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Désormais ouverte à la concurrence, l’activité des EDF, GDF, SNCF, RATP et autres La Poste a été profondément chamboulée, entraînant une hausse spectaculaire des prix et une dégradation des services.
Désormais ouverte à la concurrence, l’activité des EDF, GDF, SNCF, RATP et autres La Poste a été profondément chamboulée, entraînant une hausse spectaculaire des prix et une dégradation des services.
©Reuters

Ces opaques machines à gaz

Dérives, anomalies, dysfonctionnements : bienvenue dans le monde des entreprises publiques

A cause de l'ouverture à la concurrence, l’activité des EDF, GDF, SNCF, RATP et autres La Poste a été profondément chamboulée. Ces entreprises véhiculent une nouvelle image moderne mais, en coulisses, la réalité est plus sombre. Extraits de "Chères, très chères entreprises publiques" de Olivier Baccuzat et Boris Cassel (1/2).

Olivier   Baccuzat et Boris Cassel

Olivier Baccuzat et Boris Cassel

Olivier Baccuzat et Boris Cassel sont reporters au service économie du Parisien-Aujourd’hui en France.

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Une page se tourne. Définitivement. L’image des bonnes vieilles entreprises publiques « à la française » appartient au passé. Hier, elles rendaient un service à l’usager, aujourd’hui elles vendent au prix fort un service à un client captif.

Désormais ouverte à la concurrence, l’activité des EDF, GDF, SNCF, RATP et autres La Poste a été profondément chamboulée, entraînant une hausse spectaculaire des prix et une dégradation des services. Voire leur disparition comme dans certaines zones rurales. La Poste, un ancien établissement public transformé en société anonyme dont le slogan publicitaire « Toujours plus proche de nous » ne manque pas de sel pour les bourgades désertées sans état d’âme... Quitte à être considérés comme de simples consommateurs, les contribuables en veulent désormais pour leur argent, relevant leur niveau d’exigence. Mais cela n’empêche pas certaines entreprises publiques de les mettre au bord de la crise de nerfs à grands coups de retards dans les transports ou dans l’acheminement du courrier. Dans l’énergie, ça n’est guère mieux, les abonnés d’EDF subissant des pannes à répétition. Impossible de passer sous silence les politiques commerciales agressives dont on pensait benoîtement qu’elles resteraient circonscrites au seul secteur privé.

Apparemment, l’Etat actionnaire n’en a cure. Que penser en effet de l’indécision des pouvoirs publics, si prompts à annoncer le lancement de grands chantiers sans en apporter le début du financement, sauf à se décharger sur les collectivités locales ou la Caisse des dépôts, victimes de tentatives de prédation quasiment quotidiennes ? Que dire enfin de ces responsables politiques, actionnant le levier des nominations des dirigeants, mais peu pressés, ensuite, d’exercer un contrôle efficace de ces mêmes entreprises ? Parlez-en aux représentants de l’Etat siégeant dans les conseils d’administration, ils ont souvent le sentiment d’être seuls, attendant en vain des instructions des politiques en place. « Le poisson pourrit par la tête», ironise l’un de ces hauts fonctionnaires, dégoûté du manque de vision stratégique et industrielle des gouvernants. Un manque d’intérêt qui se paie cash.

Ainsi, les entreprises publiques sont devenues de coûteuses et opaques machines à gaz dont les dérives, anomalies, dysfonctionnements pointés par le Parlement ou la Cour des comptes font florès, mais demeurent, rapports après rapports, sans grands effets sur les décideurs. De gauche comme de droite, les politiques ne cessent de nous seriner leur « Etat stratège » et les quelque 4 milliards d’euros que ces entreprises rapportent, bon an mal an, aux caisses publiques. Un chiffre flatteur qui ne doit pas faire oublier que l’Etat s’acquitte de son rôle d’actionnaire avec une légèreté souvent déconcertante. Combien coûtent et rapportent ces entreprises publiques, comment nous plument elles? Nous en avons fait l’état des lieux. Âmes sensibles s’abstenir.

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Extrait de Chères, très chères entreprises publiques PLON (16 février 2012)

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