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Mélenchon : 
nouvelle star, vieilles recettes
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Mélenchon : nouvelle star, vieilles recettes

Ex-second couteau, Jean-Luc Mélenchon galope désormais sur les traces de son mentor François Mitterrand.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Je ne sais pas qui va l’emporter dans cette élection ― sans doute Sarkozy, avec un minuscule point d’écart sur Hollande ou une bonne quarantaine de pourcents sur Le Pen ―, mais Mélenchon est incontestablement le grand vainqueur de la campagne.

Ex-trublion radical du PS, second couteau pugnace pour empoignades de fin de soirée sur LCI, le bonhomme se révèle être un authentique leader autant qu’un stratège hors-pair. Le candidat officiel de la « gauche de gouvernement » ne dégagerait ne serait-ce qu’un dixième de son charisme, ne démontrerait qu’une infime fraction de son flair politique, et la question de l’alternance ne se poserait plus pour personne…

The story so far : après avoir réussi son OPA sur le Parti communiste, qui n’est peut-être plus que l’ombre de lui-même mais conserve de beaux restes logistiques (des 500 signatures aisément réunies aux deux-trois photocopieurs encore en état de marche place du Colonel Fabien), coulé une Marine qui se prenait pour l’invincible armada, effacé les factions trotskistes du paysage et convaincu jusqu’à l’omniprésident d’adopter sa révolution fiscale, le voici qui vient manger la laine sur le dos des Verts !

Un Mélenchon « écolo », c’est surréaliste, mais pas beaucoup plus qu’une Eva Joly ainsi adjectivée. Et le 22 avril, ce sont les électeurs naturophiles qui choisissent, pas les adhérents d’EELV. Tenez, mercredi à Besançon, il a même expliqué à 8 000 fans énamourés « qu’augmenter les salaires était écologique»… On voit mal en quoi mais ça va certainement leur donner envie de sauver la planète à sa façon, même si son concept rouge-vert de « planification écologique » inquiète les daltoniens.

D'ailleurs, dès ce weekend, il marche sur Rome. Enfin, sur la Bastille, mais c’est avec 40 000 camarades gonflés à bloc alors on pardonnera l’analogie facile du tribun jouant des biscotos pour impressionner les capitaines de pédalos barbotant dans les mêmes eaux. Car l’homme à abattre, désormais, c’est bien Hollande, qu’il a toujours dénoncé comme un tricheur et un usurpateur.

Que ce dernier se plante, que la rue de Solferino se disloque, et c’est la pièce de la Convention des Institutions Républicaines ― le machin inventé par François Mitterrand pour prendre le contrôle du PS lors du fameux congrès d’Epinay ― que l’on rejoue, avec le Front de gauche dans le rôle principal. L’histoire ne repasse jamais vraiment les mêmes plats, mais certaines vieilles recettes supportent manifestement d’être revisitées. 1981-bis en 2017 ou en 2022, c'est impressionnant, c'est sûr, mais aussi un peu flippant : on préfèrerait en arriver à 1983 tout de suite.

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