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Le Royaume-Uni sera-t-il capable de vivre comme ces pays développés qui ont réussi à vivre en cavaliers solitaires ?
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Allo Séoul ?

Le Royaume-Uni sera-t-il capable de vivre comme ces pays développés qui ont réussi à vivre en cavaliers solitaires ?

Le Royaume Uni a choisi la voie audacieuse de chercher à prospérer en commerçant aussi librement que possible avec tous les pays du monde, mais sans abandonner des pans entiers de souveraineté à une organisation politique supranationale comme l'Union Européenne.

Eric Dor

Eric Dor

Eric Dor est docteur en sciences économiques. Il est directeur des études économiques à l'IESEG School of Management qui a des campus à Paris et Lille. Ses travaux portent sur la macroéconomie monétaire et financière, ainsi que sur l'analyse conjoncturelle et l'économie internationale

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Y a-t-il des exemples de pays avancés qui réussissent ce type de pari, et dans quelle mesure ? Voilà un tour d'horizon de quelques cas.

La Suisse

Bien que membre de l'AELE, la Suisse à opté pour rester en dehors de l'Espace Economique Européen suite à un référendum. Elle a préféré négocier quelques 120 accords bilatéraux de libre-échange avec l'Union Européenne sur des secteurs spécifiques. La Suisse participe également à certains accords de coopération avec l'UE sur la justice ou l'éducation, et à l'espace Schengen. Pour tout ce sur quoi la Suisse a passé des accords avec l'UE, elle est soumise à la juridiction de la CJUE, la cour de justice de l'union européenne, et elle doit appliquer le droit européen alors même qu'elle n'a aucune possibilité d'en influencer les normes. La Suisse doit accepter la libre circulation des personnes en provenance de l'Union Européenne. Cela lui a posé problème récemment lorsqu'une votation populaire a été en faveur d'une restriction du droit des étrangers, dont ceux de l'UE, à exercer une activité professionnelle en Suisse. Comme cela contrevient à la liberté de circulation, la Commission Européenne a tout de suite menacé la confédération de rétorsions, en particulier sur la mobilité des étudiants suisses dans l'UE. le gouvernement suisse a été obligé de trouver une compromis, et donc de n'appliquer que très partiellement le résultat du référendum populaire ! Par contre la Suisse échappe à la contrainte d'harmonisation des tarifs extérieurs sur les importations en provenance de pays tiers, et peut négocier ses propres accords de libre-échange avec ceux-ci. Elle a également une grande indépendance de politique étrangère. Mais comme elle est un petit pays, elle a peu de poids dans les négociations internationales par rapport aux grands pays ou aux grands ensembles. On l'a observé lorsqu'elle a dû céder aux pressions des Etats-Unis sur la confidentialité des comptes bancaires des étrangers.

La Nouvelle-Zélande

La Nouvelle Zélande participe à plusieurs accords internationaux de libre échange. 

La Nouvelle Zélande avait négocié tout récemment le traité transpacifique TPP, qui est un accord de libre échange ambitieux avec les Etats- Unis et beaucoup d'autres pays de la zone, dont par exemple le Canada, le Japon, Singapour, le Vietnam, ou  le Mexique. Mais la nouvelle administration présidentielle aux Etats-Unis a décidé d'abandonner ce traité. Cet accord aurait permis de baisser les tarifs sur les importations de beaucoup de produits, et de renforcer les régulations sur le droit du travail et l'environnement. La Nouvelle Zélande doit donc se contenter d'accords régionaux, de son accord de libre échange avec l'Australie, et de celui signé entre ces pays et ceux de l'ASEAN, et des efforts de promotion du libre échange dans le cadre de l'APEC. 

De manière générale les accords de libre échanges concentrent sur la réduction des tarifs sur les importations,  et impliquent moins de perte de souveraineté qu'un marché commun qui nécessite une harmonisation des normes et des régulations. 

L'Australie

L'Australie a un accord préférentiel de libre échange avec les Etats-Unis, du même type que l'ALENA ou NAFTA. Elle a évidemment un partenariat avec la Nouvelle Zélande. Il y a des pourparlers entre l'UE et l'Australie sur la question de l'opportunité de négocier un accord de libre échange.  Le pays participe aussi à l'APEC. De manière générale la politique du pays est libérale et en faveur du commerce international.

La Corée du Sud

Au départ le pays a utilisé le protectionnisme pour développer ses indiustries, mais s'est ensuite engagé dans le libre échange lorsque de ses entreprises étaient prêtes à affronter la concurrence internationale. La Corée du Sud participe à l'APTA, accord commercial de libre échenage Asie Pacifique, entre autres avec la Chine. Le pays particpe également à l'APEXC. La Corée du Sud a son propre accord de libre échanage avec les Etats-Unis. Elle a également des accords bilatéraux avec l'AELE, l'Union Européenne et certains pays. La Corée négocie également avec l'ASEAN, le Japon et la Chine pour libéraliser davantage le commerce entre les pays concernés.

Le Canada

Le Canada participe évidemment à l'accord de libre échange nord américain avec les Etats Unis, l'ALENA ou NAFTA. Le Canada a récemment conclu un accord de libre échange avec l'Union Européenne, le CETA . Cet accord de nouvelle génération accorde un place importante aux normes sociales et environnementales, mais continue a entretenir la méfiance ce ceux qui critiquent la libéralisation du commerce international en Europe. Le Canada doit maintenant affronter les velléités de la nouvelle administration présidentielle américaine de renégocier le traité nord américain. Le pays a pu garder une indépendance relative en politique étrangère, mais reste très dépendant des Etats Unis sur le plan stratégique.

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