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Fashion Week : 
Paris au rythme de la mode rétro
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La mode se démode, le style jamais

Fashion Week : Paris au rythme de la mode rétro

Nouvelles collections printemps/été 2012 à la Fashion Week de Paris . A travers la valse des créateurs se dessine à grands coups de ciseaux, le retour au vêtement des années 50...

Sabrina Pelissier

Sabrina Pelissier

Chargée d'études et de prospective tendances au sein de l'agence Martine Leherpeur

Co-fondatrice et rédactrice mode pour le magazine en ligne 

De jeunes gens modernes

 

 

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Atlantico : Quelles tendances pour cette édition 2011 (printemps / été 2012) de la Fashion Week Paris?

Sabrina Pelissier : trois lignes fortes.

Le style s’assagit

Cette tendance lourde, déjà présente depuis quelques saisons, dépeint une femme "intello" qui joue sa féminité dans une extrême sagesse. Les silhouettes sont structurées et minimalistes, les cols se boutonnent jusqu’en haut ou presque et deviennent depuis trois saisons un véritable accessoire de mode. Cet été, ce style se peaufine avec des lunettes papillon imposantes qui masquent le visage. Les codes bourgeois sont remis à l’honneur avec notamment l’importance du chemisier et des longueurs de jupes aux genoux.        

Les flash-back (références rétro)

Ils correspondent peut-être à un besoin de réassurance et évoquent une certaine nostalgie des époques optimistes, où les regards se tournaient vers l’avenir, notamment les années 50. Certains y voient un éternel recommencement et d’autres diront qu’il s’agit d’une mode cultivée qui fait référence et honneur à de vrais imaginaires historiques. Pour l’été 2012, on voir ressurgir sur les podiums des formes inspirées du New-look de Christian Dior, avec des tailles hautes très marquées et des jupes en corolle évasées et longueur mi-mollet. Également des motifs forts, inspirés des tapisseries et napperons de nos grands-mères qu’on retrouve sous forme d’imprimés, de broderies ou de gravures (particulièrement en Italie).

L’audace

Parallèlement, on ressent une volonté de rompre avec les codes de silhouettes établis et de remettre en question les règles de bon goût, notamment celle qui dit de ne pas mélanger les imprimés. Il s’agit plutôt de nouveaux portés et de nouvelles inspirations, qui mixent les époques et les styles en puisant leur inspiration dans d’autres domaines de création avec, par exemple, des références à l’artiste Frida Kahlo.

La Fashion Week permet-elle réellement à de jeunes créateurs méconnus de percer, ou est-elle le jardin exclusif des grands noms de la mode ?

Les défilés sont la partie la plus visible, mais la Fashion Week rassemble plusieurs événements professionnels et publics. Les défilés ‘in’ sont en effet plus accessibles aux grands noms de la mode car ils demandent un investissement conséquent, mais la partie ‘off ‘de la Fashion Week laisse une vraie place et de multiples possibilités aux jeunes créateurs pour se faire repérer.  On peut ainsi parler, pour Paris, des trois salons Tranoï, Capsule et Rendez-vous qui réunissent beaucoup de jeunes marques, des show-rooms éphémères privés et collectifs et de nombreux happenings, mini défilés ou soirées organisés en marge du calendrier officiel. L’évènement rassemble l’essentiel de la profession (acheteurs, rédacteurs, blogueurs…) et représente donc pour les jeunes créateurs encore méconnus une occasion non négligeable de lancer le « buzz ».

Parlez-nous un peu de la "valse des créateurs" (noms, enjeux, évolution des marques...)

Maints changements sont annoncés, officiellement ou à demi-mot, pour cette année. On voit poindre de nouvelles associations qui promettent de vraies remises en question pour la marque et qui éveillent les curiosités, à l’image du duo très hype d’Opening Ceremony à la tête de Kenzo, qui présentera sa première collection cette saison. La maison Dior, qui a récemment rompu avec John Galliano, après 15 ans de collaboration, fait couler beaucoup d’encre mais n’a pas annoncé encore officiellement le nom du nouveau directeur artistique, même si Marc Jacobs est très régulièrement cité.

Et dans la lignée de reprise de belles maisons endormies (le succès de Guillaume Henry chez Carven depuis 2 ans), la maison Paco Rabanne fera son retour à l’occasion de cette Fashion Week, sous la direction créative du créateur indien Manish Aroha.

La couture française est-elle toujours une référence mondiale (face à Milan, New York....) 

Il s’agit, cette semaine, de prêt-à-porter plutôt que de couture (les semaines de la couture ayant lieu en janvier et juillet). La mode et le prêt à porter féminin conservent leur valeur de référence mondiale et le style français garde son attrait à l’étranger. Néanmoins la création française est forcément chahutée par les autres capitales mondiales : l’Italie possède de très belles maisons et peut en se targuer d’avoir un vrai savoir-faire national (soies, maroquinerie), l’Angleterre est un vrai vivier créatif avec une scène underground qui réinvente la mode chaque saison, et New York voit émerger nombre de jeunes talents très prometteurs.

Mais les maisons de couture françaises ont un fort patrimoine stylistique, enrichi par de réels talents créatifs (français, mais aussi américains, belges, indiens…) et le savoir faire « Made in France », qui reste une référence mondiale. D’ailleurs les grandes maisons revendiquent beaucoup ce dernier (LVMH avec ses Journées Particulières et le Festival des Corps de Métiers Hermès).

Oui, on peut dire que la mode française est toujours une référence mondiale.

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