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La morphine des banques centrales calme (provisoirement)
la fièvre des marchés
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EDITORIAL

Les grandes banques centrales de la planète ont établi une série de mesure face à la crise financière. Si les marchés financiers semblent apaisés pour le moment, cela suffira-t-il à sauver la zone euro ?

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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La crise financière est à un tournant à la suite d’une opération commando des grandes banques centrales de la planète, dont l’intervention inattendue a  fait retomber brutalement la fièvre des marchés. Les autorités monétaires des États-Unis, de Grande-Bretagne, du Japon, du Canada, de la Suisse, auxquelles s’est joint la Chine, ont frappé un grand coup en décidant de fournir au monde gagné par une paralysie croissante du crédit, les liquidités dont l’économie a besoin et ceci jusqu’en février 2013.

Les échanges de devises seront facilités. Ainsi vont disparaître les circuits de la peur qui commençaient à assécher les grands secteurs d’activité gloutons en crédits tels que la construction aéronautique ou le transport maritime. L’argent irriguera à nouveau les canaux de l’économie. Ces décisions ont été saluées immédiatement par un rebond spectaculaire des places boursières et une détente brutale des taux d’intérêt sur les marchés obligataires qui ont permis à la France de boucler en un tour de main et à des conditions avantageuses, son programme de financement de la dette pour 2011.

En fait les banques centrales reprennent la technique utilisée il y a tout juste trois ans, lorsque la débâcle de la banque Lehman Brothers avait suscité une panique généralisée devant la crainte d’un effondrement du système bancaire. La réaction des autorités avait permis de stopper la dépression qui menaçait de s’installer et de redonner confiance dans le retour de la croissance.  C’est le même espoir qui est formulé aujourd’hui, dans une situation pourtant plus dégradée qu’en 2008, car aucune des grandes réformes envisagées à l’époque n’a été réalisée. La facilité et le laxisme l’ont emporté sur la volonté politique. L’endettement s’est aggravé, alors que l’économie mondiale entrait dans une phase de ralentissement.

L’intervention des banques centrales, en écartant provisoirement le risque de pénurie de crédits apporte une bouffée d’oxygène susceptible de restaurer un début de confiance, indispensable à la reprise de l’activité. Il faut saisir sans tarder cette opportunité pour opérer les changements destinés à adapter la société aux transformations de notre époque.  Il existe deux atouts favorables : l’économie américaine manifeste des signes de convalescence : l’emploi s’améliore, la situation du secteur immobilier donne des signes de stabilisation, la production automobile se redresse. Parallèlement, la Chine entend apporter sa pierre parce que c’est aussi son intérêt de ne pas laisser s’anémier son économie.

La balle est aujourd’hui dans le camp de l’Europe. Les prochaines semaines seront cruciales pour savoir si les États qui la composent sont susceptibles de surmonter des divergences qui s’accusent au fur et à mesure qu’on parle d’efforts, de coupes claires dans les budgets pour réduire le poids de la dette et d’abandons de souveraineté pour mutualiser les risques. En sachant que l’armistice des marchés n’est que provisoire et que leur pression reprendra de plus belle à la moindre défaillance pour obliger les Européens à agir ensemble ou à disparaître.

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