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Depardieu, Arnault et Cie : tout ce qui va leur manquer quand ils auront quitté la France
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Depardieu, Arnault et Cie : tout ce qui va leur manquer quand ils auront quitté la France

Si l'acteur Gérard Depardieu a créé la polémique en annonçant qu'il voulait quitter la France pour payer moins d'impôts, n'y a-t-il pas non plus des inconvénients à partir de l'Hexagone ? Du système scolaire à la prise en charge des frais de santé, petit tour d'horizon de ce qui pourrait manquer (ou pas) aux exilés fiscaux.

Arnaud Muller

Arnaud Muller

Arnaud Muller a débuté sa carrière comme banquier privé puis est devenu l'un des associés du Cabinet Imperium spécialisé dans le domaine de l'expatriation et dans le domaine fiscale.

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Atlantico : L'intérêt de l'expatriation fiscale doit être apprécié en fonction des autres avantages ou inconvénients financiers entrainés par un déménagement à l'étranger, notamment le coût de la vie et les dépenses d'hébergement, de scolarité, de la prise en charge des frais de santé. Comment se calcule ce rapport coûts/bénéfices d'un point de vue purement financier ?

Arnaud Muller : En règle générale, nous estimons qu'une expatriation peut être intéressante lorsque le patrimoine atteint au minimum un million d'euros. De plus en plus de nouveaux profils arrivent cependant avec seulement quelques centaines de milliers d'euros et souhaitent constituer une start-up à l'étranger par exemple, effrayés par les conditions sociales ou administratives de certains pays.

 

Les candidats à l'expatriation fiscale font-ils part de certaines angoisses avant leur départ ? Craignent-ils de regretter certains aspects du système français ? La France est-elle un pays que l'on quitte plus difficilement que les autres ?

L'acte de partir de son pays constitue obligatoirement un changement de vie avec notamment un cercle social à reconstruire. Néanmoins, beaucoup de clients voyagent déjà beaucoup et ont donc un réseau relationnel international. Par ailleurs, ceux qui décident de s'expatrier au soleil ont tendance à recevoir plus d'appels d'amis qui cherchent à se faire inviter pour une semaine ou deux sur une île...

 

Les expatriés se plaignent-ils parfois du changement de mode de vie ? Un article de Challenges soulignant l'ennui qui peut parfois assaillir certains expatriés, en particulier les retraités, dans des villes telles que Genève, qui ne sont pas nécessairement aussi vivantes que Paris. L'ennui et le déracinement peuvent-ils amener les expatriés à regretter leur choix ?

Chacun réagit assez différemment sur ce point. Le secret d'une expatriation réussie est un bon accompagnement et un vrai choix de vie, au soleil pour ceux qui aiment le chaud, ou à la montagne pour ceux qui aiment le froid... Il existe suffisamment de pays très attractifs fiscalement pour faire le choix d'un pays qui plaise vraiment, cela est fondamental.

 

De nombreuses personnes apprécient de revenir se faire soigner en France. Le système de soins de qualité et la protection sociale avantageuse sont-ils des facteurs qui manquent particulièrement aux expatriés fiscaux ? Ces critères peuvent-ils être dissuasifs et convaincre certains clients à rester en France ?

Nous conseillons à la plupart de nos clients de souscrire à une assurance santé privée internationale. Elle est complète et couvre le monde entier. Elle rembourse par ailleurs très vite... Comparativement à la France, la qualité des infrastructures de santé de certains pays sont supérieures, notamment en Suisse.


Qu'en est-il du système de retraite ? Les expatriés continuent-ils de cotiser pour leur retraite en partant à l'étranger ? Les expatriés arrivés à l’âge de la retraite bénéficient-ils toujours du système de retraite français ?

Si un français a passé sa vie à travailler en France, il touchera naturellement sa retraite même s'il vit à l'autre bout du monde. De nombreux français qui n'ont d'ailleurs pas un très gros patrimoine partent lors de la retraite dans des pays chaud sans qu'il n'y ait obligatoirement une recherche fiscale derrière.

 

Outre l'aspect purement financier, le système éducatif, souvent considéré comme un atout de la France, peut-il manquer aux expatriés soucieux de scolariser leurs enfants dans les meilleures conditions et souhaitant bénéficier d'un service public de qualité ?

Tout le monde ne considère pas le système éducatif français comme un must. Juste à côté de la France, le système éducatif luxembourgeois ou suisse est supérieur. Regardez la qualité des écoles, la sécurité pour les enfants et le nombre de langues qu'ils parlent par rapport aux Français... cela est assez différent.

Pour ceux qui souhaitent à tout prix conserver le système français, il suffit d'inscrire les enfants dans les écoles françaises, comme cela se fait beaucoup par les expatriés qui s'établissent à Londres.

 

L’article de Challenges évoquait également le peu de scrupules des banquiers suisses, qui n'hésitent parfois pas à extorquer plus de commissions qu’ils ne devraient à leurs riches clients venus de France... L'expatriation peut-elle avoir des aspects pervers du point de vue financier ? A vouloir éviter certains inconvénients, les expatriés n'en subissent-ils pas d'autres, tels que les droits de succession prohibitifs en Belgique ?

Ce genre de fait est heureusement isolé mais il souligne l'importance d'un bien entouré et bien accompagné sur l'expatriation, cela ne s'improvise pas !

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