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Riyad al-Malki, ministre des Affaires étrangères de Mahmoud Abbas, lors de la session d'adhésion de la Palestine à l'Unesco : "Le prochain coup, on fait comme les Français et on demande l'inscription du hoummous au patrimoine culturel mondial..."
Riyad al-Malki, ministre des Affaires étrangères de Mahmoud Abbas, lors de la session d'adhésion de la Palestine à l'Unesco : "Le prochain coup, on fait comme les Français et on demande l'inscription du hoummous au patrimoine culturel mondial..."
©Reuters

Zone franche

La Palestine à l'Unesco : un petit pas en avant, c'est mieux qu’un grand bond dans le n’importe quoi...

La France avait raison de freiner l’adhésion de la Palestine à l’ONU. Elle ne se trompe pas en votant pour son intégration à l’Unesco.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Je dois être mûr pour devenir ministre des Affaires étrangères : je suis en totale adhésion avec la position de la France sur la question de la reconnaissance de la Palestine par l’Unesco !

J’étais déjà pas mal en phase sur la Libye et la Côte d’Ivoire, alors c’est peut-être en train de devenir une habitude. Qui sait, si je renonce à me présenter à la présidentielle et que je mène correctement ma barque façon Villepin, le Quai, ses grosses berlines et ses cartes Frequent flyer sont à ma portée…

Comme la France, j’avais des doutes sur une reconnaissance pleine et entière d’un nouvel État par l’ONU le mois dernier. Il faut bien que les choses avancent, mais trop de questions restent en suspens (Jérusalem, la marge de manœuvre des uns et des autres sur les frontières et les éventuels échanges de territoires, le retour des réfugiés…) pour qu’une telle initiative ne provoque pas de nouveaux dérapages.

De fait, l’idée d’un statut d’observateur sur le modèle de celui du Vatican me convenait tout à fait, signalant l’inévitabilité de la création d’une nation souveraine en Cisjordanie et à Gaza, mais ne prétendant pas qu’une situation de cette nature se résoudra parce qu’une tripotée de dictatures hostiles à l’existence même d’Israël appuient simultanément sur le bouton « yes ».

L’Unesco, c’est différent. Ou plutôt, c’est la même chose. L’adhésion des Palestiniens à une organisation dont le boulot est essentiellement de délivrer des certificats d’AOC à des sites archéologiques ou des parcs naturels, quand ce n’est pas à des pratiques gastronomiques, c’est le moyen d’enfoncer le clou d’une légitimité nationale sans pour autant aller trop vite sur les sujets littéralement explosifs.

Bon, d'accord, ce coup-ci, la France a voté « oui » (l’Unesco, c’est dans la langue de Molière que ça grenouille) au côté des dictatures inconditionnellement hostiles à Israël citées plus haut mais, dans la vie, il faut parfois faire des trucs d’une main en se bouchant le nez de l’autre.

Ça s’appelle la diplomatie (quand je vous dis que je suis mûr pour un portefeuille !).

Les Américains, eux, ont voté contre, mais c’est parce qu’ils manquent de subtilité et continuent d’aller vers l’Orient compliqué avec des idées simples alors qu’ils devraient avoir appris leur leçon depuis le temps. D’ailleurs, si je ne décroche pas un job de ministre dans le prochain gouvernement, je veux bien un poste d’ambassadeur aux États-Unis pour leur donner quelques leçons d’approche gauloise des affaires du monde.

Oui, c'est bien aussi, ambassadeur.

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