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Premier tour : "je suis un électeur stratège, je vote Bayrou"
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Zone franche

Premier tour : "je suis un électeur stratège, je vote Bayrou"

Cette année, je commencerai par voter Machin pour envoyer un message à Truc. Et si Truc n’est pas au second tour, il me restera toujours Bidule.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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J’ai toujours pensé que le concept d’une élection à deux tours était totalement absurde. Car enfin, en toute logique, s’il y a un job et des candidats, que l’un d’entre eux a ses chances et qu’il vous convient suffisamment, vous votez pour lui et ite missa est...

Tu parles ! Dans le système gaulois, l’idée est plutôt de faire transpirer un peu son champion en commençant par voter pour un autre type dont on sait qu’il ne peut absolument pas être élu, mais avec lequel on se sent un poil plus en affinité : un végétarien anti-nucléaire, un terraformeur de planètes lointaines, un révolutionnaire marxiste à béret, un tribun postillonneur énervé, un chasseur de tourterelles...

Oh, c’est juste pour perturber les matheux d’Opinion Way et déconner un peu avant de passer aux choses sérieuses. Mais, cerise sur le gâteau, ça envoie un « message » au véritable élu de son cœur, lequel saura qu’on ne plaisante pas avec les trotskistes amateurs de légumes qui chassent les petits oiseaux sur Mars une fois en poste.

En principe, no problemo, votre petite saute d’humeur est sans conséquence et votre vrai candidat est encore en lice le coup d’après. Il peut toujours perdre, bien sûr, mais ça ne sera pas de votre faute. Bon, de temps en temps, ça foire dans les grandes largeurs, façon 2002, et il faut alors aller voter Chirac la mort dans l'âme pour réparer les pots cassés, mais c’est si rare...

J’ai toujours considéré que ce système était absurde, donc, mais cette année, pour la première fois de ma vie, je vais jouer au plus con moi aussi. Et parce que Hollande est à peu près certain d’être élu, qu’il m’indispose légèrement moins que Sarkozy, que je lui apporterai ma voix ― et la procuration de ma fistonne ― au second tour, j’ai décidé de lui montrer de quel bois je me chauffe en votant Bayrou en première semaine.

Pourquoi ? C’est tout bête : au nom de la même logique m’ayant conduit à voter Valls à la primaire PS, en antidote à l'épaississement des chevilles de Montebourg. Hey, un Mélenchon qui ne se verrait pas remis, même légèrement, à sa place par un centriste raisonnable, sans doute un peu ennuyeux mais bon, faut ce qu’il faut, ce serait la porte ouverte à toutes les fenêtres et les 75% d’augmentation de l'impôt des riches ou les 60 000 instits de rab feraient rapidement des petits...

Vous me suivez ? Non non, je ne vous demande pas de faire la même chose que moi, je vous demande seulement si vous pigez mon raisonnement (quoique...).

― Ah c’est malin ton truc. Tu t’es fichu de la poire de tous ces frivoles grâce auxquels Jospin s’est retrouvé à la rue en 2002 et tu prends maintenant le même genre de risque ! Et tu feras quoi, hein, si Hollande ne se qualifie pas à cause de toi et qu’on se retrouve avec une finale Sarkozy-Le Pen ?

― Ben j’irai voter Sarko comme tout le monde, c'te blague ! Et ça ne sera peut-être pas plus mal qu’avec Hollande, au final (mais il ne faut pas le dire trop fort)...

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