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Le président Emmanuel Macron répond à la presse avant un dîner de travail avec le Premier ministre australien à l'Elysée, le 15 juin 2021.
Le président Emmanuel Macron répond à la presse avant un dîner de travail avec le Premier ministre australien à l'Elysée, le 15 juin 2021.
©THOMAS SAMSON / AFP

Et en même temps

Laïcité & dérives identitaires : l'universalisme affiché par Emmanuel Macron est-il sincère ?

Si Emmanuel Macron et le gouvernement se sont saisis dans les mots du défi du séparatisme, la réalité de l’action gouvernementale est parfois beaucoup plus ambiguë. En renonçant à leur genou à terre, les joueurs de l’équipe de France se sont ainsi montrés plus responsables que la ministre des Sports qui les encourageait à le faire. Quant à « l’islamo-gauchisme » à l’université, Le Point révélait ce mercredi que le CNRS avait refusé le rapport demandé par la ministre de l’Enseignement supérieur.

Céline Pina

Céline Pina

Née en 1970, diplômée de sciences politiques, Céline Pina a été adjointe au maire de Jouy-le-Moutier dans le Val d'Oise jusqu'en 2012 et conseillère régionale Ile-de France jusqu'en décembre 2015, suppléante du député de la Xème circonscription du Val d'Oise.

Elle s'intéresse particulièrement aux questions touchant à la laïcité, à l'égalité, au droit des femmes, à la santé et aux finances sociales et a des affinités particulières pour le travail d'Hannah Arendt.

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Aurélien Marq

Aurélien Marq

Aurélien Marq est haut fonctionnaire et polytechnicien, chargé des questions de sécurité intérieure.

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Atlantico : Dans une tribune publiée dans les colonnes du Monde ("Islamo-gauchisme" : "Au secours, le clivage droite-gauche revient !"), des députés LREM et des ministres proches d’Emmanuel Macron, dont Cédric O, Stanislas Guerini, Elisabeth Moreno et Stéphane Sejourné, refusent le débat entre "contempteurs de l’islamo-gauchisme" et "défenseurs de l’intersectionnalité". Si Emmanuel Macron a su prononcer les mots de "séparatisme" et d’"islamisme", ses paroles ne semblent pas avoir été suivies d’effets. Quand la ministre des Sports soutenait l’initiative des joueurs de l’équipe de France de mettre un genou à terre en soutien à Black Lives Matter, on apprenait dans Le Point que le CNRS a refusé le rapport commandé par la ministre de l’Enseignement supérieur sur l’islamo-gauchisme. La parole d’Emmanuel Macron sur ces sujets est-elle entravée par d’autres acteurs ? Sinon comment expliquer cette différence entre paroles et actions ?

Aurélien Marq : Que le Président de la République ne soit pas totalement libre de faire ce qu’il veut n’est pas forcément un problème : nous ne sommes pas dans une dictature, et même le chef de l’État n’est pas tout-puissant !

Vous avez cependant raison de pointer la différence entre les paroles et les actes, qui dans le cas d’Emmanuel Macron est particulièrement nette, et beaucoup trop importante pour ne pas être la volonté du Président lui-même. Dans une large mesure, s’il n’agit pas c’est parce qu’il ne veut pas agir.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une grande partie de ses déclarations relève uniquement d’une stratégie marketing. Emmanuel Macron voit la société française comme un patchwork de parts de marché (électoral) à conquérir. Tel un publicitaire, il accumule les slogans et les annonces pour attirer le client : peu importe que ses déclarations soient incohérentes, pourvu que tout le monde puisse en trouver au moins une qui lui fasse se dire « au fond, il fait quand même des choses bien. » Sauf que la plupart du temps, il ne fait pas ! Il annonce, promet, gagne du temps, attend que le buzz médiatique soit retombé, et fait finalement tout autre chose que ce qu’il avait annoncé.

