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Mission impossible ? Edouard Philippe à la conquête de son autonomie politique
©CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Premier ministre ou collaborateur

Mission impossible ? Edouard Philippe à la conquête de son autonomie politique

Entre la présence d'un grand nombre d'anciens PS à l'Assemblée et la prétention d'une présidence jupitérienne affichée par Emmanuel Macron, il ne semble pas rester beaucoup de place pour le Premier Ministre.

Didier Maus

Didier Maus

Didier Maus est Président émérite de l’association française de droit constitutionnel et ancien maire de Samois-sur-Seine (2014-2020).

 

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Atlantico : Qu'est-ce que peut faire Edouard Philippe pour ne pas être qu'un "collaborateur", en référence à l'attaque formulée par Nicolas Sarkozy à l'égard de son Premier ministre, François Fillon?

Didier Maus : Le rôle du Premier ministre est l'un des plus délicats à définir. Au delà des attributions constitutionnelles le plus important est de connaître sa relation personnelle avec le Président de la République. 

Dans la situation d'aujourd'hui la position de M. Philippe est d'abord celle d'une personnalité choisie personnellement par Emmanuel Macron. Les premières déclarations du Premier ministre sont d'ailleurs sans ambiguïté. Sa fonction est avant tout d'être le porte parole du Président au Parlement et face à l'opinion. Il en résulte que sa marge de manœuvre politique, surtout compte tenu de l'importance du groupe LRM, dépend totalement de la décision de M. Macron. Cela ne signifie pas qu'il ne sera qu'un simple collaborateur. Cela signifie simplement qu'il existe une obligation de fidélité et que les décisions politiques fondamentales relèvent du Président. Cette situation n'est pas singulière. Elle est celle de tout Premier ministre s'inscrivant dans la " verticalité du pouvoir" pour reprendre une expression de M. Macron. Il ne peut en être autrement. La légitimité politique est à l'Elysée et non à Matignon..

Edouard Philippe a annoncé qu'il n'excluait pas que de nouveaux Républicains rentrent au gouvernement. Cherche-t-il à consolider l'aile droite juppéiste face à un groupe LREM majoritairement issue du giron socialiste et un centre tenu par François Bayrou ? Quels sont ses armes pour consolider une position forte ? En a-t-il simplement l'ambition ? 

Le Premier ministre "propose" au Président de la République les noms des ministres. Chacun sait qu'il ne s'agit que d'une formule de style. La réalité est que le Président et le Premier ministre se mettent d'accord sur les titulaires des ministères et la répartition des attributions. Il est logique et parfaitement cohérent avec l'histoire majoritaire de la Ve République que les choix les plus stratégiques soient effectués par le Président. Il appartient au Premier ministre de participer à la décision présidentielle, non de s'y substituer.

Quels sont les chantiers, parmi ceux présentés notamment sur BFM TV le 20 juin au matin, sur lesquels il devra certainement s'investir personnellement aux côtés de ses ministres ? Avec quels risques pour lui et les personnalités anciennement LR et aujourd'hui En Marche ! ?

Il faut attendre la déclaration de politique générale du 4 juillet pour pouvoir répondre avec précision. La manière dont le Premier ministre et les ministres présentent et défendent le programme présidentiel devant le Parlement sera centrale au regard d'une part de l'adoption des projet, d'autre part de l'attitude de l'opinion publique. Les positionnements politiques sont susceptibles d'évoluer, mais le début de la législature laisse une marque indélébile.

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