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La vie après les GJ ? Possible de la reprendre ?
©GEORGES GOBET / AFP

LES ENTREPRENEURS PARLENT AUX FRANÇAIS

La vie après les GJ ? Possible de la reprendre ?

Les fêtes arrivent, le jaune n’est pas sa couleur symbolique. Il serait temps d’en changer. Nous n’avions pas réalisé autant de conquêtes technologiques depuis 50 ans pour subir un téléviseur uni chrome !

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Je n’ai pas allumé ma télé depuis 15 jours, et je ne m’en sens pas plus mal. Déconnecté ? Suffisant ? Elitiste et arrogant ? Indifférent au « peuple », dont j’ai appris grâce à ce mouvement que 300 000 personnes représentaient la France, qui je le rappelle est composée de 68M de personnes. On parle de révolution et de détresse, manifestée par 0,5% des Français. Devraient on en déduire que 99,5% des Français sont heureux de leur sort ? Y compris ceux qui un café à la main, au chaud dans leur canapé, se sentaient solidaires de ces gens surgelés sur les rond points de France. Pour les journalistes de Charlie, 1M de personnes était descendues dans la rue. Pour un peuple qui serait en train de mourir, seulement 300 000. J’ai toujours du mal à adhérer au concept. Désolé. La presse a peiné, en trouvant n’importe quel philosophe, insoumis ou économiste en manque de visibilité pour remplir ses plateaux de commentaires aussi vides que convenus. Rien à dire et ils l’ont dit tout le temps !

Alors que faire maintenant ? Permettre enfin aux commerçants dont certains ont vu leur saison ruinée, de tenter de faire quelques ventes pour Noël ? Permettre à ceux qui profitent de cette période de faire quelques extras pour s’en sortir, d’essayer de gagner 3 sous ? Reprendre le rythme des réformes et laisser la raison reprendre le pouvoir ? Oublier et passer à autre chose ? Lancer une campagne pour que tous les touristes qui ont annulé leur venue en France, à un moment où nous avons tellement besoin de l’argent de ceux qui ont encore de la croissance ? Réfléchir autrement l’avenir  et à la société que nous sommes en train de construire ?

Un peu tout mon Général. Les priorités devraient être les suivantes :

Expliquer aux français ce qu’est l’Etat et son budget. L’Etat n’a pas d’argent. C’est le nôtre. Et nous n’en avons pas assez. Nous sommes endettés. Surtaxés. Donc demander de renoncer à faire un effort de plus, c’est renoncer à sortir du cycle infernal qui justement plonge les peuples occidentaux dans la misère. Pas seulement la France, et d’ailleurs, la France plutôt moins que les autres. Nous sommes le pays qui a l’un des systèmes de protection sociale le plus protecteur. Nos gilets jaunes doivent très vite comprendre qu’eux aussi doivent participer au redressement de la France. Même si cela fait mal. Cela fera encore plus mal demain si l’on ne fait rien. Et nous expliquer que les riches doivent payer, trop tard, c’est déjà fait. Ce sont eux qui paient le plus. Pisani Ferry rappelait cette semaine dans le Point que 82% des milliards dégagés pour le social sont partis vers le « bas »de la pyramide. Oui la redistribution s’effectue bien et au bon endroit.

Ensuite, il faut expliquer, que favoriser les actifs, les entrepreneurs, inciter les « riches » et les entreprises à investir dans notre pays, ce n’est pas un cadeau fait aux riches, mais un avenir offert aux pauvres. Seulement il faudra que les mesures prises le soient principalement pour les PME. Les mesures d’allégement sur le droit du travail ou la fiscalité, pour les grands groupes, n’auront aucun impact sur l’emploi. Leur croissance se fait ailleurs, et rien n’y changera. Le seul espoir de croissance ce sont les PME, qui a elle seule pourraient « débloquer » des centaines de milliers d’emplois. Un entrepreneur n’est pas un riche, il gagne plutôt moins que les salariés, avec une protection sociale bien inférieure à celle des GJ.

Enfin, prendre des mesures qui présentent la France comme un pays accueillant pour le capital étranger, ce n’est pas se vendre à l’argent, c’est en profiter au profit des Français, dont les GJ. Où pensons nous que se fabrique l’emploi ? Qu’il pousse spontanément grâce à l’Etat providence et ses petites graines et subventions?

Enfin, il faut expliquer d’urgence à l’Etat que l’avenir de la France dépend de 2 facteurs. Le premier étant sa capacité à réformer l’Etat, et non la dépense publique. Comment distribue t-il ses services, qui le dirige et comment en alléger la structure. Sans réforme de l’Etat, sans accroître son efficacité, aucune réforme n’aura d’impact majeur. Le second, consiste à s’emparer de l’avenir. L’avenir c’est la data et l’IA. Si nous ne savons pas emprunter le chemin numérique, nous prendrons le chemin du cimetière. Cela se passera à l’échelle de l’Europe ou rien. Et ce n’est pas la RGPD qui va nous sauver, mais plutôt accélérer notre péril.

Les gilets jaunes ont bien compris en revanche, que leur avenir leur tournait le dos. Ils l’expriment avec leurs mots, sans compréhension articulée et avec les mauvaises solutions, mais fondamentalement ils ont raison sur le constat. Les territoires sont abandonnés, les hommes et l’emploi ne sont plus en vogue, et l’Europe n’aura plus de croissance. Ils glissent et s’enfoncent dans ces sables trop mouvants. Si nous ne savons pas relever le défi, le monde sera jaune bientôt, si jaune est la couleur de la poussière.

 

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