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Et maintenant Laurent Wauquiez : accusations de détournement de fonds publics, la nouvelle hystérie à la mode
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Un monde de fous

Et maintenant Laurent Wauquiez : accusations de détournement de fonds publics, la nouvelle hystérie à la mode

Une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics a été ouverte contre Laurent Wauquiez, à la suite à un déplacement effectué en Chine en février. Au cours de cette visite, l'élu LR a participé à une soirée de soutien et à un appel aux dons pour François Fillon.

Gérald Pandelon

Gérald Pandelon

Universitaire, avocat à la Cour d'appel de Paris et à la Cour Pénale Internationale de la Haye, Gérald Pandelon est docteur en droit et docteur en science politique. Diplômé de Sciences-Po, il est également chargé d'enseignement. Il est l'auteur de L'aveu en matière pénale ; publié aux éditions Valensin (2015), La face cachée de la justice (Editions Valensin, 2016), Que sais-je sur le métier d'avocat en France (PUF, 2017) et La France des caïds (Max Milo, 2020). 

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Avant d'évoquer cette nouvelle affaire concernant M. Laurent Wauquiez, partons tout d'abord d'un constat objectif et sur lequel tous les candidats, quels que soient leurs opinions, devraient, s'ils faisaient montre d'un minimum d'honnêteté intellectuelle, s'accorder : les foudres judiciaires se sont abattues sur le candidat LR depuis qu'il a remporté la primaire de la droite, et jamais avant ; et ce, alors même que, si les faits prétendument reprochés à ce candidat et à son épouse avaient été réellement considérés par la sphère politique comme pénalement répréhensibles, sans doute s'en seraient-ils émus auparavant. Qu'à l'évidence, il existe dans cette affaire (ou non-affaire, on verra...) une hypocrisie indépassable à vouloir accabler François Fillon alors qu'aucun des autres candidats n'avaient la moindre objection à lui opposer avant sa victoire aux primaires de la droite, ne serait-ce que parce qu'ils ne pouvaient pas penser un seul instant qu'il en sortît vainqueur, tout affairés à ce que le seul candidat considéré comme estimable, même à gauche - surtout d'ailleurs...- ,puisse l'emporter : M. Alain Juppé.

Dès lors, dans cette vaste entreprise de délégitimation du candidat LR, il est aujourd'hui reproché au président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, M. Wauquiez, de s'être rendu coupable de l'infraction de détournement de fonds, délit présumé conduisant d'ores et déjà à l'ouverture d'une enquête préliminaire reposant sur le dépôt d'une plainte d'un élu d'opposition. Sans s'interroger d'ailleurs, à ce stade, sur les motifs évidents qui conduisent aujourd'hui ledit élu à déposer une plainte au parquet et la célérité de l'ouverture de ladite enquête par le ministère public, force est d'admettre que nous assistons à un emballement sans précédent de l'institution judiciaire pour faire échec à la victoire de la droite classique dans notre pays. Au-delà même d'ailleurs de la candidature de M. Fillon, tout semble permis pour entraver l'alternance politique, pourtant souhaitée par une majorité de Français, et par conséquent favoriser la candidature de M. Macron lequel, à l'évidence, qu'on l'accepte ou le déplore, demeure la créature préférée des médias, même s'il apparaît, à bien des égards, comme un produit manufacturé (par notre actuel président), investi d'une administration de mission : tuer la droite et pérenniser l'action de François Hollande. C'est ainsi qu'avant même de connaître avec certitude si M. Wauquiez aurait ou non pu bénéficier de fonds publics dans le cadre de son voyage en Chine, ce qui restera à démontrer, il existe déjà une vérité indiscutable : c'est que l'intéressé est dans le collimateur judiciaire, sur le seul fondement de la plainte d'un élu, dont, au surplus, nous ne savons pas si elle est nommément dirigée contre M. Laurent Wauquiez ou contre X. ; d'ailleurs, dans cette hypothèse, cela pourrait d'ores et déjà signifier qu'il n'existe aucunes charges à son encontre suffisamment accablantes pour conduire un magistrat instructeur éventuellement désigné à le convoquer aux fins d'une mise en examen. Bref... tuez les tous, le Dieu judiciaire reconnaîtra les siens... Qui n'a pas vu, par exemple, l'attitude très différente adoptée par Jean-Jacques Bourdin sur BFM à l'égard de Jérôme Chartier et sa particulière bienveillance lorsqu'il s'entretînt avec l'ancien Premier ministre Manuel Valls ? Pourquoi un tel traitement de faveur ? Pourquoi autant d'inégalités au nom de l'Egalité ?

Comment ne pas voir que c'est précisément la gauche qui devient intolérante alors même - et de façon paradoxale - qu'elle se présentait comme le parangon de ladite tolérance, droit acquis de la gauche ? Au fond, c'est comme si la gauche française n'avait plus d'efforts à fournir pour démontrer ses valeurs, des valeurs héritées par sa seule existence, des valeurs dont elle aurait héritées mais dont pourtant elle aurait abandonné toute application concrète, dans la vie réelle. De la même manière que l'on peut valablement s'interroger sur le motif ayant conduit ce journaliste à ne pas s'entretenir, à trois semaines du premier tour de l'élection présidentielle, avec le porte-parole de Madame Le Pen, David Rachline. Mais pourquoi l'enfer pour Céline et le paradis pour Aragon ? Où est la France, celle de la tolérance, de la grandeur et des valeurs ? Aussi, et avant même de connaître le sort qui lui sera réservé, il faut s'attendre à ce que des associations spécialisées dans la lutte contre ce type d'infractions, parmi lesquelles Anticor, se hâtent pour se constituer partie civile, pressée de tirer sur l'ambulance et de continuer à dévorer un cadavre moribond. Le paradoxe, c'est que tout cela se ferait au nom du Bien (celui dont est dépositaire la gauche, pendant que la droite serait la marque définitive du Mal), donc d'une certaine morale voire d'une méta-morale, c'est-à-dire une éthique. En réalité, et à rebours de louables intentions, ce qui se joue, c'est un calcul froid et méticuleux, savamment ordonnée et orchestré visant à écarter durablement de la vie politique française le candidat de la droite. A ce propos, il est assez étonnant de constater que ceux qui s'autoproclament comme les défenseurs du progrès, de la tolérance et de l'humanité en soient si dépourvus en réalité lorsqu'il s'agit de défendre leurs propres intérêts politiques. Sauf à admettre que notre pacte moderne citoyen doive se satisfaire que d'illusion, une illusion, en définitive, constitutive du politique.   

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