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Les diplômes pour tous et sans examens ! C’est ce que réclame l’UNEF, syndicat résolument révolutionnaire
©JACQUES DEMARTHON / AFP

Peut mieux faire

Les diplômes pour tous et sans examens ! C’est ce que réclame l’UNEF, syndicat résolument révolutionnaire

Oh oui camarades ! Nous allons vous soutenir dans votre courageux combat.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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En 1966, des membres de l’Internationale Situationniste publièrent « De la misère sexuelle en milieu étudiant ». Un livre jouissif et roboratif. En 2020, l’heure est venue de passer à « De la misère intellectuelle en milieu étudiant ». Ce sera beaucoup moins gai mais ô combien utile.

Mélanie Luce, présidente de l’UNEF, va nous aider à en écrire les premières lignes. Elle a lancé une pétition « Sauvons nos examens ». Pourquoi une pétition ? Parce que les facs étant fermées il est impossible de les occuper. Pareillement, à cause du confinement, l’UNEF ne peut organiser des manifestations étudiantes.

Pour vous permettre de signer cette pétition il aurait été de notre devoir de la publier ici. Nous nous abstenons de le faire car il est aussi de notre devoir de ne pas rajouter à vos épreuves en ces temps difficiles : la pétition est rédigée en écriture inclusive ! Vous vous contenterez donc d’un aperçu.

La camarade Mélanie Luce constate la difficulté de tenir des examens en période de crise sanitaire. On ne le lui reprochera pas. Mais alors pourrait-on envisager de les reporter à la rentrée d’octobre ? Ah ça non ! Une telle idée n’aurait pu germer que dans la tête d’un infâme mâle blanc, raciste et suprémaciste.

La camarade Mélanie Luce propose mieux : attribuer d’office à tous les étudiants.e.s la note de 10/20 ! Pas d’examens donc. D’ailleurs les examens ne sont-ils pas un procédé mis en place par la bourgeoisie pour discriminer le peuple ? 10/20 c’est bien mais ça nous parait un peu timoré. Et ça jette un doute sur la pureté révolutionnaire de la camarade Mélanie Luce. Pourquoi n’ose-t-elle pas réclamer 20/20 ? Sans doute parce qu’elle a été contaminée par le réformisme.

Elle se rattrape en dénonçant une injustice flagrante : « seuls 8,80% des étudiants en Master sont des enfants d’ouvriers ». Il convient de mettre fin à cette criante inégalité. Pour cela il faut se tourner vers les défuntes démocraties populaires. Là-bas, quand le peuple était au pouvoir, le recrutement pour les universités se faisait sur une base sociologique. 80% d’ouvriers, 10% de paysans, 6% de petits artisans, 4% d’enfants de l’intelligentsia travailleuse.

Nous attendons maintenant de l’UNEF des remerciements pour notre précieuse contribution. Par ailleurs, nous sommes désolés de finir sur une note un peu triste. Pendant longtemps, être à la tête de l’UNEF fût un marchepied prometteur pour une confortable carrière au sein du PS. Mais aujourd’hui le Parti socialiste est à l’agonie. Alors une angoisse nous étreint : que va devenir la camarade Mélanie Luce ? 

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