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©SAUL LOEB / AFP

Faut aller de l'avant

Intersectionnalité : petit manuel pratique pour les nuls

Considérez qu'il s'agit d'un passeport progressiste. 

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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J'ai une amie qui, la malheureuse, s'est mis en tête d'obtenir un master de sociologie. C'est une femme et on sait que les femmes sont folles ! Elle vient de m'appeler en larmes : "on m'a demandé d'écrire un truc sur l'intersectionnalité : j'y comprends rien, j'abandonne". Bien qu'elle soit incurablement réactionnaire, j'ai décidé de lui venir en aide. 
 
L'intersectionnalité, comme cette pauvre fille l'ignore et comme chacun devrait le savoir, consiste à s'intéresser aux personnes qui souffrent de plusieurs oppressions en même temps et à la fois. Pour mon amie, je vais commencer par le b.a.-b.a.
 
Prenons le cas du cheval. Ce noble animal a depuis la nuit des temps vécu des choses abominables. Pendant des siècles, sans leur demander leur avis, nous en avons fait mourir des centaines de milliers sur les champs de batailles.
 
Des hommes sont montés sur le dos des chevaux et ont labouré leurs flancs avec des éperons. Aujourd'hui, il a fort heureusement été remplacé par des chars. Mais dans certains pays pauvres, ils continuent à trimer dans leurs chaînes en étant utilisés comme animaux de trait. Un prolétaire donc. Chevaux de tous les pays, unissez-vous ! 
 
En France, pays barbare, on en tue pour les manger. Et si par malheur le cheval est une jument elle devra accepter que des étalons l'escaladent sans qu'elle ait expressément fourni la preuve de son consentement. Les souffrances du cheval sont donc totalement intersectionnelles.
 
Venons-en maintenant au genre humain. Le plus facile pour analyser cette question, c'est encore de parler de moi. Je suis français et donc esclavagiste, raciste et islamophobe. J'en souffre plus que je ne saurais le dire. Ca aussi c'est intersectionnel. 
 
Je suis blanc, ce qui est un privilège lourd à porter. C'est la faute de mes parents. Mon père, s'il avait été progressiste, aurait pu s'ébattre avec une Marocaine de l'Atlas au lieu de se mettre en couple avec ma mère qui était de la même origine que lui. Et ma mère aurait mieux fait d'épouser un tirailleur sénégalais. J'en souffre alors que je suis innocent. 
 
Je suis un homme ce qui est fâcheux. J'ai eu des enfants qui m'ont été faits par des succubes en folie. Elles ont abusé de ma faiblesse et de mon corps. Ce mal intersectionnel, ce viol ne peut pas être pardonné. 
 
Je suis aussi, très bêtement, hétérosexuel. Cette orientation très quelconque me pèse. J'espère de toutes mes forces parvenir à en changer. Il y a un espoir : dans certains bars du Marais, on peut, me dit-on, m'initier tendrement et gratuitement à l'homosexualité. Je suis las de souffrir d'être un hétérosexuel. 
 
Je suis aussi juif ce qui est très mal vu. Dans une période bénie, et malheureusement disparue, c'était bien considéré car j'étais persécuté. Mais aujourd'hui c'est moi qui persécute les Palestiniens. C'est très pénible comme situation. Bouh... 
 
De surcroît, je ne suis ni gros, ni handicapé, ni malvoyant (ma myopie n'a pas été jugée recevable). Que vais-je devenir ? Peut-être me faudra-t-il me réfugier dans une écurie ou je me blottirais contre un cheval, mon compagnon d'infortune. 
 
J'ai pensé à une autre solution : me faire opérer pour devenir une femme. J'appellerais ensuite mon amie réactionnaire et je lui demanderais de subir une intervention identique afin qu'elle devienne un homme. Alors je me mettrais en couple avec elle et nous aurons des enfants transgenres.

Le dessinateur de presse Xavier Gorce a annoncé mettre un terme à sa collaboration avec Le Monde cette semaine. Le quotidien avait présenté des excuses à ses lecteurs après la publication d'un dessin sur l'inceste qui avait provoqué une vague d'indignation, notamment sur les réseaux sociaux.

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