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Par bien des côtés, la ministre des Sports approuvant la volonté de l’équipe de France de s’agenouiller en signe de soumission à Black Lives Matter, c’est la même chose que Louboutin passant un contrat avec Assa Traoré. Une co-fondatrice de BLM qui se dit marxiste a préféré s’acheter une villa à 1,4 millions de dollars plutôt que d’utiliser cet argent pour sauver des vies, des lives, black ou autres, qui tout un coup matter beaucoup moins que sa soif de luxe. Tout est dit.

Vous pouvez aussi y voir dans ce « en même temps » une logique typique de Bercy, qui jongle avec d’innombrables taxes et un labyrinthe de niches fiscales créées ou supprimées au coup par coup, sans vrai souci de justice ni d’équité, sans véritable but au-delà de la prochaine loi de finances, une logique administrative et tactique plutôt que politique et stratégique.

Pour autant, ce serait une erreur de croire que le projet macronien n’aurait aucune colonne vertébrale : celle-ci n’est ni plus ni moins que l’américanisation à marche forcée de la société française. J’ignore en revanche si Emmanuel Macron est sincèrement convaincu de la supériorité de ce modèle sur le nôtre, ou s’il croit que cette américanisation est rendue inévitable par la mondialisation et que la France n’a pas d’autre choix que de s’y soumettre.

Céline Pina : Le problème du pouvoir macronien est qu’il est faible et a très peu de relais dans la société. Du coup, quand il se positionne sur des sujets sensibles, il a peur d’être rattrapé par la patrouille du gauchisme culturel et d’être traité d « ’islamophobe », de raciste. Alors il se met frénétiquement à donner des gages aux islamogauchistes, abattant de sa main gauche ce que sa main droite avait mise en place. Illisibilité et insécurité sont donc les deux mamelles de son action. De fait il ne produit aucune doctrine et les institutions n’ont aucun guide pour agir. Par exemple, alors que l’islamo-gauchisme est une réalité qui fait des dégâts à l’université et dont Sciences-po Grenoble vient d’illustrer la violence, le président laisse sa ministre se faire humilier par la direction du CNRS et la Conference des Présidents d’université sur cette question. Ceux-ci ont décidé que l’islamogauchisme ne correspondait à aucune réalité scientifique. Peu importe que le terme ait été renseigné et défini par Pierre-André Taguieff, peu importe que la sociologie et d’autres domaines soient tellement gangrénés que derrière la mise en avant de la liberté académique, on ne trouve que l’entrisme sans complexe d’idéologies militantes. La situation à l’Institut d’Etudes politiques de Grenoble a montré ce que cette idéologie pouvait faire au sein des institutions et comment l’incapacité de la direction d’assumer son rôle et de poser des limites avait entraîné des débordements violents. Cet IEP y a perdu toute crédibilité. Le rapport d’inspection parle notamment de climat de peur, de harcèlement et d’une forme de chantage exercé sur les étudiants et les professeurs par un syndicat aux méthodes fascisante. Mais d’après le CNRS, rien de tout cela n’existe et l’islamogauchisme est juste une arme de méchant d’extrême-droite pour attaquer les musulmans et les racialistes.

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La Conférence des Présidents d’Université va même plus loin. Emporté par leur délire de censure ils décrétent que l’islamogauchisme est «  une pseudo-notion dont on chercherait en vain un commencement de définition scientifique, et qu’il conviendrait de laisser, sinon aux animateurs de Cnews, plus largement, à l’extrême droite qui l’a popularisé. ». Ces gens qui ne représentent personne et n’ont aucune légitimité démocratique se permettent ainsi de juger ce qui est légitime ou non dans le débat public et diabolisent un mot et ceux qui l’emploient alors qu’eux-mêmes sombrent dans le militantisme. Le président du CNRS est par exemple un fervent partisan de la lecture décoloniale. Pour lui, « La “race” devient la nouvelle grille de lecture du monde » et il le fait avec l’enthousiasme du tout nouveau converti. Il faut dire que Pascal Petit ne connait rien à ces questions, il est mathématicien…

