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Jérusalem capitale d’un État juif ? Oui bien sûr mais il faudra quand même en laisser un morceau aux Palestiniens !
©Thomas COEX / AFP

Si je t’oublie…

Jérusalem capitale d’un État juif ? Oui bien sûr mais il faudra quand même en laisser un morceau aux Palestiniens !

La décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël soulève un concert d’indignations. Une unanimité bien suspecte...

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Depuis toujours la ville de Jérusalem est fusionnellement liée à l’histoire du peuple juif. Depuis toujours, sans jamais s’en lasser, les Juifs psalmodiaient une prière qui valait certificat d’identité : « Jérusalem si je t’oublie, que ma main se dessèche ». Depuis peu, le drapeau Israélien flotte sur la totalité de la ville.

Jérusalem a un prix : celui des larmes et du sang versé. Et ce prix, les Juifs israéliens l’ont abondamment payé. En 1948, quand la Haganah défendait la vieille ville contre les assauts de la Légion Arabe, encadrée par des officiers britanniques, les combattants juifs sont tombés par centaines. Et ils ont été vaincus. En 1967, au prix là aussi de centaines de morts, les soldats israéliens ont pris la ville et ont pu accéder au mur des Lamentations interdit aux Juifs par les autorités jordaniennes.

C’est une situation de fait. Et même si évidemment, elle ne crée pas le droit, c’est elle qui fait l’Histoire. Cette dernière est une déesse cruelle. Elle avance toujours dans la violence et dans la fureur. Les proclamations indignées, les résolutions des organismes internationaux ne sont que peu de poids face à elle.

Pendant deux siècles, l’Alsace-Lorraine terre germanique, a été française. Elle a cessé de l’être en 1871 après la défaite de Sedan. Et elle a été allemande jusqu’en 1918. La victoire de nos armes l’a alors rendue à la France. Notre défaite en 1940 a fait qu’elle a de nouveau été incorporée à l’Allemagne. Mais en 1945, Hitler vaincu, elle nous est revenue. L’Histoire c’est ça. Généreuse avec les vainqueurs, impitoyable avec les vaincus.

Tout le reste n’est que pathétiques gesticulations sur les planches d’un théâtre nommé monde. C’est pourquoi l’unanimité des réactions –de Macron au Hamas– a quelque chose de pitoyable. Cracher sur Trump et Nétanyahou, ça ne mange pas de pain et ça peut rapporter quelques dividendes auprès des populations arabes et musulmanes. Il y a bien d’autres choses à dire. Mais pour ça, il faut de la lucidité et de l’honnêteté.

Donald Trump ne cherche pas à faire plaisir aux Israéliens mais aux évangélistes américains, sa plus fidèle base électorale. Ces derniers sont plus juifs que les plus juifs des Juifs, plus sionistes que les plus sionistes des sionistes. Telles sont ses raisons et ce ne sont pas les meilleures.

C’est aux dirigeants israéliens d’être sages. Froidement et en oubliant un peu la prière millénaire des Juifs. Il y a à Jérusalem des centaines de milliers d’Arabes. Ils jouissent d’un statut privilégié qui ne les encourage pas à devenir citoyens d’une Palestine dont la naissance est souhaitable. Il n’est pas possible, pour des raisons démographiques (Palestiniens sous contrôle israélien, Arabes israéliens) que les Arabes de Jérusalem n’aient pas un morceau symbolique de la ville. Paris vaut bien une messe avait dit Henri IV.

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