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3 000 migrants originaires de Somalie, Syrie, Irak, Libye se trouvent aux alentours de Calais.
3 000 migrants originaires de Somalie, Syrie, Irak, Libye se trouvent aux alentours de Calais.
©Reuters

INFO ATLANTICO

Le SOS de l'UNSA-police au gouvernement face à la pression migratoire de plus en plus difficile à gérer à Calais

La situation devient de plus en plus tendue à Calais. 3 000 migrants originaires d’Afrique ou du Proche-Orient errent dans les zones d’embarquement des poids lourds vers le Royaume-Uni. Les forces de l’ordre ont du mal à endiguer ce flux. Des incidents sont quotidiens. Il est urgent d’agir, écrit l’UNSA-Police aux pouvoirs publics dans une note qu’Atlantico s’est procurée.

Gilles Gaetner

Gilles Gaetner

Journaliste à l’Express pendant 25 ans, après être passé par Les Echos et Le Point, Gilles Gaetner est un spécialiste des affaires politico-financières. Il a consacré un ouvrage remarqué au président de la République, Les 100 jours de Macron (Fauves –Editions). Il est également l’auteur d’une quinzaine de livres parmi lesquels L’Argent facile, dictionnaire de la corruption en France (Stock), Le roman d’un séducteur, les secrets de Roland Dumas (Jean-Claude Lattès), La République des imposteurs (L’Archipel), Pilleurs d’Afrique (Editions du Cerf).

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  • 3 000 migrants originaires de Somalie, Syrie, Irak, Libye se trouvent aux alentours de Calais.  Avec un seul désir : se rendre de l’autre côté de la Manche.
  • Depuis plusieurs mois, en raison du nombre croissant de migrants, souvent en possession de couteaux et de cutter, les forces de l’ordre éprouvent de grandes difficultés à remplir leur mission.
  • Un syndicat de police, l’UNSA-Police, lance un SOS clair et net en direction du gouvernement. En substance : il est grand temps de réagir.
  • Des ONG de défense de migrants ont tendance à en rajouter en dénonçant la violence policière… Dans des vidéos sorties de leur contexte, déplorent les policiers.

 

Des migrants qui n’en finissent pas d’arriver. Des forces de l’ordre qui ont du mal à accomplir leurs missions. Ces mêmes forces de l’ordre accusées d’avoir recours à une violence injustifiée. Une population parfois excédée, même si elle sait se montrer généreuse. Une insécurité qui va crescendo. Voilà ce qui se passe à Calais depuis des mois.

C’est peu dire que la situation devient de plus en plus intenable. Ingérable. Aussi, face à ce climat délétère dont le gouvernement n’a peut-être pas très bien mesuré l’ampleur, l’UNSA Police vient de faire le point sur la gravité de la tension à Calais et sur les difficultés qu’éprouvent les forces de l’ordre - police et gendarmerie - à exercer leur mission. Atlantico a eu connaissance de cette note de trois pages. Nous en livrons les passages essentiels.

 

Le constat

Depuis plusieurs mois, la pression migratoire se fait de plus en plus forte. Elle varie entre 2000 et 5000 migrants, tous des étrangers en situation irrégulière qui viennent principalement des pays anglophones d’Afrique ou du Proche-Orient : Erythrée, Somalie, Irak, Libye... en fonction des saisons et des conditions de traversée en Méditerranée.

 

Actuellement, les migrants, aux alentours de 3 000, s’ils errent souvent dans l’agglomération calaisienne, ce qui n’est pas sans poser des problèmes avec la population, sont essentiellement regroupés aux abords des zones d’embarquement des poids lourds en partance vers le Royaume-Uni. Il s’agit de la zone 1 (zone d’attente) ; zone 2 (zone d’accès aux ferries) ; zone 3 (accès au tunnel plus les zones d’hébergement).

 

Tout naturellement, ces milliers de migrants, qui ne disposent d’aucun moyen de subsistance, sont à la recherche de nourriture, de vêtements ou d’argent et n’hésitent pas à s’introduire dans les domiciles des calaisiens. Tout cela crée un climat d’insécurité qui n’est pas prêt de disparaître. Et le document de l’ UNSA-Police de constater : "L’ouverture, depuis environ quatre mois, du centre Jules Ferry - un centre social ouvert de 14 à 19 heures où les migrants peuvent recharger leur portable, accéder à des points d’eau et rencontrer des éducateurs - a crée un important point de fixation".

