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Hausse de la CSG contre baisse des cotisations salariales : quand les promesses d'Emmanuel Macron se font vampiriser par l'administration fiscale
©Reuters

Marché de dupes

Hausse de la CSG contre baisse des cotisations salariales : quand les promesses d'Emmanuel Macron se font vampiriser par l'administration fiscale

Selon des sources convergentes, l'Etat aurait finalement retenu un schéma en deux étapes pour l'allègement des cotisations patronales mais maintiendrait 100% de la hausse de la CSG dès début janvier 2018.

Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.
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Décidément ce quinquennat est bien singulier. D'un côté, un président de la République très sourcilleux de ses pouvoirs de chef de l'Etat….et de chef des Armées, et de l'autre un homme seul à l'Elysée qui subit les décisions techniques de Bercy sans prendre le soin de les replacer dans un juste contexte politique.

Autrement dit, un aigle intellectuel aux serres limées par la technostructure.

Car enfin, qui peut nier que 850 millions d'euros ne représentait pas le coup de massue dans l'opinion et chez les militaires qu'a été le clash public avec le Général de Villiers ?

Qui peut nier que cette histoire de cinq euros sur les APL engendre bel et bien le risque de voir se coaguler des mécontentements du type UNEF – CGT – France insoumise ? Tout cela pour 150 millions d'euros.

La somme de ces deux décisions représente un milliard. Or, depuis près de dix ans, le budget voté porte trace d'un déficit initial de plus de 55 milliards : 68 mds pour 2017 corrigés à la hausse des fameux 8 mds débusqués par la Cour des comptes du fait des insincérités du dernier exercice comptable de François Hollande qui désormais semble vouloir écrire à haute voix un pamphlet nommé " un ancien président ne devrait pas dire cela "…

Donc, si nous supportons 76 milliards de déficit par an soit 18% des rentrées fiscales ( on encaisse 100, on dépense 118 ), cela signifie que notre déficit hebdomadaire est de 1,46 milliards d'euros.

Clairement en début de mandat, était-il opportun de se précipiter sur les deux décisions précitées pour " gratter " un milliard alors que les 100 jours du quinquennat Macron ont coûté : 76 / 365 x 100 = 20,82 milliards car la trajectoire de nos finances publiques n'a encore nullement fait l'objet de mesures structurelles sérieusement correctrices.

Il est de bon ton de stigmatiser les coups de rabot : or depuis le début de ce quinquennat, c'est l'unique méthode utilisée à l'exception de mesures pour la Fonction publique (gel du point d'indice, jour de carence ).

On attendait " Jupiter " et on l'attend toujours alors que sa formation théorique et son expérience financière sont de haut niveau et incontestable.

Madame Claude Pompidou avait surnommé l'Elysée comme " la maison du malheur ". En matière de chiffres, depuis le 7 mai, cette métaphore trouve son application.

D'ailleurs, nous sommes frontalement confrontés à un marché de dupes. Le candidat Macron avait posé soigneusement une égalité entre la baisse des cotisations patronales ( d'où une amélioration du net à payer ) et la hausse de la CSG ( pour près de 20 milliards ).

Patratas ! Les services de Bruno Le Maire laissent fuiter que la hausse de la CSG se fera à 100% dès début 2018 tandis que la baisse des cotisations patronales sera effectuée en deux temps voire plus.

C'est le renoncement à un engagement du président de la République.

C'est décidément un aigle dont le foie prométhéen se fait vampiriser par Bercy sous nos yeux déçus et incrédules de contribuables bernés.

Pour mémoire, je rappelle que j'avais émis la suggestion d'un collectif budgétaire dès juillet pour accompagner un " choc de confiance ". Nous en sommes loin de ce choc-là !

 

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