La CPU comme la direction du CNRS sont sortis de leur rôle et ont pris le pouvoir politique. Le problème est qu’ils n’ont aucune légitimité pour cela. Mais ils l’ont fait aussi car en face il n’y a rien. La ministre n’est sans doute pas le couteau le plus affuté du tiroir politique et il fallait manquer totalement de discernement pour demander au CNRS, gangrené par le militantisme islamiste et gauchiste d’enquêter sur des turpitudes qui ressemblent aux siennes. Ce rôle incombait au ministère. Sauf que les ministres ne veulent prendre aucune responsabilité ni aucun risque. Quand les choses se tendent ils jouent au mistigri. Résultat : tout le monde a compris que rien ne serait fait à l’université et les islamistes accentuent la pression puisque l’on a de plus en plus de thèses de complaisance. L’Observatoire du décolonialisme, monté par des universitaires inquiets des dérives de la recherche en sciences sociales ont constaté que l’on peut aujourd'hui « soutenir une thèse historiographique sur un théologien des Frères musulmans recherché par Interpol ou écrire des articles relayant ses idées dans des revues savantes. ». Il faut dire que l’estampille CNRS vous ouvre les portes de la télévision et vous dote d’une aura de légitimité scientifique qui permet à un militant de faire passer de la propagande pour de la science et de brandir l’argument d’autorité « chercheur au CNRS » pour museler toute parole dissidente. C’est aussi pour cela que l’université est une cible pour les islamistes.

Dans un Etat qui fonctionnerait normalement, qu’une institution universitaire fasse la leçon au gouvernement en sortant de ses prérogatives et sur un ton tout sauf correct aurait dû provoquer une réaction. Là non, le président a laissé des personnalités sans légitimité s’arroger des droits politiques et s’essuyer les pieds sur la ministre. Et tout le monde a compris que les sciences sociales sont abandonnées à l’offensive islamiste et racialiste.

Dans la réalité du terrain, comment se concrétise ce double discours ?

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Aurélien Marq : Sur le terrain, l’incohérence entre les paroles et les actes peut déstabiliser certains acteurs, mais les directives données, elles, sont cohérentes : c’est la mise en place progressive de cette américanisation.

Vous évoquiez la laïcité : le gouvernement a certes dissous le tristement célèbre Observatoire de la Laïcité, mais n’a jamais rien fait pour l’empêcher de diffuser – notamment dans les établissements scolaires – une vision résolument communautariste qui n’a rien à voir avec la laïcité. Avec Baubérot et consorts, l’OdL a propagé une idéologie qui, de facto, subordonne la liberté de conscience des individus à la liberté de culte des groupes, et se présente comme une laïcité « d’apaisement », alors que la vraie laïcité a au contraire pour but d’arracher les individus à l’emprise des groupes, et que la loi de 1905 a été imposée par la force – on se souvient des affrontements parfois très violents au moment des inventaires des biens du clergé.

Je rappelle aussi la très révélatrice déclaration d’Emmanuel Macron : « il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse » alors qu’en réalité il y a une diversité de terroirs et de particularismes, certes, mais unis par des fondamentaux culturels partagés. Contrairement à ce que semble parfois croire le président, on ne peut pas définir la France comme étant seulement « l’ensemble des territoires soumis à l’impôt par Bercy et avides de ses subventions ».

Autre anecdote : dans un grand ministère régalien, la définition de la « radicalisation » utilisée pour la formation des agents est celle de Farhad Khosrokhavar…. qui considère que ce sont la laïcité et l’attachement français au droit au blasphème qui sont responsables de la mort de Samuel Paty, et non l’islamisme ! Étrange choix de référence d’un point de vue français, mais parfaitement en phase avec le point de vue américain, et plus précisément le point de vue « progressiste » américain (ce n’est pas encore tout à fait le wokisme, mais on s’en approche, et c’est en tout cas résolument multiculturaliste).