 

Tout aussi inquiétant, note l’UNSA-Police : "des ghettos à ciel ouvert sont apparus à proximité - moins de 200 mètres - des voies de circulations souvent saturées par le trafic ininterrompu de poids lourds en attente d’embarquement". C’est ici que des migrants tentent coûte que coûte d’embarquer clandestinement dans les camions en espérant traverser la Manche.

 

Des drames surviennent. Comme celui arrivé à un jeune érythréen retrouvé enseveli dans une remorque de camion la semaine dernière… Parfois, souvent ? La situation dégénère carrément. On se croirait revenu au temps des diligences, écrit l’auteur de la note. C’est ainsi que des centaines d’individus ne se gênent pas pour prendre d’assaut les poids lourds. N’hésitant pas de couper les bâches à l’aide de cutter quand ils ne déplombent pas les portes arrière des camions ! Résultat : les conducteurs désemparés n’ont pas d’autre solution que d’actionner leur klaxon, seule manière d’alerter les forces de police. Une situation infernale pour les riverains contraints d’entendre d’un côté les klaxons des conducteurs de poids lourds, de l’autre les sirènes des forces de l’ordre… Comment, dans ces conditions, ces dernières peuvent-elles intervenir sans risque ?

 

Les conditions de travail des forces de sécurité

A Calais, à l’heure actuelle, environ 250 CRS et gendarmes mobiles assurent 24 heures sur 24 la sécurisation de l’agglomération calaisienne. C’est dire qu’à cet instant T, entre 35 et 70 policiers et gendarmes - matin, midi et soir - sont déployés sur les trois zones répertoriées plus haut. Rien que de très classique même si les forces de l’ordre doivent faire face à un afflux massif, souvent violents de près 2000 migrants, qui selon le syndicat policier, sont pour la plupart armés de couteaux et de cutter.

 

Seulement voilà : depuis plusieurs mois, le distinguo entre une unité de CRS chargée de la lutte contre l’immigration clandestine à la disposition de la PAF et une demi-unité de CRS à la disposition de la Sécurité publique de Calais ne peut plus se faire. La cause en revient à l’augmentation massive de migrants. Tout se brouille. On ne sait plus qui fait quoi, puisqu’il arrive que des missions de lutte contre l’immigration clandestine soient transférées à la Sécurité publique et inversement. Et l’UNSA-Police de proposer "la création d’un no man’s land qui permettrait de repousser les migrants afin d’éviter tout contact physique avec eux, et donc tout corps à corps".

 

Or, précisément, c’est ce qui arrive tous les jours, où l’on voit, d’un côté, des centaines d’individus qui, au péril de leur vie, prennent d’assaut des camions, sur les bretelles d’autoroutes, pour espérer rejoindre la Grande-Bretagne. Et de l’autre, en sens inverse de la circulation, des dizaines de poids lourds bloqués dans le trafic, klaxonnant à tout rompre. Comment alors éviter un corps à corps avec les migrants, avec les risques de drames de part et d’autre ?

 

Il est donc temps que cesse cette situation quasi insurrectionnelle. Aussi n’est-il pas nécessaire d’en rajouter ou de se livrer à des procédés peu honorables pour montrer du doigt les forces de l’ordre. Et la note de déplorer "le rôle de certaines associations qui, en vidéos cachées, dans les arbres, montent des scénarios de harcèlement permanent des forces de l’ordre, filment l’ultime riposte et diffusent les images de You tube. Nul doute que, sortis de ce contexte, CRS et gendarmes ont le mauvais rôle."

 

Face à un climat qui peut s’embraser à tout moment, Denis Hurth, délégué UNSA Police CRS pour le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, lance un SOS à peine voilé aux pouvoirs publics : "C’est dire les conditions extrêmes de tension dans lesquelles les policiers et les gendarmes assurent la mission Calais… En effet, sans instructions véritables, nos forces de sécurité prennent d’importantes initiatives pour porter assistance aux conducteurs routiers souvent violemment pris à partie. De plus, sans leur intervention parfois effectuées avec fermeté mais toujours dans le respect absolu des techniques de police, nul doute que ces intrusions massives et envahissantes de migrants sur les axes autoroutiers provoqueraient d’indéniables accidents de la route. Il est temps de réagir !!"

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