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Dans les coulisses de l’équipe Sarkozy : pas de candidature avant la rentrée, mais une campagne tout l’été quand même
©Reuters

Sarko II ?

Dans les coulisses de l’équipe Sarkozy : pas de candidature avant la rentrée, mais une campagne tout l’été quand même

Durant l'été l'ancien Président, qui vient de passer devant Alain Juppé dans les sondages, devrait aller à la rencontrer des militants notamment lors de fêtes départementales. Son équipe de campagne est déjà prête et il devrait annoncer sa candidature début septembre.

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, Chronique d'une revanche annoncéeraconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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Il a oublié d'être discret. D'entretenir le mystère. Et laisse, inexorablement, le candidat percer sous le président. Nicolas Sarkozy n'a jamais été très fort en dissimulation. Son corps le trahi souvent. Cette fois, il est dépassé par son envie, si visible, de retourner au combat. De boxer à nouveau. Il est aussi pressé par les sondages qui, encore récemment, donnaient Alain Juppé inexorablement gagnant. Pour enrayer la chute, il a été contraint de lever le doute. Oui, Nicolas Sarkozy sera candidat à la primaire de la droite et du centre. Il devrait annoncer fin août sa démission de la présidence des Républicains et début septembre sa candidature.

Son plan de bataille est fin prêt et la première étape déjà lancée lors du discours que l'ancien président de la République a prononcé à Lille le 8 juin. Un rassemblement dont ses proches ne cachent pas qu'il sera retenu sur les comptes de campagne du candidat. "Ce discours sera un point de référence de la campagne", explique l'un des conseillers de l'ancien chef de l'Etat. Il pose, en effet, plusieurs grands principes qui devraient être martelés par le candidat jusqu'en novembre. La République s'y glisse subtilement devant la Nation que le candidat de 2012 aimait à défendre. A entendre ses proches, Nicolas Sarkozy s'est beaucoup retourné sur son parcours durant ces 5 années de retraite. Il a réfléchit à ce qu'avaient pu être ses erreurs. "Le Sarkozy de 2016 est une vraie évolution par rapport au Sarkozy de 2012", explique un conseiller. L'ancien président aurait notamment changé d'avis sur les questions d'identité. "Il pense qu'il aurait dû lier l’identité à la culture et non à l'immigration. Il considère aujourd’hui que le discours de Grenoble était une erreur", affirme son entourage selon lequel l'ancien Chef de l'Etat a pris ses distances avec la ligne buisson "qui laissait penser que la droite était engagé dans une sorte de dérive".

Nicolas Sarkozy préfère aujourd'hui préempter un terrain "qui lui permet de se présenter comme l'héritier du gaullisme". De jouer les rassembleurs et de moins cliver. "Il ne veut plus se laisser caricaturer", explique un proche. Mais "il faut qu'il se méfie", ajoute un autre. Quand il est revenu à la tête de l'UMP certains de ses partisans l'ont trouvé trop atone, ils n'ont pas compris, par exemple, qu'il reçoive Bruno Le Maire avant tout le monde. Il doit changer mais uniquement la marge.

A Lille, un nouveau thème est apparu entre les lignes, l'idée de dictature exercée par les minorités sur la majorité. Une idée sur laquelle l'ancien locataire de l'Elysée travaille depuis quelques mois, avant même la loi El Khomri et qu'il devrait décliner à l'envie dans tous les domaines.

L'entourage du futur candidat n'est pas peu fier de ce discours qui a lancé la reconquête. Depuis, Nicolas Sarkozy ne cesse de progresser dans les sondages et vient de passer devant Alain Juppé chez les sympathisants de droite (1). "Que le président des LR élève le niveau personne ne peut s'en plaindre, la question que l'on devrait se poser, c'est pourquoi ceux qui sont en campagne depuis plus d'un an n'arrivent pas à faire des discours de ce niveau. On est en campagne présidentielle pas législatives", explique un proche. Nicolas Sarkozy a souhaité, ce jour-là, rassurer ses soutiens. Les élus étaient majoritaires dans la salle. "Il voulait qu'ils soient à nouveau fiers de lui, de l'opposition", explique le staff du futur candidat. C'est une manière aussi, par un discours très inspiré, d'imposer son tempo aux autres concurrents et notamment à Alain Juppé qui le lendemain s'est vu interviewé sur… le contenu du discours de son concurrent. Et même les soutiens de l'ancien Premier ministre ne s'y trompent pas : "Nicolas Sarkozy va imposer le tempo et les thématiques, ça ne sert à rien de se battre là-dessus on n'y changera rien."

Mais si l'entourage de Nicolas Sarkozy est fier du fond, il l'est aussi de la forme et veut s'en inspirer pour la suite de la campagne. "Le meilleur discours de la campagne de 2012 ce fut le dernier, son discours d'au revoir, qu'il avait écrit lui-même. C'est un bon discours parce qu'il est venu de lui. Il sait ce qu'il doit dire, il est en phase avec ses émotions", explique un proche qui conseille à l'ancien Président d'écrire à nouveau en prenant Libre en exemple. Libre est, en janvier 2001, un véritable succès de librairie et permet à Nicolas Sarkozy de revenir dans l'arène politique après deux longues années de traversée du désert. Le président des LR accepte donc de reprendre la plume pour écrire La France pour la Vie, puis le discours de Lille dont il fait la charpente, la structure, le raisonnement. "Il a pris conscience que lorsqu'il écrit, les gens le ressentent. Il y a une telle empreinte de sa parole, il est important de la conserver. Il faut que les gens sentent que ça vient de lui", explique un proche. La patine est ensuite assurée par Pierre Giacometti, Sébastien Proto et Camille Pascal.

Le trio sera présent durant toute la campagne, épaulé par Frédéric Péchenard qui restera vraisemblablement rue de Vaugirard pour surveiller le parti dont Laurent Wauquiez et Eric Woerth assureront l'intérim. L'équipe fonctionnelle sera la même qu'aujourd'hui, composée notamment de Véronique Waché, conseillère en communication, Eric Schahl pour les relations avec les élus ou encore Franck Philippe Georgin aux études. Nicolas Sarkozy sera aussi épaulé par une équipe politique composée de François Baroin et Christian Jacob, équipe qui est destinée à grossir. Le candidat cherche surtout des jeunes. Il aimerait notamment débaucher Gérard Darmanin, le bras droit de Xavier Bertrand au Conseil Régional des Hauts de France. Restera ensuite à trouver quelques femmes. L'été devrait permettre d'étoffer le tout mais aussi de faire des déplacements pour renouer avec les électeurs. Priorité au noyau dur.

Nicolas Sarkozy veut commencer par parler aux fidèles pour les rassurer. Il assistera à différentes fêtes départementales. Il sera notamment le 9 juillet dans le Bas-Rhin avant de prendre quelques vacances en famille et au soleil. De quoi recharger des piles déjà bien pleines d'autant que les sondages semblent vouloir décoller un peu. "La période l'aide", reconnaissent ses proches qui citent les problèmes de terrorisme, de sécurisation des fan-zones mais aussi la question des migrants. Autant dire que l'ancien président aborde l'été plein d'espoir. Et plus que jamais confiant en sa bonne étoile.

(1) http://www.leparisien.fr/politique/a-droite-le-match-se-resserre-nicolas-sarkozy-vire-en-tete-aupres-des-sympathisants-26-06-2016-5914443.php

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