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Nette baisse du chômage :  la trajectoire difficile à tenir
©JACQUES DEMARTHON / AFP

Croissance

Nette baisse du chômage : la trajectoire difficile à tenir

L'Insee a dévoilé les nouveaux chiffres du chômage à 8,1%, soit le taux le plus bas depuis 2008. Muriel Pénicaud estime que l'objectif de 7% pour la fin du mandat résidentiel est possible.

Jean-Pierre Chevallier

Jean-Pierre Chevallier

Jean-Pierre Chevallier est économiste, spécialiste de politique monétaire et analyste financier indépendant.

Il anime le blog chevallier.biz.                                                                                                                                                                                                                  

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Atlantico.fr : L'Insee a annoncé un taux de chômage à 8,1%, soit le taux le plus bas depuis 2008, ce qui amène Muriel Pénicaud à y a voir la preuve que l'objectif de 7% pour la fin du mandat résidentiel était possible. Elle considère qu’il s’agit là d’une belle manifestation de la réussite de la politique économique menée par le gouvernement. Qu’en est-il en réalité ? Quels sont les emplois que crée l'économie française ?

Jean-Pierre Chevallier : Les données (statistiques) du chômage en France comme ailleurs sont sujettes à caution. 

Plutôt que de prendre en considération ces seules statistiques peu fiables, il est préférable de se référer à d’autres chiffres pour donner une image plus fidèle du marché réel de l’emploi.

Le nombre d’emplois (créés) de période en période est un meilleur indicateur de la bonne ou de la mauvaise santé du marché de l’emploi, donc du chômage réel car ces emplois sont bien identifiés par les employeurs et ils sont donc bien comptabilisés dans des statistiques fiables.

Aux États-Unis, les chiffres de l’emploi sont publiés le premier vendredi de chaque mois pour le mois précédent. 

En France, l’Insee n’a publié à ce jour (14 février) que les chiffres des emplois pour la fin du… troisième trimestre 2019 !

Ils font apparaître une forte baisse de la… création d’emplois sur les derniers trimestres.

D’après l’Insee, depuis le premier trimestre 2014, soit en presque 6 années, 998 000 emplois seulement ont été créés en France pour atteindre un total de 25,444 millions de personnes, soit une augmentation de 3,92 % en 6 ans, ce qui est fort peu.

Le secteur qui crée le plus d’emplois depuis 2014 est le secteur marchand (945 300 emplois créés pour atteindre un total de 12,196 millions) puis très loin derrière… la fonction publique avec 76 100 emplois créés pour un total de 5,745 millions d’emplois.
L’industrie a perdu 70 000 emplois pour un total de 3,161 millions emplois au troisième trimestre 2019, derniers chiffres publiés.

Les agriculteurs ne sont plus qu’aux alentours de 300 000, chiffre globalement stable sur les 6 dernières années ! 

Ces chiffres publiés par l’Insee sont de meilleurs indicateurs de l’évolution du marché de l’emploi que les seuls chiffres publiés du chômage.

Pour donner une image encore plus fidèle de la réalité de l’évolution de l’économie française, il faut coupler les chiffres de l’emplois avec ceux de la croissance du PIB et là, grosse surprise : toujours d’après les chiffres publiés par l’Insee, le PIB réel de la France a baissé de… 0,33 % au quatrième trimestre 2019 par rapport au trimestre précédent en taux annualisé, ce qui est la référence principale aux États-Unis,

Document 1 :

Un chômage qui baisse, des emplois qui augmentent mais un PIB qui baisse !!!

C’est là la très grande réussite du modèle français que le monde entier nous envie : plus les Français sont nombreux à travailler, moins ils produisent !

Macron pulvérise Chirac. Bravo l’artiste !

Et la tendance est très nettement baissière, et le virus chinois va encore l’accentuer pour le présent et l’avenir proche.

L’avenir est sombre. Soit la politique du gouvernement actuel continue à créer des emplois qui détruisent de la valeur, soit la baisse du PIB va détruire logiquement des emplois…

Les variations du PIB réel d’une année sur l’autre conduisent aux mêmes conclusions : la croissance du PIB est sur une tendance baissière qui tend vers zéro, 

Retrouvez également sur Atlantico l'anaylse de Laurent Chalard sur les nouvaux chiffres du chômage : ICI

La croissance du PIB réel de la France est comme toujours dépendante de celle des États-Unis mais à un niveau inférieur, les bons chiffres du dernier trimestre 2017 étant exceptionnels.

La croissance du PIB réel de la France était supérieure à celle des États-Unis pendant les 30 Glorieuses mais tout a basculé par la suite, 

Document 3:

[Les courbes épaisses de ce graphique sont les courbes de tendance polynomiale d’ordre 5.]

Le "halo du chômage", c'est-à-dire les personnes sans emploi qui ne cherchent pas de travail et ne sont donc pas considérées au chômage, est lui à son plus haut niveau depuis 2003. Comment comprendre ce parallèle ? La baisse du chômage a-t-elle vocation à être partielle ?

Comme je l’ai écrit précédemment, les données (statistiques) du chômage en France comme ailleurs sont sujettes à caution.

Le "halo du chômage" (c'est-à-dire 1,7 millions de personnes sans emploi qui ne cherchent pas de travail et qui ne sont donc pas considérées comme étant au chômage) est à son plus haut niveau depuis 2003. 

Ce concept et l’importance de ce chiffre montrent que les chiffres du chômage publiés par l’Insee ne sont pas fiables et qu’il est préférable de se baser sur d’autres indicateurs pour donner une image fidèle de la réalité de l’évolution du pouvoir d’achat réel des personnes résidant en France.

La réalité, c’est une croissance du PIB réel quasiment à zéro, donc un appauvrissement des Français depuis des années, ce qui ne s’était jamais produit durablement depuis l’après-guerre et cette situation va se poursuivre inéluctablement dans l’avenir envisageable.
Les causes en sont bien connues pour les économistes monétaristes : l’intégration dans la zone euro (c’est-à-dire l’abandon de la monnaie nationale) et le non-respect des règles prudentielles d’endettement par les banksters.

Comme ces problèmes fondamentaux ne sont pas résolus et qu’ils ne le seront pas dans les mois à venir, le pire peut se produire…

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