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Le tueur du musée juif de Bruxelles s'appelle Mehdi... Mon ami l'épicier (arabe) d'en bas aussi
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Arabes et musulmans : et alors ?

Le tueur du musée juif de Bruxelles s'appelle Mehdi... Mon ami l'épicier (arabe) d'en bas aussi

Ils n'ont rien en commun. Cela va sans dire. Et cela va encore mieux en le disant.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Chez Mehdi il y a du nouveau. Une caméra de vidéosurveillance qui lui permet de voir de l’intérieur son étalage de fruits et légumes. Mehdi n'est pas riche. Sa supérette où il bosse comme un malade lui permet juste de vivre et d’envoyer ses deux garçons au lycée. Alors pourquoi avoir fait les frais d'une caméra de vidéosurveillance ? "Parce que tous les jours mes pommes, mes oranges, mes citrons disparaissaient."

Moi et Mehdi nous parlons souvent. "Et qui fait ça ?" Mehdi : "Eh ben, des petits Arabes et des petits Roms." Puis il se reprend : "Enfin des racailles quoi…" Mehdi voudrait que la police les arrête, que leurs parents soient convoqués au commissariat ou chez le principal du collège ou leurs enfants ne vont presque plus. Avec Mehdi nous parlons de tout. De la Syrie. Il me dit que Bachar el Assad est un affreux assassin. Que les jihadistes français qui le combattent ne valent pas mieux. Qu’ils lui font peur. 

"A moi aussi" lui dis-je. "Tu n'es pas choqué, Mehdi, que je pense du mal de l’Islam ?" D’un geste de la main, il me montre ses rangées de bouteilles de vins et d’alcools bon marché. "Qu’est-ce que tu crois qu'ils me feraient à moi s'ils voyaient ça ?" J’aime bien Mehdi.

Tout raciste anti-arabe a, comme il se doit, son bon arabe. Tout raciste anti-noir a son bon noir. Tout antisémite a son bon Jjif. Et il y a même des juifs qui ont leur bon antisémite (j’en avais un mais je m’en suis lassé). Mehdi n'est pas mon bon arabe. Mehdi est tout simplement Mehdi. 

Mon ami l'épicier est musulman. Enfin il se déclare comme tel. Pourtant Mehdi n’a jamais mis les pieds dans une mosquée. "Alors pourquoi musulman ?" "Parce que quand j’étais gamin mes parents parlaient, comme du temps de la colonisation française, des Européens, des juifs et des musulmans". Une habitude plus qu'autre chose. D’après l’INED et d'autres organismes spécialisés il y a environ quatre millions de musulmans en France. Parmi eux combien de Mehdi l’épicier ? Et combien de Mehdi jihadistes ?

Mehdi est intarissable sur le thème de la racaille, dont il est, avec tant d’autres, victime. Il veut qu'on les emprisonne, qu'on les expulse si possible. "Tu sais, quand ils sont au bled, en Algérie, ils se tiennent à carreau : ils ont les jetons. Comparés aux flics algériens les policiers français sont des enfants de chœur." Mehdi tient à son épicerie. Il préfère n’importe quel président français à Bouteflika. Il vend ses produits bien plus chers qu'au supermarché. C’est évidemment chez lui que je fais mes courses.

A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.

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