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©Tolga AKMEN / AFP

Cherchez l’erreur

Le Royaume-Uni champion des investissements en capital risque malgré le risque du Brexit

Ernst&Young vient de publier le classement des pays qui devraient être les plus attractifs cette année en terme de fusions-acquisitions. Généralement dominé par les Etats-Unis, ce classement couronne cette année le Royaume-Uni.

Marc Roche

Marc Roche

Marc Roche a été journaliste au Soir, au Quotidien de Paris et au Point, avant de rejoindre l'équipe du Monde. Il publie également dans des journaux britanniques (The Independant, The Guardian) et participe à l'émission Dateline London de la BBC News. Ses écrits concernent principalement les institutions financières (Goldman Sachs) et la monarchie britannique.

Il est notamment l'auteur de Elizabeth II : Une vie, un règne et Elizabeth II : La dernière reine aux éditions La table ronde.

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Atlantico : Ernst&Young vient de publier le classement des pays qui devraient être les plus attractifs cette année en terme de fusions-acquisitions. Généralement dominé par les Etats-Unis, ce classement couronne cette année le Royaume-Uni, malgré un contexte qu’on pensait difficile. Comment l’expliquer ?

Marc Roche : Ce n’est pas étonnant. Le Brexit ne va pas enlever au Royaume-Uni ses avantages certains en terme de finance et d’économie. La City reste la City, le pays bénéficie d’un cadre légal très favorable et connaissant moins la corruption que ses concurrents sur le continent. La main d’oeuvre est très bien formée, particulièrement dans les secteurs clés que sont l’automobile, l’aéronautique et la pharmacie. Les investisseurs étrangers sont donc rassurés. Ils n’ont de toute façon jamais cru au Brexit brutal. Quelle que soit l’issue du Brexit désormais, on sait qu’il sera léger. 

Les temps d’incertitude et de troubles seraient donc passés ?

Exactement. Il y a eu une période d’incertitude et de doutes qui n’a cependant pas entrainé une réelle explosion des délocalisations. Celles-ci sont été très limitées finalement. En ce qui concerne la finance, on parle de 1500 postes depuis 2013, alors que la City compte 1 million d’emplois. Même chose dans l’automobile, où il y a eu des annonces de délocalisation mais qui sont liées à des questions de coûts qui touche tous les pays européens. 

Contrairement aux arguments des remainers, l’idée selon laquelle, en cas de victoire du Brexit, ce serait un désastre économique, il faut constater que l’économie se porte à merveille. 

L’embellie ne serait-elle pas d’une certaine façon d’autant plus spectaculaire qu’elle semble être le contre-pied soudain de cette perspective funeste d’un Brexit désastreux économiquement ?

Il a été aidé par la baisse de la livre sterling, par la dérèglementation du marché du travail, par la précarité de certains emplois. Tout cela, auquel s’annonce tout le soft-power britannique, avec toutes les universités notamment, force est de constater que le Royaume-Uni a préservé ses atouts malgré le Brexit. Et cela remet en cause la thèse selon laquelle on ne peut s’en sortir hors de l’Union européenne. 

Cela montre un certaine imperméabilité entre les troubles importants qui touchent la scène politique britannique et le bon fonctionnement de la scène économique…

Contrairement à la France, la sphère économique britannique n’est pas du tout en symbiose avec le monde politique. Ce sont deux mondes totalement séparés. Les gouvernements passent, de gauche et de droite, et la City et l’économie continue à mener ses affaires sans être particulièrement impactées. 

Même avec les gouvernements de gauche ?

Il est vrai qu’il y a un problème en ce moment, c’est que les milieux d’affaire sont terrorisés par l’idée d’une victoire de Jeremy Corbyn lors des prochaines élections, victoire particulièrement envisageable si le pays venait à avancer des élections prochainement. Ils se disent à rebours que s’il fallait attendre 2022, Jeremy Corbyn serait trop vieux et donc plus dangereux et qu’il est donc essentiel que des élections anticipées ne se fassent pas. Mais reste un autre problème, celui de trouver un leader pour le Parti Conservateur, qui ne soit pas un Brexiter - exit Boris Johnson donc mais un modéré, plutôt Remainer. Ils ont besoin de ce leader pour mener la deuxième partie des négociations, c’est-à-dire les négociations commerciales. Et pour l’instant, cette personne n’a pas été trouvée. 

Sur ce point le leadership conservateur n’est donc pas bien vu ?

Theresa May est condamnée. Elle partira quand un accord avec l’Union européenne sera signé. L’aile des Brexiters n’est pas désirée : on cherche plutôt aujourd’hui une sorte de Blair de droite. Il faut qu’il soit pro-business, conservateur et en même temps avec une fibre sociale. 

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