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Céline Pina : Ce double discours aboutit à la stratégie du « pas de vague » et à l’incapacité de réagir face à la déstabilisation politique. Prenons l’exemple de la loi portant sur le separatisme. Elle a été ainsi dynamité de l’intérieur par l’exécutif qui la propose. Le voile est un signe sexiste et un des marqueurs du séparatisme, c’est pourquoi les frères musulmans veulent l’imposer partout. Et bien le gouvernement a fait sauter les amendements des Républicains portant sur l’interdiction du burkini dans les piscines et le refus d’accepter que des femmes en hidjab accompagnent les sorties scolaires. Afficher par devant la lutte contre le séparatisme et finir par autoriser dans la loi les marqueurs qui le répandent, ce n’est pas du « en même temps », cela s’appelle prendre le peuple pour un imbécile. Cela désarme les institutions, affaiblit l’état et fait que le peuple se sent abandonné. Ce flou permanent et ce mépris de la clarté à l’heure où montent tous les dangers nourrit une angoisse profonde et le vote aux extrêmes. Comme l’extrême gauche est inféodé à l’islamisme, c’est l’extrême droite qui tire son épingle du jeu. Mais elle est surtout puissante car le pouvoir actuel est incapable de répondre à l’insécurité culturelle des Français.

Sur le front de la laïcité ou des dérives identitaires, la doctrine du "en-même temps" macronien est-elle encore de mise au niveau des valeurs ? Quels en sont les risques ?

Aurélien Marq : Les risques sont immenses : le « en-même temps » consiste à donner des gages à chacun tout en essayant de ne froisser personne, ou plus exactement de ne surtout pas froisser ceux qui crient le plus fort, donc les minorités agissantes…. et vagissantes. Et parmi ces minorités, il y a bien évidemment les islamistes, les soi-disant « antiracistes » obsédés par la couleur de peau, et ainsi de suite.

L’une des conséquences pratiques de cette attitude est que le gouvernement ne parvient pas à lutter contre l’islamisme et se contente de lutter contre le jihadisme, qui n’est pourtant que le bras armé de l’islamisme. Face à l’entrisme médiatique, culturel et politique des islamistes, face au « jihad judiciaire », face aux pressions dans le monde de l’entreprise, la majorité actuelle est d’une passivité terrifiante.

La situation de la jeune Mila l’illustre tragiquement : en un peu plus d’un an elle aurait reçu plus de 100.000 menaces de viol et de mort, et le gouvernement se félicite qu’une quinzaine de personnes aient été ou soient jugées pour ça ! Une condamnation à Malte, une à Auch, treize prévenus en ce moment en attente de jugement. C’est dérisoire ! Et qu’on ne vienne pas prétendre que la raison de ce fiasco serait la difficulté à identifier ceux qui harcèlent Mila, ou leurs complices idéologiques. Le délégué général du CFCM, Abdallah Zekri, qui avait déclaré publiquement que Mila l’avait « bien cherché » a-t-il été sanctionné ? Non. Le CFCM a-t-il été sanctionné ? Non. Tout ça pour ne pas « stigmatiser ». C’est un échec total, une déroute absolue.

En matière de valeurs, le macronisme tourne le dos à l’idéal dit « républicain », mais en réalité surtout gaullien et issu du Conseil National de la Résistance, d’une nation de citoyens débattant librement de la recherche du bien commun, pour le remplacer par la juxtaposition des égoïsmes de communautés dont chacune ne défendrait que ses intérêts propres dans un perpétuel rapport de forces contre les autres.

Un dernier point : vous parlez de « dérives identitaires », mais attention à ne pas tout mettre sur le même plan, et notamment à ne pas croire que la défense d’une identité culturelle serait similaire à l’exaltation d’identités raciales. La différence, et le fait de nous définir comme une culture et non comme une « race », nous viennent de Rome, et avant elle de l’empire d’Alexandre et d’Athènes. C’est une distinction fondatrice de notre civilisation. Quand à l’identité, seuls le néant et le chaos n’ont pas d’identité. Proclamer par exemple que la France garantit la liberté de conscience, et qu’elle donne les mêmes droits à tous ses citoyens quels que soient leur couleur de peau, leur sexe ou leur orientation sexuelle, et plus encore : qu’elle leur donne les mêmes droits et les considère tous comme égaux pourvu qu’ils adoptent sa culture et son art de vivre, en se moquant éperdument de leurs couleur de peau, sexe et orientation sexuelle, c’est dire ce que nous sommes en tant que Nation, et dire aussi ce que nous ne sommes pas. C’est donc éminemment identitaire, et c’est plus nécessaire que jamais. Il n’y a rien de mal à affirmer que nous sommes attachés à cette identité française d’un peuple libre et souverain défini par sa culture, uni dans la recherche du bien commun par le débat politique contradictoire, un peuple qui refuse aussi bien la soumission à l’arbitraire religieux islamiste que les obsessions raciales du soi-disant « progressisme », et la fragmentation en « communautés » trop susceptibles pour faire face au débat contradictoire et incapables de dépasser l’opposition des égoïsmes pour tendre vers le bien commun.

