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MAM s'en va, Juppé arrive. La diplomatie française n'y perd rien mais qu'y gagne-t-elle ?

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Il aura fallu une révolution, pas moins, pour que l’on commence à s’intéresser pour de bon au mystère que constituait la carrière de Michèle Alliot-Marie. Qu’elle ait pu promener, vingt ans durant, sa silhouette raide et ses tailleurs sévères d’un ministère à l’autre, d’un gouvernement à l’autre, sans que personne ne réalise à quel point elle ne servait à rien est tout de même un fameux tour de force

Bon, elle avait bien fait un break de 1988 à 2002 mais, à la limite, elle aurait conservé un petit portefeuille discret sous Jospin et c’est à peine si on l’aurait remarquée. De fait, c’est justement lorsqu’elle prend des vacances qu’on lui prête un peu attention, à notre serial ministre

Tirer sur une ambulance, c’est sûr, ce n’est pas très charitable. Surtout lorsqu’elle vient de se transformer en corbillard parce que le boss s’est enfin rendu compte qu’un nouveau feuilleton à la Woerth donnerait peut-être envie aux Français de changer carrément de chaîne l’an prochain.

Avec MAM, pour autant, on a tout de même un peu envie de faire une exception : cette suggestion d’envoyer des CRS au secours d’un dictateur en difficulté, c’est sans doute plus une maladresse qu’une vraie crapulerie, mais ça reste en travers de la gorge de pas mal de démocrates ― en France comme en Tunisie.

Le plus fascinant, désormais, c’est que tout le monde est d’accord pour constater qu’au-delà de sa capacité à attirer les fabricants d’équipement de surf  dans sa bonne ville de Saint-Jean-de-Luz, ses accomplissements concrets à l’Enseignement, aux Sports,  à l’Outre-mer, à la Défense ou à la Justice auront fait assez peu de vagues.

Pour une femme donnée pour remplaçante de François Fillon il y a quatre mois, voire mentionnée pour la course à la dernière présidentielle, avouons que ce n’est guère flamboyant

Mais alors qu’un autre Aquitain la remplace au Quai d’Orsay, on se demande si la souplesse requise à ce poste sera au rendez-vous. Alain Juppé, même si c’est à Venise plutôt qu’à Tunis qu’il aime se ressourcer, semble avoir la même propension que MAM à se déclarer « droit dans ses bottes » dans l’adversité. Et les bruits de bottes, c’est précisément ce que l’on préférerait éviter par les temps qui courent.

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