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Lynchages en banlieues : mais pourquoi les policiers ne tirent donc-t-ils pas ?
©Reuters

Légitime défense ?

Lynchages en banlieues : mais pourquoi les policiers ne tirent donc-t-ils pas ?

Parce que ça leur est interdit. Et c’est bien ainsi. Mais jusqu’à quand ?

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Les vidéos ont été vues par des centaines de milliers de gens. Un déchainement de violence haineuse à Champigny-sur-Marne. Une foule surexcitée armée de bâtons et de barres de fer fracassant une voiture de police.  Une policière à terre sanglotant sous les coups de poing et les coups de pied qui s’abattent sur elle.

Des images insupportables. Une horde sauvage. Pas celle de Sam Peckinpah qui est exemplaire de beauté. Si ça devait être un film aujourd’hui il s’appellerait plutôt « La Haine ». Pas celle de Mathieu Kassovitz bien sûr !

Ce sont ces images, filmées fièrement par les auteurs du lynchage, qui font l’événement. Le lendemain de l’orgie de violence de Champigny-sur-Marne un policier a été roué de coups à Aulnay-sous-Bois. Mais là pas d’images. Qui en parle ? Personne.

Alors que pour Champigny-sur-Marne, le président de la République lui-même a été obligé de réagir. Des paroles fermes et convenues : « Les auteurs seront recherchés et punis etc… » C’est bien le moins qu’il pouvait faire pour calmer la colère des policiers. Maintenant c’est sur leur comportement et leurs conditions de travail qu’il faut s’interroger.

Ce comportement est - compte tenu des violences dont ils font l’objet- étonnamment exemplaire. Ils sont armés et ne tirent pas. Contrairement aux gendarmes (des militaires) qui, eux, ont le droit de le faire. Il est donc beaucoup plus difficile de lyncher un gendarme qu’un policier…

Chez ces derniers, la riposte doit être proportionnée à l’attaque. Et la légitime défense obéit à des règles très strictes et contraignantes. La policière à terre aurait donc dû – selon ces règles- répondre aux coups de poing et aux coups de pied par des coups de poing et des coups de pied…

Elle était seule. Ils étaient des dizaines. Son collègue, blessé également, avait réussit à échapper à la meute. Il était armé. Il n’a pas tiré. Sans doute, scrupuleux et bien formé, n’a-t-il pas jugé que la policière était en danger de mort.

Soyons clairs. Le but de ces lignes n’est pas de réclamer pour les policiers un permis de tirer voire un permis de tuer. Mais il est à craindre que si un jour des scènes aussi abjectes que celles de Champigny-sur-Marne se répètent, des policiers perdront peut-être leur sang-froid. Un jour l’un d’entre eux, paniqué, envahi par la peur, tirera peut-être…

Il sera évidemment sanctionné par le ministre de l’Intérieur. Il passera en justice pour coups et blessures ou pour meurtre. Telle est la loi et il est bien qu’elle soit appliquée. On peut souhaiter que le tribunal qui aura à statuer sur son cas visionnera les images de Champigny-sur-Marne. Peut-être alors lui accordera-t-on des circonstances atténuantes.

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