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Sur les 50 dernières années, le surcoût des Jeux s'est établi à 179% en moyenne pour les villes.
Sur les 50 dernières années, le surcoût des Jeux s'est établi à 179% en moyenne pour les villes.
©Reuters

C'est pas du jeu...

Londongeddon...? Ces mille et une raisons qui pourraient transformer les JO en échec retentissant

Après Athènes, Sydney et tant d'autres, Londres sera-t-elle frappée par la "malédiction olympique" ? La capitale britannique s'y dirige à grands pas, avec dérapages budgétaires et risques pour la sécurité des athlètes et des touristes.

1 - La "Malédiction olympique"

Depuis Barcelone, il y a 30 ans – la dernière ville a avoir profité des Jeux olympiques pour se refaire une santé – un mystérieux mal a frappé les villes qui ont accueilli les Jeux : la "Malédiction olympique". A Pékin, en 2008, il aura fallu seulement trois mois pour que l'effet d'aubaine des jeux s'arrête. Dès janvier 2009, racontait le Telegraph, les hôtels étaient vides, les rues calmes et l'industrie déclinait. Même le fameux stade "Nid d'oiseau" n'attirait plus les touristes, et les promoteurs pensaient sérieusement à le transformer en centre commercial, rapportait leDaily Beast.

La faute à la crise financière ? Pas seulement. Avant Pékin, d'autres pays ont connu cette malédiction. La radio publique américaine a listé certains des déboires des villes organisatrices : "Il a fallu à la ville de Montréal trente ans pour rembourser la dette accumulée lors des JO de 1976. A Athènes, le coût des jeux a triplé par rapport au budget initial, plafonnant à 15 milliards de dollars. Nagano a tant dépensé pour les jeux d'hiver de 1998 que les organisateurs ont détruit les rapports financiers. Les jeux de Salt Lake City en 2002 ont été entachés par le plus grand scandale de l'Histoire olympique ".

Dans le cas de Londres, certains signes permettent d'être pessimistes. Alors que le maire de Londres, Ken Livinstone, s'apprêtait en 2005 à signer l'acte de candidature de la ville à l'organisation des jeux 2012 – en fait de candidature, il s'agit d'un véritable contrat – il a hésité, selon Vanity Fair, et regardé le directeur exécutif du Comité international olympique, Gilbert Felli : "Mes avocats m'ont conseillé de ne pas signé ce contrat. Mais je suppose que je n'ai pas le choix, n'est-ce pas ?"

2 - Un comité olympique mégalo

Il a fallu deux ans de requêtes de la part de l'activiste Paul Charman pour que les détails de ce contrat soient rendus publics, en décembre 2010.

Le comité international demande notamment que 400 kilomètres de voies routières soient réservées à l'usage des athlètes et de la "Famille olympique" (c'est à dire " toute personne choisie par le Comité international olympique), que 500 limousines avec chauffeur en uniformes soient mises à disposition du comité, ainsi que 1800 chambres d'hôtels quatre et cinq étoiles. Au total, Londres doit payer la note 40000 chambres d'hôtels pendant toute la durée des jeux.

Comme si cela ne suffisait pas, la ville a dû céder au Comité les droits sur tout produit en lien avec les JO... Même le slogan "Londres 2012" ! Et tout le monde est concerné, même la famille Middleton, qui a été accusée de vendre des produits liés aux JO sans autorisation.

3 - Un budget qui explose

Enfin, les JO sont une zone détaxée pour tous les sponsors de l’événement. Selon le Guardian, cela correspond à 600 millions de livres de recettes perdues pour le pays. A comparer avec les 2,5 milliards de livres que les jeux doivent rapporter à ces marques... Des sponsors qui jouent de leur puissance : Mac Donald's a ainsi demandé que seulement ses frites soient vendues dans le village olympique, selon le magazine TNT.

Le budget initial s'établissait à 4,2 milliards de livres. Un chiffre qui est rapidement monté en flèche : selon Business Insider, les estimations les plus basses parlent d'un surcoût de 107%, à 8,4 milliards de livres. Une explosion, rappelle le média, finalement assez classique : sur les 50 dernières années, le surcoût des Jeux s'est établi à 179% en moyenne pour les villes. Le comité olympique, lui, ne participe qu'à hauteur d'un milliard de livres. Le coût du centre aquatique a été multiplié par quatre, pour s'établir à 280 millions d'euros. Celui du grand stade n'est pas encore connu...

4 - Les menaces sur la sécurité

Si la question financière n'était pas suffisamment délicate, un autre risque est apparu, symbolisé par les attentats de Londres, qui ont eu lieu au lendemain de l'annonce de la victoire de la ville : le terrorisme. Le service secret britannique MI5 a affirmé que les Jeux olympiques étaient une "cible attrayante pour une attaque terroriste"...

Le budget de la sécurité des JO a dû être multiplié par deux au début de l'année, passant à 553 millions de livres (644 millions d'euros), 282 millions de livres de plus que prévu. Près de 14 000 embauches supplémentaires ont été décidées pour assurer la sécurité des jeux, soit un total de 23 700, rapporte Le Monde. Un officier de l'armée britannique a été jusqu'à mettre en garde la population contre d'éventuelles attaques de drones chargés d'armes biologiques, note le Daily Mail. Certains toits d'immeubles pourraient donc accueillir des missiles sol-air pour contrer toute menace venue du ciel.

Mais la menace n'est pas que terroriste. La capitale londonienne, déjà classée selon une étude parmi les dix premières destinations dans lesquelles les touristes ont des chances de se faire détrousser, a vu son nombre de pickpockets augmenter de 17% ces deux dernières années. Et déjà la police de mettre en garde les touristes : un communiqué publié mercredi 18 juillet indique qu’il y aurait donc 1 700 personnes victimes des pickpockets chaque jour, un chiffre dû en partie à la déferlante de gangs professionnels venus d’Europe de l’Est.

Venafi, un expert britannique de la sécurité est plus précis et estime que 67 000 terminaux (dont 27 000 smartphones) seront perdus ou volés pendant l'événement qui s'étale sur deux semaines, selon Business Mobile.

5 - Des heures de queue en perspective

Toujours pas convaincu concernant la malédiction des jeux ? Durant les heures de pointe, la queue pour accéder à une station de métro pourrait durer des heures... Alors que la circulation est un "véritable chaos", selon un chauffeur de taxi interrogé par le Global Post. La profession s'attend d'ailleurs à ce que ses profits déclinent, les Londoniens préférant éviter de se déplacer par la route durant les jeux.

Pire, les services de l'immigration dans les aéroports avaient annoncé une grève pour ce jeudi, à la veille de l'ouverture des jeux. Finalement, un arrangement a été trouvé. Mais les services ont annoncé qu'il était en outre hors de question qu'ils fassent des heures supplémentaires d'ici le 20 août.

Et pour enfoncer le clou, la météo sera mauvaise, prédit le Washington Post.

Mais tout n'est pas noir au pays des JO. Si quelques minutes après l'arrivée des équipes d'athlètes dans le village olympique, ce lundi, les serveurs de l'application de rencontres gay GrindR ont lâché sous la demande, ils ont vite été rétablis. De quoi faire de nouvelles rencontres.

Morgan Bourven

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