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Le comportement radical d'Alexis Tsipras n'arrange pas le cas de la Grèce
©Reuters

L'Édito de Jean-Marc Sylvestre

Le comportement radical d'Alexis Tsipras n'arrange pas le cas de la Grèce

C’est cette semaine que les pays de la zone euro doivent trouver une solution pour permettre à la Grèce de tenir en équilibre : mercredi, réunion de la zone euro et jeudi, sommet européen. Problème, les déclarations sans concession du Premier ministre n’arrangent pas la négociation. On a franchi les règles de la politesse.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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La majorité des chefs d’État et de gouvernement n’acceptent plus les déclarations intempestives et irresponsables du Première ministre de la Grèce. Après le roadshow des capitales européennes, Alexis Tsipras a pourtant bien compris qu’il n’avait aucun allié pour défendre le programme qu’il avait proposé à ses électeurs.

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Les chefs d’État ont tous dit à peu près la même chose. Pas question d’accepter que la Grèce ne paie pas ses dettes, pas question que le pays abandonne le programme de réformes structurelles, pas question de revenir sur les engagements qui ont été signés conformément aux traités. Au-delà du fond, les membres de la zone euro n’ont pas accepté que les dirigeants grecs en viennent à leur faire un bras d’honneur en refusant les négociations, en refusant de traiter avec la Troïka. Tout cela pour monter la population grecque contre l’Europe.

Au final, le dernier argument qui consiste à dire que la Grèce a fait assez d’effort, que son équilibre primaire est assuré, revient à raconter des sornettes. Le gouvernement grec essaie de dire à ses partenaires que s’ils n’avaient pas à rembourser la dette, ils s’en sortiraient. C’est une évidence valable pour tout le monde mais les chefs d’État ne veulent plus l’entendre.

On considère, dans les grandes capitales européennes, qu'il faudra évidemment trouver des aménagements pour le paiement des arriérés. Mais encore faut-il que les interlocuteurs grecs se comportent avec responsabilité et ne demandent pas tout et n’importe quoi. Il y a des chiffres et des faits qui limitent la liberté politique.

Tous les pays de la zone euro souhaitent le maintien de la Grèce mais pas au prix de déséquilibrer la construction européenne.

Ce qui inquiète tout le monde désormais, c’est que les chefs d’État ont des raisons de soupçonner les Grecs de chercher des alliés en dehors de la zone euro. Du coup, et on l’a vu bien vu lors du dernier G20 à Istanbul, les Américains d’un côté et les Russes de l’autre, mettent de l’huile sur le feu.

Les deux se permettent d’intervenir dans un dossier qui ne les concerne pas et surtout viennent donner des leçons aux Européens en leur conseillant de respecter le verdict des urnes. Le conseil a été plutôt mal reçu par les Allemands, les Français et les Italiens qui étaient présents à ce G20.

On aura tout vu et tout entendu. Ces grecs sont décidément très forts. Voilà qu'ils nous menacent de basculer hors de l’euro avec la complicité de l’Amérique et celle de Moscou. 

Pour calmer les Grecs, il va falloir que la zone euro affiche une unité et une force politique qu’elle n’a pas pour l’instant.

François Hollande et Angela Merkel, qui se sont retrouvés sur le dossier de l’Ukraine, sont d’accord sur un point : ne pas laisser un autre foyer de désordre se développer au sein même de la zone euro. Dans ces conditions, les Français  et les Allemands sont sans doute tombés d’accord sur une alternative qu'ils vont imposer aux Grecs.

Ou bien, ils acceptent la négociation qui leur a été proposée et qui correspond à la demande du peuple Grec. Ou bien, les dirigeants grecs seront priés de trouver une solution par eux-mêmes, y compris de sortir de l’euro et d’aller courir une aventure très risquée avec l’aide des capitaux russes et de la défense américaine. A ce moment-là, la zone euro risque fort de changer d’histoire.

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