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Mesure de l’inflation : l'arnaque du (21ème) siècle
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Mensonges chiffrés

Mesure de l’inflation : l'arnaque du (21ème) siècle

"Les Français, inquiets de la hausse des prix, surestiment l’inflation". Voici l'une des conclusions d'une étude IFOP pour la banque Robeco. Et si à l'inverse, l'instinct de Madame Michu était le plus juste ?

Simone Wapler

Simone Wapler

Simone Wapler est rédactrice en Chef des Publications Agora (analyses et conseils financiers).

Elle est l'auteur de "Comment l'Etat va faire main basse sur votre argent: ... et ce que vous devez faire pour vous en sortir !", paru chez Ixelles Editions en mars 2013.

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Vous pensez que la hausse des prix ou l’évolution de votre niveau de vie n’a rien à voir avec les explications chiffrées et officielles relayées par les médias ? Vous avez bien raison !

Selon les autorités, si vous ressentez que les prix montent plus que les mesures officielles d’inflation et les indices des prix, vous êtes victime d’hallucination.

« Les Français perçoivent une inflation légèrement plus forte que l’année dernière. Ils estiment son taux annuel à 11,2 % contre 10,5 % en 2010. Cette augmentation de l’inflation se confirme bien dans les faits, le taux d’inflation annuel étant passé de 1,6 % à 2,2 %. Néanmoins (…) le décalage entre la perception et la réalité demeure fort ».

La perception et la réalité… Voilà qui laisse rêveur

La perception statique des Français, grossière et excessive, amplifierait l’inflation ; en revanche, la perception dynamique des Français minimiserait l’augmentation de l’inflation. Étrange, n’est-ce pas ?

Cette enquête nous apprend aussi que les femmes sont plus pessimistes que les hommes dans leur anticipation du taux annuel d’inflation (13,2 % contre 7,9 %) et que l’inflation est ressentie comme plus pesante parmi la population à faible revenu. Le plus souvent ce sont les femmes qui tiennent le budget du ménage et font les courses. À madame Michu et son panier de la ménagère, « on ne la fait pas ». De même, les dépenses alimentaires et d’énergie pèsent plus lourd dans les foyers à revenus modestes.

N’en déplaise aux économistes, statisticiens et politiciens, et même si ça sent la soupe aux choux, la réalité est du côté de madame Michu ! Le reste n’est que manipulation chiffrée.

De la monnaie, de l’inflation et de sa mesure…

Qui contrôle la monnaie ? Les gouvernements, par l’intermédiaire de leur banque centrale.

Qui mesure l’inflation ? Les gouvernements, par l’intermédiaire d’un bureau ou d’une agence dédiée aux statistiques publiques.

Qu’est-ce que l’inflation ? Toujours et partout un phénomène monétaire - donc voulu par le gouvernement - : l’accroissement de la masse monétaire.

À quoi sert l’inflation ? À calmer le bon peuple en distribuant de l’argent créé à partir de rien, qui ne repose sur aucune richesse, à éroder des dettes. Ceci revient en fait à prélever un impôt sur l’épargne du bon peuple naïf.

L’inflation profite aux débiteurs (cigales) et nuit aux créditeurs (fourmis). Aujourd’hui, les États sont des débiteurs chroniques, de monstrueuses cigales.

Vous connectez deux ou trois neurones avec quelques synapses … et hop ! Vous avez une révélation fulgurante … Un gouvernement endetté se doit de :

  • Créer de l’inflation pour plumer les fourmis (financièrement, c’est possible, même si c’est biologiquement choquant).
  • Minimiser l’inflation pour rassurer sur la qualité de sa monnaie (il ne faut pas que la fourmi s’aperçoive qu’elle est plumée).


Cinq biais statistiques courants sont utilisés à cette fin :

  • l’inflation pour esprit pur (l’inflation mesurée hors alimentation et énergie)
  • l’effet qualité (le produit est plus cher, mais tellement meilleur que madame Michu en a "plus" pour son argent)
  • l’effet d’auto-ascèse (comme le produit est plus cher, madame Michu en met moins dans son panier)
  • l’effet pondération (le Nutella a augmenté, mais regardez comme l’iPad a baissé. L’indice va favoriser l’iPad par rapport au Nutella)


Maintenant vous voilà beaucoup mieux armé. Mais il vous manque l’essentiel. Comment mesurer un rendement ou un retour sur investissement de façon fiable, c’est-à-dire net d’inflation ? Comment obtenir une vraie mesure réaliste de l’inflation ? C’est impossible.

Tout au moins en France. Aux États-Unis, il existe un organisme privé piloté par John Williams, qui commente les chiffres officiels et démonte les trucages statistiques. Mesuré avec la méthode en vigueur dans les années 1980, l’inflation aux États-Unis dépasse 7 %. Mesuré avec la méthode en vigueur avant Clinton, le chômage s’établit en fait à plus de 23 % (et non 9 % comme affiché avec la méthode courante).

On nous aurait menti ?

Pendant ce temps, de brillants économistes - qui n’ont jamais vu venir aucune crise - vous assurent que le chômage maintiendra les prix à la baisse ! Dans les années 1970 à 1980, vous avez eu la hausse des prix et des salaires. Dans les années 2010 à 2020, vous connaîtrez, dans les pays surendettés, la hausse des prix et la baisse des salaires.

La plus grande arnaque de tous les temps se déroule sous nos yeux en ce moment. L’escroquerie est tellement énorme qu’elle est encore peu visible. On vous fait croire que la création monétaire actuelle, qu’elle soit en Dollar, en Euro, en Yen, en Livre Sterling ou même en Franc Suisse, n’a et n’aura aucune influence sur la hausse des prix. L’arsenal statistique est distordu pour que la réalité colle à cette fiction.

Comme disait Mark Twain "les faits sont têtus. Il est plus facile de s’arranger avec les statistiques".

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