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Les vacances sont une chose trop sérieuse pour ne pas travailler à leur réussite : voilà les études qui peuvent vous y aider
©Flickr/ Selden Vestrit

Evasion

Les vacances sont une chose trop sérieuse pour ne pas travailler à leur réussite : voilà les études qui peuvent vous y aider

Pour certains, les vacances ont déjà commencé et il est enfin l'heure de prendre du bon temps. Afin d'éviter que les congés ne soient source de désillusions, certaines études scientifiques nous aident à en profiter au maximum.

Florence Servan-Schreiber

Florence Servan-Schreiber

Florence Servan-Schreiber est journaliste. Formée à la psychologie transpersonnelle en Californie, elle a été l'animatrice d'une chronique dans Psychologies, un moment pour soi sur France 5 - la déclinaison télévisuelle de Psychologies magazine- en 2004 et 2005.

Elle est notamment l'auteure de "Trois kifs par jours et autres rituels recommandés par la science pour cultiver le bonheur" publié aux éditions Marabout.

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Atlantico : Il semblerait que l'expérience procure plus de bonheur que les biens matériels. Comment expliquer ces résultats et comment peut-on l'appliquer aux vacances?

Florence Servan-Schreiber : Toutes les études faites par les économistes ont démontré qu’au delà d’une certains somme qui couvrait un peu plus que nos besoins élémentaires de sécurité, nourriture et éducation, l’accumulation de biens ne faisait pas notre bonheur. Il y a aussi l'étude de Leaf Van Boven (université du Colorado) et de Thomas Gilovich (université de Cornell) datant de 2003. On peut également lire, sur le fait que l'expérience soit plus efficace que le bien matériel en vue de maximiser son bonheur, les travaux de Ryan T. Howell et Graham Hill (chercheurs à San Francisco) intitulés "The mediators of experiential purchases" publiés en 2009 dans The Journal of Positive Psychology.

En revanche, la qualité des expériences que nous vivons, fait elle, une véritable différence. Par exemple, même lorsque nous passons des vacances coûteuses à l’étranger, ce qui rend le voyage plaisant sont souvent les conversations que nous avons eues avec des étrangers ou les liens que nous avons pu tissé à une terrasse d’un café, lors d’un voyage en train ou en rencontrant d’autres personnes. D’avoir pu nous débrouiller en terre inconnue et créer quelques habitudes localement nous rend plus fiers et surs de nous que de séjourner dans un hôtel dont le service est impeccable et impersonnel. Or si on regarde bien, il n’est pas nécessaire d’aller très loin pour vivre de telles expériences. Certaines personnes passent leurs meilleures vacances en retournant tous les ans sous le même figuier, car ils y retrouvent des connaissances et établissent des liens sociaux, primordiaux à notre équilibre et épanouissement.

 

Dans le cadre de la préparation des vacances, pour maximiser son bonheur, est-il préférable de planifier ses vacances ou bien de s'y prendre à la dernière minute? Pour quelles raisons et quels conseils donneriez-vous aux futurs vacanciers?

L’anticipation est un véritable plaisir. L'étude d'Amit Kumar (université de Chicago) et Thomas Gilovich (université de Cornell), A wonderful life: experiential consumption and the pursuit of happiness, publiée en août 2014 dans le Journal of Consumer Psychology, va dans ce sens. Lorsque nous attendons quelque chose avec impatience, notre cerveau fabrique 14% de dopamine en plus qu’à l’état normal. Un peu comme lors d’un rendez-vous amoureux. Le délice est souvent dans l’attente. Car une fois que nous sommes en face de l’autre, advienne que pourra. Les vacances appartiennent à cette famille de moments que nous fantasmons et espérons. Que ce soit l’inconnu ou la familiarité, nous misons tous beaucoup sur cette interruption. Le changement de rythme ou d’endroit nous permet toujours d’espérer le meilleur. Chacun son style, mais la promesse d’un dépaysement a toujours ses agréments. Une fois que nous y serons, là aussi, advienne que pourra, mais nous projeter favorablement ailleurs et autrement fait partie de l’expression de notre optimisme. Qui nous donne des ailes. Du coup, lorsque nous prévoyons nos vacances à l’avance, plutôt que de les déclencher au dernier moment, nous nous accordons toute cette attente.

 

Y a-t-il une période particulièrement importante pendant les vacances? Quel est le moment dont on se souvient le plus? 

Elizabeth Dunn, chercheur à l’université de Colombie-Britannique et qui a rédigé Happy Money: The Science of Happier Spending en 2013, a de solides arguments prouvant que les tous premiers et les tous derniers jours de vacances laissent la trace la plus durable dans notre mémoire. Selon elle, il faut soigner ces deux périodes pour garder un bon souvenir de ses vacances. Si nous en tenons compte, n’oublions donc pas de soigner, surtout,  la fin des vacances. Il s’agit souvent du moment  pendant lesquels on doit replier un maison, ou rendre une location. Mais le décompte des derniers instants donne toujours une saveur particulière et une intensité conditionnée par la limite. Plus ça risque de se terminer bientôt, plus nous en profitons. Il y a d’ailleurs dans la première partie des vacances une insouciance dont nous profitons. Et dans la seconde, une conscience, qui nous étreint. C’est naturel.

Vaut-il mieux privilégier en termes de dépenses, les petits plaisirs plutôt que les gros? 

Une grosse dépense nous procure un effet éphémère, sur le moment. Mais pour peu de temps. Daniel Gilbert en parle beaucoup. Il y a notamment l'étude de Elisabeth Dunn (université de Colombie-Britannique), Daniel Gilbert (université d'Harvard) et Timothy Wilson (université de Virginie) publiée en avril 2011. 

Toujours le même rapport illusoire aux biens matériels. Parce que nous nous habituons à tout. Mais pas que pendant les vacances. Alors plutôt que de miser sur une expérience coûteuse et passagère, dès lors que le budget a des limites, et c’est souvent le cas, mieux vaut multiplier les petits plaisirs. Acheter les meilleures tomates, s’offrir un verre au coucher du soleil, inviter ses amis à tour de rôle nous rend, par exemple, plus heureux que de partager l’addition. Celui qui paie en est fier et celui qui est invité est gratifié.

 

On a tendance à se dire souvent déçu de ses vacances car on les idéalise trop. Dans ce contexte comment faire pour tirer le plus profit de ses vacances pendant et au retour?

Arrêtons le dictat des vacances merveilleuses. Plus nous voyons d’images fabuleuses sur Facebook, plus nous nous comparons. Or des vacances peuvent n’avoir rien de visuellement spectaculaire, et pourtant, avoir été, sur le plan humain, familial ou amoureux tout à fait douces. Parfois c’est un voyage compliqué qui nous aura permis d’apprendre sur nous même et les autres. Il n’y a pas de normes en terme de qualité d’expérience. Ouvrons nous surtout à la différence et la rupture du quotidien. Et après, et bien nous verrons bien. C’est la meilleure façon de s’assurer les meilleures surprises.

 
 
 
 
 
 

 

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