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Une militante féministe tient une pancarte indiquant "ma tenue n'est pas une invitation" lors d'une manifestation contre la chaîne de télévision NCI à Abidjan, le 1er septembre 2021.
Une militante féministe tient une pancarte indiquant "ma tenue n'est pas une invitation" lors d'une manifestation contre la chaîne de télévision NCI à Abidjan, le 1er septembre 2021.
©Sia KAMBOU / AFP

Vers une sexualité par contrat ?

« Eye rape » le viol du regard ou la radicalisation du consentement

La question sociétale qui se pose est le devenir de la sexualité.

Jean-Pierre Marongiu

Jean-Pierre Marongiu

Jean-Pierre Marongiu est écrivain, conférencier, ingénieur, expert en Management et Directeur général et fondateur du thinktank GRES : Groupe de Réflexions sur les Enjeux Sociétaux.Perpetuel voyageur professionnel, il a parcouru la planète avant de devenir entrepreneur au Qatar où il a été injustement emprisonné près de 6 ans, sans procès. Il a publié plusieurs romans et témoignages dont : Le Châtiment des Elites, Qaptif, InQarcéré, Même à terre, restez debout ! Aujourd'hui conférencier et analyste societal, il met son expérience géopolitique au service d'une approche libérale-souverainiste de la démocratie.

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La société progressiste s’oriente vers une sexualité par contrat et donc vers le règne des sites de rencontre. Lesquels devront sous peu et sous peine de poursuites faire signer un contrat de décharge de responsabilité à leurs abonnés.

« La séduction suprême n'est pas d'exprimer ses sentiments. C'est de les faire soupçonner. »Jules Barbey d'Aurevilly (1808 - 1889)

Les ligues féministes ont fini par imposer le manichéisme à sens unique : le mal c’est l’homme, le désir masculin est un délit.

La sexualité par contrat

Finalement, c’est le comportement amoureux civilisationnel qui est remis en question. Un jeune homme devra-t-il avant de se pencher délicatement sur les lèvres de l’objet de son désir obtenir le consentement du baiser par écrit pour éviter des poursuites judiciaires ? Devra-t-il archiver ces autorisations éphémères pour une période probatoire à définir par le législateur ?

À partir de quel moment le regard posé sur une femme porte-t-il atteinte à son intégrité ?Comment différenciera-t-on le compliment d’une agression visuelle ?

Venu des États-Unis, le concept de « Eye rape ou rape look » gagne l’Europe et interroge les législations au point d’envisager une règlementation des regards non désirés

En 2019, à Genève. Lors d'une marche pour les droits des femmes, des adolescentes en scandant « Ne nous regardez pas !» intimèrent l’ordre de détourner les yeux aux hommes assis à la terrasse d’un café.

Les mouvements féministes n’hésitent pas à assimiler le « regard masculin (male gaze), hommage masculin à la beauté, à une forme insupportable de domination. Le regard de l’homme est par nature celui d'un prédateur, un regard qui déshabille pour mettre à nu sa proie.

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Le regard est désormais inscrit dans la liste des « violences » faites aux femmes. L’industrie cinématographique a par ailleurs anticipé sur une future législation, les héroïnes féminines prenant de plus en plus fréquemment l’initiative du premier baiser ou de la relation sexuelle. La sexualité masculine devenue tabou est remplacée par l’exigence du désir féminin. Un "grand remplacement" voire "un grand déclassement" en quelque sorte.

Ce qui était il y a trente années à peine considéré comme galanterie relevant de l’intimité est devenue une « violence ».

« Le concept de violence ne cesse d'être ajusté, au fil de remaniements juridiques qui traduisent le souci quasi schizophrénique, de protéger la liberté individuelle. Georges Vigarello

L’exigence d'égalité entre les genres, normale et nécessaire, a rendu intolérables les comportements imposés sans partage. Transformant ces derniers en inacceptables brutalités des attitudes longtemps et tacitement "accepté". Pour autant, ces comportements furent fondateurs et socle de civilisations occidentales, orientales ou asiatiques.

Depuis 2012, la définition du harcèlement sexuel s'est élargie au point d’inclure les notions floues de dignité et d’offense ouvrant la porte à toutes dérives totalitaires.

Car dans les faits quelle est la signification du sentiment d’offense ?

Les textes législatifs européens qui définissent le harcèlement sexuel autorisent toutes les plaintes possibles et par là même, tous les excès de victimisation. Il n’est d'ailleurs pas surprenant que certaines associations encouragent désormais à dénoncer le « regard » comme un acte de harcèlement sexuel.

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Au prétexte de la déconstruction de l’homme, désormais médiatiquement acceptée comme inéluctable, regarder une femme c’est lui faire violence.

En Suisse, une application permet de signaler à la police toutes les formes d'inconduite sexuelle, telles que : sifflement, remarque à caractère sexuel/sexiste, bruitage et gestes obscènes, frottement, et… en premier chef les regards insistants dont on se garde de définir la nature de l’instance.

La tyrannie du regard baissé est l’aboutissement de l’hégémonie progressiste. Il est recommandé, voire exigé, aux hommes encore dinosaurés nourris au lait du patriarcat, de baisser les yeux, la tête et leur propre dignité devant toutes les communautés, les femmes en premier lieu.

Être un homme hétérosexuel c’est mal

« Être homosexuelle m’évite d’être battue et mes enfants d’être violés » Alice Coffin.

La propagande progressiste qui sacralise la liberté individuelle au point d’en interdire toute pensée contraire, préconise une liberté de choix réduite au consumérisme. Il est question de dénoncer tout acte et toute image qui montre l’humain comme objet de désir.

La dérive ira-t-elle jusqu’à imposer à l’autre l’obligation de nous percevoir selon l’image que nous souhaitons donner sous peine de plainte pour atteinte à notre volonté ?

D’ores et déjà, des stages en entreprise sont mis en place pour rééduquer le regard des hommes.

En Occident, l’obligation de sentir coupables et donc pénitents des comportements du passé entraine l’obsession d'exercer le pouvoir individuel de décision.La société est soumise à une propagande continuelle des médias, il est question de décider en apparence librement de notre apparence, de notre corps, de notre image, et des contenus auxquels nous sommes exposés. Il découle de cette pseudo-liberté la vague des signalements radicaux en ligne permettant de faire supprimer les contenus jugés inappropriés.

Le modèle américain est l’exemple extrême, voire caricatural, illustrant l’avancée inexorable de la loi dans les gestes privés au point de punir l’intention sexuelle ou même le regard insistant (visual harassment) porté à autrui.

Citations du monde d’avant

« Être heureux, c'est se savoir beau dans le regard des autres. »

Albert Jacquard

« Une femme n'est jamais autant grisée de bonheur que lorsqu'elle découvre le désir dans le regard d'un homme. »

Yukio Mishima

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