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La catastrophe nucléaire du 11 mars 2011 à Fukushima a eu un effet d'accélération sur des changements profonds au sein du pays.
La catastrophe nucléaire du 11 mars 2011 à Fukushima a eu un effet d'accélération sur des changements profonds au sein du pays.
©Reuters

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Fukushima : ses 8 effets positifs sur la société japonaise

Un électrochoc national qui porte aujourd'hui ses fruits avec des initiatives économiques, politiques et sociétales qui pourraient, elles-aussi, changer l'avenir du pays.

Toru  Yoshida

Toru Yoshida

Toru Yoshida est professeur associé à l'université d'Hokkaido (Japon).

Il est Docteur en sciences politiques, spécialiste de la vie politique française et japonaise.

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Le Japon n’a pas fini de panser ses plaies suite à la triple catastrophe du 11 mars 2011. Cependant, au-delà des morts et des destructions, le tremblement de terre, le tsunami et l’accident de la centrale de Fukushima ont eu paradoxalement des effets dont on peut espérer qu’ils soient positifs à terme :

  • Un afflux de plus d’un million de volontaires dans les trois préfectures. Bien qu'il soit moins important que celui né du tremblement de terre de Hanshin-Awaji (Kobe) en 1995 et de ses 6000 victimes, ce mouvement est loin d’être négligeable quand on pense à ce que le tremblement de terre de Kobe a permis de créer : la loi sur les associations à but non lucratif (NPO - Non Profit Organizations) et politiquement, le "New public commons" porté par le gouvernement Hatoyama en 2010.
 
 
  • L’initiative de l'association à but non lucratif « Florence » qui a proposé au gouvernement d'utiliser l'argent des comptes en banque qui n’est plus utilisé, pour un micro-financement des sinistres, en s’inspirant l'idée de l'Indien Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix 2006.
 
 
  • L'idée de "Cash for work" (CFW), comme forme de plan d'emploi, mis en exercice dans certain des cas; il s'agit de payer les sinistrés pour leur travail. Il s’agit d’un plan qui avait déjà été entrepris en Haïti et en Indonésie.

 

  • La croissance du rôle des réseaux sociaux. Au début, l’afflux de messages sur ces réseaux a été accusé de provoquer la panique. Mais ils sont aujourd’hui utilisés pour établir des réseaux pour l'aide des sinistrés.

 

  • Une réticence croissante envers les "experts" et leurs expertises qui s’accompagne plus positivement d’une prise de conscience de l’absolue nécessité d’une meilleure communication sur les sciences et une meilleure prise en compte de leurs interactions avec les citoyens.

 

  • L’initiative d’organiser un référendum sur la sortie du nucléaire. Quel que soit le résultat de cette consultation, cette initiative témoigne de l’émergence de nouvelles initiatives démocratiques.

 

  • L’émergence d’un consensus parmi les intellectuels, comparable à celui de l'après-guerre, qui faisait de l’engagement une valeur centrale. Plus précisément, pour reprendre le schéma du sociologue Mita Munesuke, le Japon en a fini avec l’époque des « fictions », dont l'apogée a été l’attentat commis par la secte Aum en 1995, mais aussi avec la période qui a suivi et qui était dominé par le désenchantement du monde, la perte d’espoir et un certain cynisme (Shirake) envers la société. Il est aujourd’hui possible de percevoir un changement, notamment chez  les jeunes qui semblent un peu plus dynamique, plus enclin a s'engager plus facilement pour essayer de résoudre les problèmes sociaux.

 

  • L’affirmation de l’« entreprenariat social » comme modèle.

 

Ces changements étaient bien en marche avant le 11 mars, mais la triple catastrophe du 11 mars a eu un effet d’accélération et de consolidation.

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