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Patrick Lozès, candidat à la magistrature suprême. Dans les pas d'Obama ?
Patrick Lozès, candidat à la magistrature suprême. Dans les pas d'Obama ?
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Présidentielles 2012

Patrick Lozès : "Je suis candidat pour éviter une guerre fratricide"

"Ma candidature n'est pas une candidature de victime". Le président du CRAN (conseil représentatif des associations noires) se lance dans la bataille des présidentielles, non pour représenter la minorité noire, mais pour rassembler l'ensemble des Français. INTERVIEW.

Patrick Lozès

Patrick Lozès

Patrick Lozès a fondé le CRAN (Conseil représentatif des associations noires) et en était le président jusqu'en mai 2011. Diplômé de l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris, il est l'auteur de Les noirs sont-ils des Français à part entière ? (Larousse, 2009).

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Pourquoi vouloir être candidat à l'élection présidentielle ?

Je veux montrer à mes concitoyens qu’il existe une autre voie que celle vers laquelle le pays est en train de glisser. C’est une occasion unique de montrer que nous refusons la voie de l’extrême droite, la voie de la haine de soi, de la guerre fratricide. Je veux plutôt proposer un projet rassembleur et constructif. Plutôt que d’exclure les Français venus de l’étranger, il est plus futé de favoriser la diversité de la société française et la participation effective des minorités à l’essor du pays. Si on n’inclut pas aujourd’hui les Français qui viennent des ex-colonies, on sera contraints de toute façon de le faire demain, moyennant un coût humain et financier beaucoup plus important. Je ne veux pas attendre que la question devienne impossible à gérer, je veux que nous soyons responsables. C’est pourquoi je veux apporter les principes qui sont les miens dans cette élection. Je pense notamment que sur le plan économique la France sera beaucoup plus forte, si elle incluait les Français qui viennent d’ailleurs plutôt que de les laisser sur le bord de la route.

Avez-vous le sentiment, en tant que président du CRAN (conseil représentatif des associations noires), que les Français de couleur soient laissés sur le bord de la route, d'où votre candidature pour les représenter ?

Je m’adresse à l’ensemble des Français ! Je vais très bientôt laisser la présidence du CRAN pour entamer un tour de France afin d’aller à la rencontre de tous les Français. Je pense que la France sera plus forte de sa diversité. Je pense que les Français sont perclus d’égalité, mais ils ne voient pas ce qui est possible. Je veux réenclencher la dynamique de l’égalité et faire comme ce grand républicain qu’était Gambetta qui expliquait que « le rôle de la République ne consiste pas seulement à décréter des égaux mais à faire des égaux ». Pour construire ce pays, je pense que la voie du rassemblement et de la participation est beaucoup plus positive, plutôt que de se taper les uns sur les autres. Ma candidature n’est pas une candidature de victime, je sais ce que je dois à la République. Elle a contribué à ma formation professionnelle, à mon éducation. Avec ma candidature, je veux exprimer ma confiance en nos institutions, ma volonté de contribuer au dynamisme de la République et au développement de la France.

Quelle est votre réaction aux déclarations de Nicolas Sarkozy qui dans l’Express explique : « la population active de la France augmente de 110 000 personnes par an. C'est-à-dire qu'avant de faire reculer le chômage d'une unité, il faut avoir déjà créé 110 000 emplois ! Avec nos difficultés à fournir un travail à tous nos nationaux, et un chômage à 23 % pour les étrangers non communautaires, nous devons nous poser la question de l'immigration légale » ?

 Je suis surpris qu’un président de la République s’engage dans cette voie de la division. Ce que l’on attend d’un président, c’est qu’il unisse, qu'il rassemble non qu’il divise ! Si Nicolas Sarkozy continue dans cette voie, il risque de vivre un 2002 à l’envers, car les minorités qui ont voté pour lui en 2007 sont profondément déçues par son discours actuel.

Si vous n’aviez pas été candidat, qui auriez-vous soutenu, ou de qui vous sentez vous le plus proche ?

Aujourd’hui personne ne porte cette voie de l’égalité. Tout le monde se cache sur la question des Français venus d’ailleurs.  Le projet d’inclusion des minorités que je porte, n’est malheureusement repris par aucun politique. Personne ne parle aujourd’hui d’ouvrir et de renouveler notre classe politique, qui est quand même renfermée sur elle-même. Certains candidats se sont déjà présentés il y a douze ans ! Il faut vraiment de la nouveauté et de la fraicheur dans le débat.  Je refuse le fatalisme et la résignation. Je suis de cette catégorie d’homme qui pense que l’on peut changer le destin d’une Nation.

Pensez-vous obtenir les fameuses 500 signatures ?

C’est bien évidemment difficile, mais ce n’est pas insurmontable. Je suis assez surpris de l'accueil qui nous est fait plutôt très positif : Les élus, qu’ils soient de droite ou de gauche, sont assez satisfaits qu’il puisse y avoir un Français qui parle de l’inclusion de tous les citoyens, notamment des minorités visibles. Je veux rappeler aux 45 000 élus qui peuvent apporter leur signature, ce qu’a toujours exprimé le Conseil Constitutionnel, qu'ils peuvent et doivent l'apporter aux candidats portant un projet politique sérieux.

En l’occurrence, le projet qui est le mien est un projet novateur, j’ai d’ailleurs déjà obtenu des signatures. Je crois à la dynamique des peuples, la France est une grande Nation, les difficultés que la France rencontre ne sont pas insurmontables comme celles que je rencontre avec les signatures. Nous y arriverons, la France et moi. 

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