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Nicolas Sarkozy est mis en examen pour corruption.
Nicolas Sarkozy est mis en examen pour corruption.
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Hallali !

La curée contre Sarkozy : MM. Fillon et Juppé vous attendez donc qu’on lui fasse la peau ?

Scènes de chasse en Hollandie. Du grand spectacle. Mais certains spectateurs sont plus intéressants que d’autres.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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La chasse bat son plein. Une chasse à courre dans toutes les règles de l’art. Rien n’y manque. Il y a la meute. Les piqueurs. Les rabatteurs. Les nobles chasseurs. Dans tous ces rôles des hommes politiques, des journaux et le plus important des juges. Ces derniers sont - on ne se lasse pas de nous le répéter - indépendants. Certes... mais pas indépendants de leurs passions politiques.

La bête traquée est coriace. Pourtant on a déjà beaucoup essayé contre elle. L'affaire Karachi ? Ca n’a pas marché. Il a fallu se rabattre sur du gibier négligeable genre Balladur et Léotard. L’affaire Bettencourt ? Certes, la vielle dame a sans doute financé l’UMP. Mais aurait-on voulu qu’elle finance Olivier Besancenot ? Ca n’a pas marché non plus. Et à son grand regret le juge Gentil, un magistrat combatif s’il en est, a dû se résoudre à remettre dans son grenier le cor avec lequel il s'apprêtait à sonner le Hallali.

L’affaire des financements libyens ? C’est très mal parti aussi. Reste l’inculpation pour corruption active qui, n’en doutons pas, n’a pas fait de bien à la bête chassée. Mais celle-ci est réputée coriace, et un animal blessé peut encore être redoutable. On a pu en avoir un aperçu hier soir sur TF1 : la bête a montré ses crocs et ses griffes. L’issue de la chasse à courre est donc incertaine.

Mais une chasse à courre ne serait pas complète s’il n’y avait pas les figurants : les paysans, les vilains, les manants. Ils se tiennent en lisière de la forêt et attendent que les seigneurs, une fois la bête abattue et rôtie, leur jettent quelques morceaux de bidoche. A côté d’eux (mais pas avec eux car ils ne se mélangent avec la vile populace) deux hommes : MM. Fillon et Juppé.

Ils portent des gants blancs que jamais ils ne tremperont dans le sang. C’est pourquoi il est tout à fait exclu qu’ils aillent crier « Taïaut, Taïaut ! » avec les chasseurs. Et contrairement aux manants, ils se gardent bien de mordre dans la bidoche. Mais leur bonne éducation ne les empêche pas de humer avec délectation le fumet de la viande grillée.

Quelques incurables auraient pu espérer que MM. Fillon et Juppé trouveraient quelques mots de compassion pour l’animal qui est quand même de leur famille. Il eut été en effet digne, voir élégant, qu’ils s'étonnent de l’acharnement des chasseurs. Que nenni. Les mots et les silences des deux prétendants à la présidentielle de 2017 se résument en fait assez facilement : « faut voir ».

A défaut de les approuver on peut toutefois essayer de les comprendre. L’un et l’autre savent qu'en 2017 n’importe quel candidat de droite serait élu face à n’importe quel candidat de gauche. La droite présenterait-elle un affreux Quasimodo contre une sublime Esméralda de gauche que cette dernière serait battue. Or, de Quasimodo, MM. Fillon et Juppé ont quelque chose : sa laideur... au sens moral, cela s’entend.

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