Céline Pina : Le « en même temps » macronien est un défilement permanent face à la responsabilité. Or quand on est un politique, on n’est pas seulement là pour veiller à l’équilibre du budget de l’état, on incarne un peuple et un pays dans son histoire et ses valeurs. Exercer le pouvoir c’est dire ce que l’on pense bon ou juste pour un pays, c’est assumer une orientation, des principes et des idéaux parce qu’on les trouve meilleurs. Tout ne se vaut pas. Par exemple choisir l’égalité entre les êtres humains est un vrai choix. De l’autre côté de la Méditerranée ce choix est rejeté. Or on ne peut pas faire vivre deux peuples avec deux lois sur le même sol. Pour éviter cela, on peut soit refuser tout étranger, mais c’est fort peu réaliste, soit imposer que les immigrés s’assimilent à la culture et au pays qu’ils veulent intégrer.

Pour cela il faut être clair sur le rôle de l’école et des institutions : elles ne sont pas neutres et ne l’ont jamais été. Elles transmettent nos idéaux et principes et sont adossées sur une civilisation particulière même si elle tend à mettre en œuvre des valeurs universelles. Si ce travail n’est pas fait, les liens sociaux se distendent. Si cette faiblesse devient trop importante, alors le pays est attaqué car il est vu comme susceptible de basculer vers autre chose. Actuellement ce sont les islamistes qui sont à l’offensive. Eux poursuivent leur rêve d’un empire régi par la charia. S’ils sont aussi performant politiquement et aussi influents c’est qu’ils ont envers leurs fidèles, un discours clair et qu’ils agissent. Par le meurtre (Charlie, Samuel Paty) ou la persécution (Mila), ils ont imposé l’interdiction du blasphème et aujourd’hui les témoignages s’accumulent de professeurs qui préfèrent se censurer. Pourquoi ? parce que dans les têtes, on a de plus en plus de chance si on fait usage de certaines libertés d’être attaqué par un islamiste que protégé par son gouvernement. La persécution de Mila en témoigne comme le fort sentiment de magouille que l’on peut ressentir devant un procès où sur des centaines de milliers de mails horribles on ne trouve que 13 clampins à juger, alors que l’on sait très bien que ce type de harcèlement démarre toujours de comptes d’influenceurs et de comptes communautaires. Pire même devant le nouveau harcèlement de Mila, quel silence assourdissant de ce gouvernement. Sauf que Mila ce pourrait être nous, ou notre enfant. C’est une enfant de la France. Ce pouvoir n’en est même pas conscient et ne comprend pas qu’à travers Mila c’est sa désertion face à la mitraille que nous vivons. Les risques, nous sommes aussi en train de les vivre : perte de foi en l’action publique, montée des violences et des ressentiments, perte de confiance dans les hommes politiques, désertion des élections, situation pré-émeutière et montée de l’extrême-droite. Les responsabilités : celles d’Emmanuel Macron sont immenses. Il a tué l’ancien monde mais ne lui aura substitué que son zombie. Incapable de proposer un chemin, il préfère faire monter Marine Le Pen pour garder le pouvoir plutôt que de se battre pour son pays. Et pour cela, ce « en même temps » qui permet de tenir tous les discours possibles sans jamais choisir une direction, s’il est dramatique pour le pays se révèle fort rentable pour le président.

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