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Deux jours après le premier tour de l'élection présidentielle, l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il voterai pour Emmanuel Macron.
Deux jours après le premier tour de l'élection présidentielle, l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il voterai pour Emmanuel Macron.
©Ludovic MARIN / AFP

Atlantico Business

Nicolas Sarkozy prononce la mort de sa famille gaulliste et propose une coalition majoritaire Macron-compatible pour sauver les meubles de la démocratie

Étonnant, le document de Nicolas Sarkozy. Il votera Macron, ça n’est pas une surprise. Il constate la mort de sa famille, c’est un fait. Mais il dresse aussi le programme du quinquennat qui devrait sceller une coalition majoritaire et ça, c’est nouveau.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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« Les familles Sarkozy, Copé, Chirac, Juppé, De Gaulle etc, ont le regret de vous annoncer la mort de LR, dans la soirée du 10 avril à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle ». Nicolas Sarkozy aurait pu commencer son communiqué d’avenir par un faire-part officiel annonçant la mort du mouvement qu’il a dirigé depuis tant d’années et dont il était un peu l’héritier. Cette disparition est arrivée à l’issue d'une longue agonie. Cela dit, dans l’inventaire, il restera les idées, la doctrine dont on sent bien que l’ancien président s’en inspire pour réfléchir à l’avenir, parce Nicolas Sarkozy ne pense qu’à cela. Restaurer une espérance et un projet.

L’ancien président votera donc pour Emmanuel Macron, ce qui n’est vraiment pas une surprise. Il savait et ne cachait pas que sa famille n’avait pas en son sein, un (ou une) héritière capable de gagner l’Élysée et plus encore sans doute personne pour exercer ce pouvoir. La mécanique des primaires, les difficultés de campagne présidentielle et le résultat catastrophique du 1er tour, prouvent depuis le début que le parti LR a nagé dans la plus grande confusion. Confusion idéologique, confusion d’ego ou d’intérêts etc.   

Nicolas Sarkozy le précise, il va voter pour Emmanuel Macron, parce qu’il considère qu’il est le plus capable de gérer les affaires de la France dans un environnement historiquement compliqué et perturbé à tous les niveaux : géopolitique, économique, technologique etc. Pour Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron a la compétence et l’expérience pour assumer cette tâche.

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Mais ce qui est intéressant, c’est que Nicolas Sarkozy détaille le cahier des charges et finalement, il définit quelle doit être la stratégie pour le prochain quinquennat. Et c’est cette stratégie qui doit fonder la formation d’une grande coalition qui prendrait l’engagement de soutenir l’action du président de la République.

L’intelligence du procédé est d’ouvrir officiellement la porte à un ralliement, non pas à un homme qui est loin de faire l’unanimité, mais à un programme cohérent qui sera porté par le président et qui sera soutenu par une base majoritaire assez large.

Le plan stratégique repose sur quatre objectifs :

  1. Gérer une crise internationale qui est gravissime, sans doute la plus grave depuis la deuxième guerre mondiale ;
  2. Restaurer la prospérité économique parce que c’est la garantie de son indépendance
  3. Assurer la cohésion en confortant la solidarité interne
  4. Confirmer l’engagement européen qui est en risque.

Nicolas Sarkozy précise qu’Emmanuel Macron coche toutes les cases de ce programme, en termes de compétence et d’expertise mais il n’a pas la majorité correspondante. C’est cette majorité que le projet de coalition devrait apporter.

Sur un tel plan de charges, la plupart des députés et des électeurs d’En marche, de la social-démocratie et des républicains peuvent se retrouver au côté du Président actuel.

Il y avait deux solutions pour élargir l’assise politique.

- rallier des personnalités et c’est ce qu’avait fait Emmanuel Macron lors du premier quinquennat et ça n’a pas produit beaucoup d’effet. Nicolas Sarkozy en avait aussi fait l’expérience mais rien de concluant.

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- rallier des électeurs qui se regroupent sur un projet, et former un pacte sans pour autant trahir leur identité.

On parle là d’une coalition un peu comme en Allemagne même si en France, on n’a pas la même culture du compromis que les Allemands, on n’est pas obligé de refuser d’être intelligent, ne serait-ce que pour sortir d’une situation gravissime. Aucune famille politique n’est capable de constituer une majorité solide. Plus grave, le nombre des protestataires et d’abstentionnistes, donc de tous ceux qui se situent hors système, augmentent dangereusement pour la démocratie.

C’est ce danger-là que le modèle proposé par Nicolas Sarkozy veut conjurer. Avec un projet de gouvernement cohérent, responsable, Nicolas Sarkozy espère mobiliser les électeurs des législatives autour de cette coalition, non pas de personnalités mais d’idées ou d’ambitions. Le logiciel est très gaulliste finalement : face à une situation très dangereuse, la France a intérêt à se regrouper. Macron a échoué lors de son premier quinquennat. L’existence de cette coalition devrait permettre de réussir ce regroupement pour les 5 prochaines années. Maintenant, il va falloir aussi que le président lui-même soit convaincu qu’il ne peut pas tout faire tout seul. Cette coalition Macron-compatible, il faudra s’en occuper, c’est à dire l’écouter et lui répondre.

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