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Amazon petit commerce confinement coronavirus crise économiques produits non-essentiels concurrence Internet
©David Becker / AFP

Atlantico Business

Et si Amazon sauvait le petit commerce en l’obligeant à s’adapter

Alors que les petits commerçants continuent de harceler le gouvernement pour demander un allègement des mesures de confinement, les critiques contre les grandes chaînes d’hypermarchés et surtout contre Amazon se multiplient. Parce qu'on sent bien qu’Amazon bénéficie d’un transfert d’activité au détriment du commerce de proximité.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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En fait, le poids que prend Amazon dans le commerce de détail devient considérable et Amazon, le géant américain du e-commerce a évidemment profité du confinement.

Mais pas seulement Amazon, toute la vente en ligne en a profité et continue d’en profiter.

La colère des petits commerçant est légitime, parce qu’en étant fermés,  ils ont perdu leur clientèle et leur chiffre d’affaires. Et ils trouvent cela injuste dans la mesure où ils ont fait des efforts de protection contre les risques de contagion du virus. C’est le cas des magasins de vêtements, des fleuristes, des libraires. C’est assez injuste aussi parce la définition des commerces essentiels est assez floue, et en plus, vous avez des grandes surfaces qui restent ouvertes, en vendant un peu de tout alors que les conditions sanitaires, dans un hypermarché, ne sont pas forcément très sécurisées.

Donc c’est vrai qu’il y a un problème, on va avoir beaucoup de faillites, peut être 300 000 emplois de perdus.

Et parallèlement, on voit Amazon qui récupère la situation avec des projets d’extension et d’entrepôts. Le marché français pour Amazon est devenu son premier marché. Il croit de 15 à 20 % par an. Et ce marché, Amazon le prend sur les petits acteurs qui disparaissent.

Du coup, tout le monde sen mêle à longueur de plateau télé. Cette expansion inquiète beaucoup de gens, des syndicats, des élus... jusqu’à entrainer Amazon dans une gestion de crise permanente.  

Le problème dans ce débat, c’est qu’il est très politique. Des élus qui refusent la construction de tel ou tel entrepôts,  des syndicats qui attaquent Amazon en justice pour non-respect de certaines règles du droit du travail, jusqu'à des députés qui accusent Amazon de ne pas payer d’impôts en France alors qu’Amazon opère en France.

Alors c’est très politique parce que c’est une façon de soutenir le petit commerce, sauf qu’il faut nuancer tout cela pour ne pas faire d’Amazon un bouc émissaire bien pratique.

D ‘abord, parce que le succès dAmazon est fait par le consommateur. On n’oblige pas le consommateur à se brancher sur Amazon.

Ensuite, les élus sont eux-aussi très prudents parce que, quand Amazon crée un entrepôt en région, ça représente beaucoup demplois. Le digital dans son ensemble,  le e-commerce a détruit beaucoup d’emplois mais il en a créé encore plus.

Enfin, cest vrai qu’il y a un problème fiscal lié aux Gafam. La France est d’ailleurs le premier pays en Europe à avoir instauré la taxe Gafam, on attend que l’Europe là se réveille.

Dans ces conditions, quel peut être l’avenir du petit commerce de proximité ?

Si on écoute les petits commerçants, il faudrait que la France ferme Amazon. Sans doute, mais si Amazon disparaît, d’autres viendront avec le même service et le même succès puisque la formule répond à un besoin et le satisfait.

À très court terme, le petit commerce doit bénéficier des aides de lEtat, chômage partiel et aides directes. Il y a un problème sur les loyers à payer qu'il faudrait régler par une négociation avec les bailleurs, mais ça n’est pas évident.

A moyen terme, il faut que le commerce accepte la mutation digitale. Vous avez d’ailleurs beaucoup de commençants qui ont appris la vente en ligne lors du premier confinement. La vente en ligne viendra en complément de la vente en boutique.

Alors, ça passe par la création dun site de E-commerce et par le click and collect. Ça peut passer par Facebook, beaucoup de commerçants ont des pages commerciales sur Facebook et notamment les restaurateurs qui font de la vente à emporter.

Mais sans braquer le commerce traditionnel, les petits commerçants peuvent passer par des marketplaces existantes. Price minister , C-discount, Darty, les grandes surfaces. Et je vais vous surprendre Amazon. Amazon, aujourd’hui, accueille une multitude de producteurs, de négociants et de commerçants qui ont ouvert un stand sur Amazon. Plus de 60 % du commerce Amazon est fait par des commerçants français. 

Alors on peut certes regretter qu’il n’y ait pas un Amazon made in France. Oui mais en attendant, les commerçants eux aussi peuvent passer par Amazon. 

On peut tout imaginer. Tout sauf de croire que le consommateur n’est pas libre de sa façon de consommer.

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