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Eric Ciotti : "Il y a un lien de cause à effet entre la politique pénale d'impunité de Taubira et l'augmentation de la délinquance"
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Crise d'autorité

Eric Ciotti : "Il y a un lien de cause à effet entre la politique pénale d'impunité de Taubira et l'augmentation de la délinquance"

L'UMP organise ce jeudi une convention consacrée au thème de l'autorité alors que 86% des Français jugent que "l’autorité est une valeur trop souvent critiquée aujourd’hui". 87% considèrent qu’il faut "un vrai chef pour remettre de l’ordre".

Eric Ciotti

Eric Ciotti

Eric Ciotti est député Les Républicains. Il a été président du conseil départemental des Alpes-Maritimes de 2008 à 2017. Il est également questeur de l'Assemblée nationale.

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Atlantico : Alors que selon un sondage Ipsos/Cevipof, 87% des Français jugent  qu'il faut "un vrai chef pour remettre de l’ordre", l'UMP organise ce jeudi une convention sur le thème de l'autorité. La France est-elle confrontée à une crise de l'autorité ? 

Eric Ciotti :Les mots "autorité", "responsabilité", "sanction" paraissent être des mots tabous dans la bouche des socialistes. Depuis leur accession au pouvoir, ils n'ont eu de cesse de porter atteinte aux symboles de l'autorité et pas seulement en matière de lutte contre l'insécurité, mais également dans leur politique  éducative. Je pense en particulier à l'abrogation de la loi que j'avais portée visant à responsabiliser les parents d'élèves en situation d'absentéisme chronique en leur suspendant les allocations familiales. Cette loi a été abrogée sans qu'aucun autre dispositif s'y substitue.

Le but de cette convention est de replacer au cœur du discours public les notions d'autorité, de responsabilité. Mai 68 a porté un rude coup à ces valeurs. On voit les dégâts que cela a engendré sur notre société. Je pense en particulier à l'école de la République où pendant des décennies l'autorité du maître a permis de transmettre des valeurs comportementales essentielles à des générations entières. Aujourd'hui, le gouvernement veut supprimer les notes, les devoirs et le redoublement. Cela va à l'encontre même de cette indispensable valeur de l'autorité de l'école de la République.

Peut-on vraiment imputer les problèmes d'autorité et de sécurité au seul gouvernement socialiste ?

On ne peut nier que nos sociétés modernes génèrent plus de violence. C'est pour cela qu'il faut des réponses plus fermes face à cette violence. Ce qui est clair c'est que Madame Taubira a développé sa nouvelle politique pénale au travers d'une circulaire publiée le 19 septembre 2012 et depuis chaque mois la délinquance ne cesse de croître  Les chiffres le démontre et il suffit aussi d'évoquer la situation de la délinquance avec les policiers et les gendarmes pour mesurer la dégradation de la situation de notre pays en la matière. Je vois personnellement un lien de cause à  effet entre cette nouvelle politique pénale, dont le maître mot pourrait être "impunité", et l'augmentation de la délinquance.

La droite n'a-t-elle pas aussi une part de responsabilité dans les mauvais chiffres de la délinquance ?

Le gouvernement de François Fillon sous l'autorité de Nicolas Sarkozy n'a peut-être pas été assez loin, mais avait installé une politique très ferme et très rigoureuse de lutte contre l'insécurité. Je pense aux peines plancher ou à la loi sur l'absentéisme qui a été votée en septembre 2010 et appliquée dès le milieu de l'année 2011. Ce qui me choque chez les socialistes c'est la volonté de s'attaquer de façon aveugle à tous les principes d'autorité. Je pense à la politique conduite par la garde des Sceaux qui constitue une véritable révolution en matière de politique pénale dans notre pays avec la suppression des courtes peines de prison.

Aujourd'hui, quelqu'un condamné à deux ans de prison de ferme est quasiment certain de ne pas effectuer un seul jour de prison. Je pense aussi à sa volonté de supprimer les tribunaux pour mineurs ou à sa volonté de limiter le nombre de centres éducatifs fermés.On a véritablement le sentiment qu'aucune forme de sanction ne trouve grâce à ses yeux.  C'est une dérive qui aboutie à une augmentation record des chiffres de la délinquance.

Manuel Valls revendique également une politique de fermeté. Quel bilan faites-vous des premier pas du ministre de l'Intérieur ?

Le discours de Manuel Valls va dans le bon sens, mais un ministre de l'Intérieur ne peut se battre avec des mots. N'oublions jamais que les outils principaux de la lutte contre la délinquance sont entre les mains de la justice. Une justice faible aboutit inéluctablement à l'augmentation de la délinquance. J'ajoute que le discours du ministre de l'Intérieur relève plus de la stratégie de communication que d'une réelle volonté d'action.

Le livre controversé de Laurent Obertone, La France Orange mécanique, évoque l'explosion de l’ultra-violence en France ? Partagez-vous son constat ?

Ce livre décrit des réalités, pas forcément la réalité absolue. Il dresse un tableau très sombre. Je pense qu'il faut sortir du constat pour aller vers l'action. C'est ce qu'a fait Nicolas Sarkozy en faisant reculer la délinquance de 18% en dix ans dans notre pays. Il existe donc des solutions.

Quelles sont justement les solutions ?

La  solution passe par plusieurs maillons d'une chaîne qui doivent être solidaires entre eux. Les familles doivent être  mieux responsabilisées. Il n'est pas pensable qu'une famille se désintéresse d'un mineur délinquant récidiviste. L'école doit mieux jouer son rôle de transmetteur de repères. Nous devons refonder un modèle d'intégration. Enfin, la sanction pénale, ultime maillon de la chaîne, doit jouer pleinement sa fonction dissuasive en étant rapide et ferme.

Dans le livre Le coup monté (Plon), paru jeudi 28 mars, les journalistes Carole Barjon et Bruno Jeudy reviennent sur l'élection à la présidence de l'UMP de novembre dernier. Selon eux, François Fillon se serait fait volé l'élection. Mais au-delà des fraudes, le résultat de l'ancien Premier ministre n'est-il pas décevant ? Cela traduit-il un manque de leadership ?

Ce livre décrit parfaitement la situation que nous avons vécue et confirme l'illégitimité du scrutin de  novembre. C'est pour cela aujourd'hui que si l'UMP veut retrouver une vraie crédibilité, celle du premier parti politique de France, il faut revoir toute nos procédures et procéder à un nouveau vote. Sans ce vote, aucune équipe à la tête de l'UMP ne sera légitime.

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