université Paris VII.

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Pour permettre la transformation du pays, il faut préalablement casser les pratiques qui ont permis à la bourgeoisie d’État de mettre une main sans partage sur l’exercice de la politique dans notre pays. Chaque Français, qu’il soit artisan, entrepreneur, agriculteur, profession libérale, commerçant, chômeur, fonctionnaire ou haut fonctionnaire a le droit de pouvoir servir son pays à la seule condition que son engagement dans la vie publique soit limité dans le temps. Le cycle normal doit être : je suis dans la « vraie vie », je sers mon pays, je retourne à la « vraie vie ». Comment savoir ce que les Français ressentent, comment les représenter lorsqu’on cumule 20, 30, 40 ans de mandat, lorsqu’on est coupé aussi longtemps de la « vraie vie » ? François Fillon a été élu pour la première fois député en 1981 à 27 ans. Manuel Valls, Monsieur « Je ne suis pas un professionnel de la politique »25 , conseiller régional en 1986, à 24 ans. Jean-Luc Mélenchon, « L’insoumis », sénateur en 1986, à 35 ans. 

Comment croire un seul instant qu’après tant d’années à leur propre service, ils vont transformer le pays ? A maintes reprises ils en ont eu la possibilité. Ils ne l’ont jamais fait. Le mot carrière et le mot politique n’ont plus rien à faire ensemble. Non seulement nos élus sont des « professionnels » à vie, mais ils sont majoritairement issus du secteur public. Ils ne connaissent pas le secteur privé, le monde du commerce, de l’industrie, de l’artisanat, de l’agriculture, des startups et n’ont aucune expérience de l’international. Les ouvriers et employés représentent 50,2% de la population active. Ils ne « pèsent » que 2,6 % à l’Assemblée Nationale.

Sur les presque 40 membres de l’exécutif actuel (Président, ministres, secrétaires d’État), seul Bernard Cazeneuve a une expérience réelle de l’entreprise privée. Il faut refonder totalement notre démocratie représentative. Trois mesures simples s’imposent : 1/ Chaque Français, quelque soit sa profession, peut exercer 2 mandats électifs dans sa vie. La vie politique est limitée à 12 ans maximum . 2/ Chaque élu ne peut cumuler plus de 2 mandats électifs simultanés. En plus de ses deux mandats électifs, il ne peut cumuler plus de deux mandats dans une fonction parapublique (présidence de syndicat des eaux, organisme HLM, centre hospitalier, agence d’urbanisme…) 3/ Mettre en place une garantie, comme dans les démocraties scandinaves, pour que tout citoyen du public ou du privé qui souhaite servir son pays puisse retourner à la vie active à la fin de son mandat.

Le nouveau partage c’est permettre à chaque Français, quelque soit son activité professionnelle, de se mettre au service de son pays pendant une période limitée dans le temps. C’est la fin des élus à vie. La politique n’est plus l’apanage de certains, c’est un droit qui appartient à tous.

Extrait de "Le nouveau partage" de Claude Posternak, publié aux éditions Fauves

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