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"Il paraît logique que les zones à très forte densité d'habitants, les grandes agglomérations donc, soient couvertes en priorité car le nombre d'abonnés potentiels y est d'autant plus important"
"Il paraît logique que les zones à très forte densité d'habitants, les grandes agglomérations donc, soient couvertes en priorité car le nombre d'abonnés potentiels y est d'autant plus important"
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Haut débit : qui y a vraiment accès en France ?

En attendant "le haut débit pour tous" promis par le gouvernement pour 2015, des disparités d'accessibilité subsistent en France.

Pierre  Ledru

Pierre Ledru

Pierre LEDRU travaille dans les télécoms depuis plus de 30 ans. Après une expérience de 10 années, expatrié comme assistant technique aux autorités locales des Télécoms au Yémen, il devient formateur puis formateur-développeur à l’institut de formation Alcatel-Lucent. Il possède une grande expérience de la téléphonie et a suivi toutes les évolutions de la ToIP.

Il est également acteur amateur de théâtre et appartient à la troupe du théâtre de la griffe.

Il est notamment l'auteur de Téléphonie sur l'IP (ToIP).

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Atlantico : Sous quelles conditions "Le haut débit pour tous" auquel s'est engagé le gouvernement pour 2015 est-il réalisable ?

Pierre Ledru : Tout va dépendre des investissements consentis par les opérateurs pour leurs réseaux d'accès propres et la partie du réseau de transport des données qu'ils concèdent bien souvent à des tiers, ce qui ne garantira pas un accès "vrai" au haut voir très haut débit.

Quel est le taux de couverture Haut débit en France ?

Ce taux est très important en France, mais il faut savoir que certains usagers ne seront desservis qu'avec un peu de chance s'ils sont isolés ou que le débit pourra baisser d'une zone à une autre.

Quelles zones de France sont les mieux / moins bien servies en matière de connexion haut débit ?

Il paraît logique que les zones à très forte densité d'habitants, les grandes agglomérations donc, soient couvertes en priorité car le nombre d'abonnés potentiels y est d'autant plus important. Que ce soit pour l'Internet fixe ou mobile, sachant que ces deux réseaux empruntent souvent les mêmes "artères" de transport de données Internet. Etre un usager isolé dans une zone peu peuplée est très pénalisant évidemment.

Comment peut-on expliquer des disparités aussi importantes pour y avoir accès ?

Les accès fixes, les services, le débit et la qualité fournis par les différents opérateurs sont dépendants du mode de raccordement : la distance à la "plaque" d'accès de l'opérateur et les médias de raccordement comme le cuivre ou la fibre optique limitent ou facilitent le transport d'un débit plus ou moins important. A cela s'ajoute, tout comme pour les accès mobiles, la densité des raccordements. En effet, plus la densité d'usagers est importante, plus le "partage" des débits primaires sera important. Le débit garanti sera donc en permanence moins important car les équipements garantissant un très fort débit, même après partage, sont évidemment onéreux et l'investissement qui en découle très important.

Par exemple, un opérateur peut "offrir" un Gigabits par seconde de débit mais il s'agit souvent du débit maximum avant partage auquel peu auront droit et certainement pas tous les usagers d'un même accès au même moment.

Historiquement, les opérateurs de réseaux fixes dimensionnent leurs équipements d'accès en fonction de formules mathématiques admises par les autorités internationales basées sur des principes de probabilité de nombres de connexions simultanées ne correspondant pas à la totalité des usagers voulant se connecter au même moment. Si le service devaient être garanti à tous à tout moment, les investissements seraient colossaux et ce malgré les progrès technologiques. Si l'on considère les usagers mobiles, la problématique d'investissement est la même à l'accès. Une très forte densité de demandes simultanées implique la mise en place d'équipements très onéreux, de très haute technologie et en très grand nombre.


Propos recueillis par @Sacha CONRARD

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