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Le nouveau maire écologiste de Grenoble pourrait-il être contraint de jeter l’éponge ?
Le nouveau maire écologiste de Grenoble pourrait-il être contraint de jeter l’éponge ?
©Reuters

En difficulté

Les ennuis du maire écologiste de Grenoble que l’UMP – et qui sait, le PS ? – aimeraient voir démissionner…

Le nouveau maire écologiste de Grenoble pourrait-il être contraint de jeter l’éponge ? A l’UMP, on en rêve. Au PS, on se dit que…En tout cas, l’affaire dont on parle beaucoup en ville pourrait être embarrassante pour Eric Piolle. Depuis près d’un mois, le président de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), Jean-Louis Nadal, en a été informé officiellement par une lettre d’un ex-premier adjoint d’Alain Carignon à la mairie, Pierre Gascon (1983-1995). L’édile de Grenoble, qui a succédé à Michel Destot (PS) lors des élections municipales de mars dernier dément avoir commis la moindre faute.

Gilles Gaetner

Gilles Gaetner

Journaliste à l’Express pendant 25 ans, après être passé par Les Echos et Le Point, Gilles Gaetner est un spécialiste des affaires politico-financières. Il a consacré un ouvrage remarqué au président de la République, Les 100 jours de Macron (Fauves –Editions). Il est également l’auteur d’une quinzaine de livres parmi lesquels L’Argent facile, dictionnaire de la corruption en France (Stock), Le roman d’un séducteur, les secrets de Roland Dumas (Jean-Claude Lattès), La République des imposteurs (L’Archipel), Pilleurs d’Afrique (Editions du Cerf).

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Tout démarre  fin mai  par une enquête de l’UMP locale, effectuée au Tribunal de commerce, reprise par le Lab politique d’Europe n°1, qui  affirme qu’ Eric  Piolle est actionnaire et fondateur d’une société , Raise Partner,  constructeur de logiciels destinés à la gestion de risques et l’organisation de portefeuilles. Jusque- là, rien à dire. Sauf que, dans sa déclaration de conflits d’intérêts et d’activités adressée à la Haute Autorité,  le maire ne parlerait que d’une  PME grenobloise, oubliant, semble-t-il, de préciser  que Raise Partner  est basée à Singapour, paradis fiscal bien connu, et qu’il en détient 900 parts sur 100 000.  C’est peu. Mais cela est du plus mauvais effet au regard de l’opinion.  D’autant que, dans la foulée de l’enquête de l’UMP locale, on apprend  que Raise Partner compterait de riches clients installés aux iles Caïman et à Guernesey, et que l’épouse du  nouvel édile y travaille comme directrice de recherche. 

Galopent les jours. La situation d’ Eric Piolle devient délicate.  Dans le chef-lieu de l’Isère,  surtout du côté de l’UMP,  on rappelle avec gourmandise qu’au cours de la campagne des municipales, le candidat Eric Piolle s’était montré très ferme à l’égard des paradis fiscaux, s’engageant à exclure les établissements bancaires concernés par des activités directes ou indirectes dans des paradis fiscaux. Du côté du PS, on n’est guère plus tendre. Jérôme Safar, désigné  par le Parti pour succéder à Michel Destot, mais largement battu au second tour par Eric Piolle,  à l’occasion d’une quadrangulaire, n’y va pas de main morte :  "Je pense qu’il y a eu tromperie sur la marchandise. " Le nouvel édile se défend de toutes ces accusations aux relents bien politiques- ce qui est de bonne guerre : d’abord, en affirmant que depuis 2003, il ne suit plus les activités de Raise Partner; ensuite, qu’il n’a jamais été au courant des fameux clients qui auraient  été contactés à Guernesey et aux iles Caïman…

Et Eric Piolle de démentir vigoureusement que  Raise Partner ait comme objectif l’optimisation fiscale. Arguments ( peut-être) convaincants  s’il n’avait commis  une nouvelle boulette dans une interview donnée le 7 juillet 2014 au Dauphiné Libéré, où il déclarait : " J’ai aussi des parts dans la société Soitec ".[ Leader mondial dans la fabrication de matériaux de semi-conducteurs] .  Or, là encore, le maire ne semble pas avoir mentionné les actions qu’il y détenait… Et Pierre Gascon, l’ex-premier adjoint de Carignon, dans sa missive adressée  à Jean-Louis Nadal, de s’engouffrer dans la brèche : " S’il [Eric Piolle] détenait ces participations, cela poserait également la question  des conflits d’intérêts puisque le conseil régional Rhône-Alpes, dont il a été l’un des présidents de groupe de la majorité, a voté des aides publiques substantielles à l’entreprise, M. Eric Piolle participant à la décision et aux votes. "  Pierre Gascon conclue : "De mon point de vue, M. Piolle contrevient, de toute évidence, à l’article 1er et fondateur de la loi sur la transparence de la vie publique à savoir que  "les personnes titulaires d’un mandat électif ainsi que celles chargées d’une mission de service public exercent leurs fonctions avec dignité, probité et intégrité et veillent à prévenir ou à faire cesser immédiatement tout conflit d’intérêts."  " Toujours, selon l’ancien  adjoint  de Carignon, le lointain successeur de ce dernier, en présentant une société de droit singapourien comme " une PME grenobloise " a tout autant manqué " aux principes de dignité, probité et intégrité. " Enfin,  l’auteur de la lettre se déclare prêt, si la Haute Autorité le sollicite,  à apporter son concours afin d’éclairer cette situation qui crée d’ores et déjà un trouble d’ordre public. »  Attendons la réponse de l’ancien procureur général Nadal….

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