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Depuis 2008, l'activisme des banques centrales a profité aux marchés actions.
Depuis 2008, l'activisme des banques centrales a profité aux marchés actions.
©Reuters

Decod'Eco

L’Etat et la monnaie : deux mythes à la dent dure

L'Etat et la monnaie sont souvent présentés comme deux "piliers" de la société du XXIème siècle, mais l'épargnant individuel ferait bien de s'en méfier.

Simone Wapler

Simone Wapler

Simone Wapler est rédactrice en Chef des Publications Agora (analyses et conseils financiers).

Elle est l'auteur de "Comment l'Etat va faire main basse sur votre argent: ... et ce que vous devez faire pour vous en sortir !", paru chez Ixelles Editions en mars 2013.

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Les mythes sont utiles aux sociétés, ils participent à leur cohésion. En ce début du XXIème siècle, deux mythes sont intouchables : les banques centrales savent "créer de la croissance" et même récemment "créer de l'emploi" et l'Etat "investit". Si vous allez à l'encontre de ces deux légendes, vous êtes immédiatement étiqueté comme trublion, asocial, marginal.

Les banques centrales manipulent pour le compte de leurs gouvernements et des banques commerciales un instrument très précieux qui devrait être un bien collectif : la monnaie. Elles font croire que la croissance du crédit, de la base monétaire et de la masse monétaire correspond à de la croissance de richesse. Ce n'est évidemment pas vrai, en tout cas pas pour vous et moi. Mais ces procédés enfument l'investisseur, l'entrepreneur, le contribuable, le consommateur que nous sommes.

Depuis 2008, l'activisme des banques centrales a profité aux marchés actions, donc aux banques qui ont pu se refaire une peau avec leurs activités de trading pour compte propre et aux obligations souveraines donc aux gouvernements dispendieux. Pour l'entrepreneur, le contribuable, le consommateur, le résultat est au mieux nul. La véritable activité économique – celle du secteur privé – ne repart pas.

Un autre mythe a la dent dure...

Deuxième mythe, répandu surtout en France : l'Etat investit. De tout investissement, on est en droit d'attendre un jour un retour sur investissement. Que constate-t-on ? Que les dettes publiques grossissent éternellement. Le retour sur investissement ne vient jamais.

C'est normal, il ne s'agit pas d'investissement mais de dépenses. L'Etat ne peut investir puisque ses missions régaliennes (police, justice, diplomatie et éventuellement armée) ne peuvent être des activités lucratives. En dehors de ces missions régaliennes, l'Etat se substitue au secteur privé pour délivrer des services qui ne pourraient pas être rentables s'ils étaient assumés par le secteur privé, notamment certaines infrastructures. Les privatisations sont donc une excellente chose pour les contribuables et consommateurs, neutres pour les entrepreneurs.

* cotée seulement depuis 2011

Source Le Figaro

Cinq parcours boursiers affligeants depuis 2008. L'Etat est également mauvais actionnaire. Le seul qui s'en tire est Safran, né du mariage de la carpe privée SAGEM et du lapin public SNECMA. La SNECMA était une entreprise publique qui se frottait à la concurrence internationale et dont le gros de l'activité provenait de la fabrication du moteur aéronautique CFM56 (qui équipe les Airbus) produit dans un joint-venture avec General Electric.

Ce qu'il faut en conclure :

  • Ce n'est jamais une bonne idée d'investir sur des mythes.

  • Ce n'est jamais une bonne idée d'investir dans des entreprises dans lesquelles l'Etat est actionnaire.

  • Ce n'est pas une bonne idée de penser "tant que les banques centrales impriment de la monnaie, les actions ne risquent rien".

Un cours de Bourse est d'abord et avant tout la projection de résultats futurs. Il est infiniment plus facile pour une entreprise d'augmenter son résultat si elle est sur un secteur en croissance. Les indices manufacturiers sont mauvais avec les Etats-Unis et la Chine tout juste au-dessus de la ligne de dépression (50,7 et 50,6 respectivement, la limite étant 50) et une Europe déjà en dépression (46,7) depuis 18 mois.

Les marges de la plupart des entreprises restent encore bonnes (+ 4,7% en moyenne pour les entreprises du S&P 500 contre + 6,3% au trimestre précédent) mais les chiffres d'affaires ne progressent presque pas (+ 0,1% pour le S&P 500 et en Europe, 44% des entreprises ont vu leurs ventes diminuer).

La situation est donc très instable...

Imprimer de l'argent n'a jamais enrichi. Reste à redécouvrir ce principe de base – dans la douleur.

[Retrouvez Simone Wapler en direct le 24 mai prochain, accompagnée de nombreux spécialistes du patrimoine et de l'investissement, pour une journée exceptionnelle entièrement consacrée à l'épargne et au rendement. Pour plus d'informations, continuez votre lecture]

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